mon écriture repart ce soir en des nuits où dans ton sommeil tu te retournais soudain et ton corps qui bordait mon monde. Et moi les yeux ouverts à écouter ta chaleur, surtout ne pas bouger, ne pas rompre la magie de ta main sur ma peau et ton sommeil pour horizon.
Rester immobile pour garder ton souffle en ma nuque, l'arrondi de ton corps au mien, le léger tempo de ta respiration. Être sensible à tout, entendre chaque soupir de la maison, le grain feutré de l'air dehors qui s'endort dans la brume venue du large, la fraicheur sur ma peau, la lumière qui balaie la chambre, toi qui dors contre moi.
Dans ma tête une autre page tourne, elle ouvre sur une plage où je suis bien. Je suis dans la rondeur amoureuse et dans la plénitude. Je ne bouge pas : je n'ai jamais connu ceci, cette harmonie douce, ta grande main d'homme mien posée sur ma peau.... Je n'ai jamais connu cela... Comment ai je vécu sans ces nuits où tu dors près de moi, le monde accroché aux fenêtres, à l'obscurité pâle de ces nuits de là bas ? Comment ai je pu penser que je vivais alors?
Ce soir je suis toute repliée en ta main et ton bras qui se fait lourd sur mon bras... Et j'aimerais qu'il soit encore plus lourd, qu'il m'enfouisse en toi, qu'il ne me laisse pas partir, qu'il se tatoue à ma peau. Je suis bien en ton bras qui me tient, ton bras qui me dit que je suis tienne. Je ne suis pas de ces gens qui parlent d'indépendance ou autre. Moi je t'aime en me sentant tienne, absolument tienne, t'appartenant parce que j'ai choisi de t'appartenir et que cela me rend heureuse. Tu ne me tiens pas prisonnière : tu me retiens en toi, en nous. Et cela n'est pas prison. Cela est amour.
Cette nuit je suis en nous, là où l'odeur de sel et l'odeur de l'herbe mouillée s'allongent en la pénombre habitée par une lumière amante. Je suis en nous et je t'écoute dormir en ma peau. Et j'écoute mon coeur qui est en paix, la certitude que je suis enfin chez moi en ce bras qui me tient.
Cette nuit je suis femme arrivée au bout de la route. Rien d'autre n'existe que la poésie en moi, celle qui te parle sans paroles, celle qui parle à ton sommeil. Je prends ta main endormie en ma main, le dur des phalanges, la douceur de la peau, la moiteur, le délié de ta si belle main d'homme, ta main de bâtisseur, ta main amour, ta main aux autres, ta main à moi....
Je suis bien, si bien... Je peux laisser la nuit me prendre : tu es là, tu me protèges, je t'aime, tu m'aimes en ton corps endormi au mien, mon homme chaud, chaud, lumineux....
Je t'aime.
Une dernière fois mes paupières ouvertes pour graver en ma mémoire une nuit du bout du monde en la tendresse amour d'un homme mien...
Puis t'emporter en mon sommeil...
Tu vis pour l'infini en mes sommeils, pour l'infini... Je ne respire que dans cette mémoire : tu y es...
Je t'aime.
MMD
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