jeudi 5 octobre 2017

Amour mien, amour si mien...

Merci pour la pensée de ce matin, pour cette chanson qui a mis des papillons dans mon ventre, qui a répondu à mon désir de toi.
Merci.
Où trouver les mots pour te dire mon manque de toi, mes envies de toi, mes absences de toi? Tous ces mots qui raconteraient et qui rendraient des absences supportables, ces mots pour toi et pour moi, petits mots devenus forts et grands afin qu'ils entrent en toi et fassent de moi une vie de toi, pour toi...
Me calfeutrer en ce tableau, cette lettre infinie qui te ressemble, qui est toi et refuser de refermer les yeux afin que mon regard soit brûlé par ta présence... Vivre ainsi, vivre ainsi. C'est ma vie de toi.
C'est ma vie en toi. C'est ta vie en moi. Et jour après jour je défais les couleurs pour en inventer d'autres. J'y pose des musiques, les tiennes, les miennes, les nôtres. Pour t'entendre, entendre qu'un silence du bout du monde m'est poème amoureux et homme mien. Qu'un murmure lointain m'est main tendue et doigts orphelins. Pour écouter le chant amoureux d'un homme que j'aime et qui vit si loin de ma peau et de ma vie.
Je t'aime.
Tu m'habites, tu es en moi. Je n'ai pas de maison à t'offrir, pas d'abri, pas de lieu que nous partagerions; je n'ai que mes bras et mon coeur et mon âme et mon amour, tout mon amour. Ils ne sont pas grand chose mais ils t'aiment, ils t'ont reconnu comme amour mien, ils sont ma force et ma tendresse.
Le manque et l'absence sont si cruels parfois.
Se perdre à soi pour retrouver l'autre, se perdre et renaître, créer quelque chose de neuf, quelque chose qui dirait une histoire d'amour...
Mon amour, mon si bel amour, mon si indispensable amour.
Repartir dans notre musique, cet instant suspendu qui a notre odeur, qui est notre éternité et nos  bouches qui se prennent pour la première fois. Venir vers toi dans cette merveille qui embrume ton coeur et ton âme, me tenir face à toi pour que nos yeux se prennent et que nous déposions nos prisons et laissions ce qui nous lie nous rendre lumière et atomes.
Ma nuit a la profondeur de ces notes. Elle me ramène là bas, dans nos premiers élans, quand nous ne savions pas encore que rien ne serait plus jamais pareil.
Elle me ramène à cette première nuit et à ce que tu as rendu possible par ton corps, par tes mots, par tes murmures, par tes mains, par ta salive, par ce lent mouvement de ton corps qui me ramenait des confins de l'univers. Être à jamais notre histoire et la découverte du plaisir et reconnaître ta voix, la reprendre en moi.
À chaque blessure du manque je repars en nous, je refais nos chemins : tes doigts qui effleurent mon dos, tes yeux qui me disent, ta voix qui me murmure un Je t'aime, ton odeur abandonnée sur moi, ton goût sur ma peau, tes fragilités déposées en moi pour que je les apaise, pour que je t'entende, pour qu'une femme t'entende enfin et te ramène à toi. Je t'aime.
Te souviens-tu de cette journée et de cette soirée où j'ai reçu un homme malheureux, si triste, si empli de manques? Te souviens-tu de l'attraction? Moi j'entends encore ta voix se casser, j'entends tes larmes, j'entends tes histoires terribles, la peine des semaines précédentes... Je t'entends encore soudain enfant en mon espace, homme-enfant perdu, homme-enfant non aimé, homme-enfant qui avait tant à donner et qui demandait juste à être regardé et aimé et chéri et respecté. 
J'entends ta voix me dire "Enfin tu me regardes dans les yeux", à moi qui soudain, assise près de toi, s'effrayait de ce qui se tissait dans la pénombre. Oh oui je t'ai regardé, tellement regardé. Tu ne le voyais pas mais je te regardais et je sentais ce qui se déliait en moi, ce désir de toi qui enflammait mon ventre et faisait battre mon coeur à grands coups, cette panique soudaine devant sa puissance, sa force, son électricité. Et comme une houle en moi, et eau, et lumière et chaleur.
Tu me murmurais ta vie et je tombais en toi, vertigineux voyage. Je ne pouvais plus m'arrêter. Tu m'étais devenue attraction vitale.
Et je ne savais pas, je ne savais pas. Je ne savais plus les gestes de l'amour, les gestes pour un homme. Alors, dans ma chambre, je t'ai laissé me guider et, pour la première fois, j'ai abandonné tout à un homme et laissé la musique que tu déposais en moi envahir mon corps, mon coeur, mon ventre.
Pour la première fois, à ma manière qui n'osait pas encore, je t'ai signifié " me voilà, apprends moi, ouvre moi, réveille moi, je me dépose à tes mains et à ton désir, je ne suis que plaisir. Prends moi".
Je t'aime mon beau lointain, mon homme, mon amour, mon étoile, je t'aime à l'infini, à l'éternité, pour une éternité. Que serait mon éternité si tu n'étais pas venu vers moi?
Je t'aime et je re dessine à la hauteur de ce qui danse en moi. Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Et quand je pleure de toi je lève la tête et je regarde les étoiles. Une constellation m'apaise et, alors, j'arrive à atténuer l'absence.
Je t'amour d'amour fou homme mien, d'amour irrationnel mais l'amour n'a pas de raison, n'a pas de cerveau. Il est, juste il est. Il est coeur. Il n'aime pas les regrets. Il n'aime que ce qui se tisse, ce qui se construit, ce qui s'espère et ce qui se vit.
Je t'aime mon bel amour mien, mon désir et tous mes mots, mon homme, mon homme.
À toi mes nuits et mes jours, mes heures et mes vies. À toi mon écriture...
Tienne.
Je t'étoile pour que tu penses à moi, je t'amour pour que ton coeur me chante, je te nuit pour que ton corps ait faim du mien, je te ciel pour qu'un poème devienne notre langue, je te chérir pour que tu sois heureux, je te désir pour que tu te rappelles que tu es beau, je te sucrer pour que ta bouche revienne sur ma peau, je te écriture pour que tu m'allonges dans ta mémoire, je te infini pour que tu saches que l'amour est tout et peut tout, je te musique pour l'eau de tes yeux, je te voix pour que ton oreille m'entende dormir au creux de ton épaule...
Je t'aime. Tu me manques. Terriblement.

MMD