lundi 28 juillet 2014
Lumières
Dans le magenta des choses non dites, des choses dévidées, des choses martelées
dans le violet des affrontements
il y a, en filigrane, la lumière
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
Dans le safran des larmes il y a les mots, tous ces mots balbutiés
comme des poèmes d'amour soudains silencieux
langues craintives
et la lumière
la lumière de nous
en brisures sur la peau
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
Dans l'ocre des colères, il y a les gestes de nous, juste là
jamais loin, toujours blottis derrière nos yeux
en miroirs douceurs de nos batailles
et la musique
la musique de nous
en portées sur nos bouches
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
J'entends ta voix, à jamais devenue ma voix
J'entends ton souffle a jamais devenu mon souffle
J'entends tes chants, moi devenue ton chant
et toi devenu mon chant
Regarde moi ouvrir les bras jusqu'à porter le ciel, les nuages, les oiseaux
et toi
toi qui m'est bijou
amour
papillon
duvet
douceur
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
Je t'aime
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Barbara BEZINA)
dimanche 27 juillet 2014
Les petits mots
Les petits mots, les petits mots beignets, sucre,
les petits mots chauds, en corps d'enfants arrondis
Ces petits mots, et tous les autres petits mots,
les mots des mondes et les mots des mers
enfilés sur les épines des mots des riens
Les petits mots moucharabiehs, petits mots des yeux
les petits mots en écritures déployés
Ces petits mots des aurores, des soleils, des arbres
les mots de la bouche et les mots des coeurs
ciselés aux oreilles des danseurs de mots
Les petits mots, petits pots, petites perles
les petits mots en ailes des anges
Ces petits mots des enfants, des murs, des rires
les mots de lait et les mots de miel
caressés aux paupières des passeurs de mots
Les petits mots, mots marmites, mots riz
les petits mots en odeurs parfums
Ces petits mots des mariés, des jambes, des soupirs
les mots de toutes les nuits des mots
teints en mots indigos
les petits mots, tous les petits mots, les mots sourires
les petits mots naïfs, les petits mots langues
Les petits mots pointus, les petits mots amoureux, les mots arc en ciel
Et sur ta peau je les écris...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : E. BRISSON)
samedi 26 juillet 2014
Racines
J'ai pris la main du vieil homme et nous nous sommes assis
en haut, tout en haut de la dune
là où le vent chuchote les mots
les mots qui volent
J'ai pris la main du vieil homme et il a fermé mon regard
lumière arrondie en empreintes sur ma mémoire
là où l'enfant court et joue
papillon brun aux sourires d'étoiles
J'ai pris la main du vieil homme et il m'a posée
sur sa cuisse noueuse, arbres, racines
là où j'entends mon sang chantonner
mes lignées en rondes ocres
J'ai pris la main du vieil homme et j'ai entendu sa voix
en moi faufilée, chaleur, images
là où le ciel est immense et les hommes façonnés
miroirs anciens des murs de pierres sèches
J'ai pris la main du vieil homme et j'ai oublié mon corps
tatouée en éternités sableuses, là bas
là où ma mère me dit les ailleurs de nous
mosquées en ombres, mélopées aiguës
J'ai pris la main du vieil homme et nous nous sommes envolés
par dessus les nuages en formes crayonnées
là où le temps n'est pas, le temps n'est plus
odeurs des chapelets et des ombres des minarets
Le vieil homme a posé ses mains sur moi
cuir parcheminé, tendresse des tendons, durillons, histoires
et je suis née dans son sourire
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Huda mansour)
vendredi 25 juillet 2014
Femme des silences
A la porte de tes sommeils
je brode mes perles rouges
petites bêtes arrondies
en mots infinis
Femme tendresse
femme cachée
femme minuscule
femme absences
A la porte des tes nuits
je me mets en boule
animal furtif
enfouie dans l'obscurité
Femme baisers
femme effacée
femme désirs
femme silences
A la porte de tes nuits
je me suis arrêtée
dans l'outre allongée
yeux fermés
Femme rires
femme mots
femme ailleurs
femme sans nom
A la porte de tes yeux
j'ai creusé ma couche
noyée sous les sables
j'ouvre la bouche
Femme inspirations
femme étouffements
femme scarabée
femme offerte
A la porte de ta peau
j'ai posé mon front
et j'ai pleuré
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Paul Apal'kin)
mercredi 23 juillet 2014
Je le regarde
La lumière dans ses yeux
comme un matin à la porte allongé
un grand corps comme un oued
et ses mains moulées en puits
La lumière sur sa peau
à la portée de mes mots
un moment inspiration
et sa bouche sur mes doigts
La lumière en éclats de pierres
façonnée et pétrie
des espaces à ciel ouvert
et son rire dans mes cheveux
La lumière sur les murs
alanguie sur mon épaule
son dos comme une voile
et les notes sucrées, douces amères
La lumière sur sa joue
en histoire de Nous
ses bras en alcôves
et les murmures des silences
La lumière et lui et moi et Nous
en aurores sculptés
son regard d'homme
et moi en train de le regarder
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gustav Klimt)
dimanche 20 juillet 2014
Donnez moi un nom
Donnez moi un nom
une identité
une marque
à laquelle je me dessinerais
Donnez moi juste un nom
un visage
une odeur
un corps
Donnez moi une vie
parmi toutes les vies
une petite vie
une vie anonyme
Donnez moi une chair
des os
une bouche
une couleur
Donnez moi des dunes
du sable
du vent
des cailloux
Donnez moi de vous
en caresses tendres
à inscrire sur ma peau
"Femme tu es notre"
Donnez moi un nom
mon nom
une respiration
une place
Donnez moi à moi même
que je devienne Vous
enfin
moi
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Marylin Kalish)
Gaza
il y a des enfants
beaucoup d'enfants
en écharpes sur les ciels
et les femmes
en prières de l'absent
il y a les vents, tous les vents
beaucoup de vents
en sangs, en tournoiements
et des soldats
en dents aiguisées, rasoirs
il y a les nuits
beaucoup de nuits
en dentelles lumineuses
et la peur
en aquarelles de sang
il y a les jours de feu
beaucoup de jours
en enfers fragmentés
et les morts
en chapelets évidés
il y a les larmes
beaucoup de larmes
en brûlures amères
et les chants des mosquées
en plaintes mortes
il y a les terres et les oliviers
beaucoup d'oliviers
en mémoires douloureuses
et il y a les voix
en sanglots imprimées
il y a la colère
beaucoup de colère
en Intifada crachée
il y a mes yeux, leurs yeux, nos yeux
en miroirs nausées
Gaza
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Céline Gauthier)
samedi 19 juillet 2014
Qui est elle?
Clair obscur
sur le mur blanc des multiples
je dessine mes visages
Chair, sang, souffles
mes mains, en fragments de doigts,
crucifixion
clous
Crier
Elle est là, elle est là bas, elle est ici
Qui est elle
quand elle tourne sur elle même
la femme sans yeux?
Qui est elle
la femme mendiante
la femme enfant
la femme désirs?
Pleurer
Il y a elle et il y a l'autre et l'autre et l'autre
ombres de vie
en lumières d'étoiles
Il y a le sang dans la bouche
et le visage empoigné aux miroirs
gravé, scarifié
douleur
Qui est elle
la femme perdue
la femme solitude
la femme en partance?
En oublis d'elle même
assoupie à l'ombre des cauchemars
elle rêve qu'elle est oiseau
Mariem mint DERWICH
(Artiste :
Mirjam Appelhof)
vendredi 18 juillet 2014
J'ouvre le ciel
J'ouvre les yeux aux lumières lointaines
En poèmes arrondis je murmure
en ton cou
mes mots d'absolus
Mes mains comme des ailes
aux frontières de ta peau
envols
J'ouvre ma bouche aux vents infinis
En moiteur sucrée
en ta bouche
mes mots désirs
Mes jambes comme des vagues
aux sables de tes yeux
amour
J'ouvre mes bras aux murmures
En houle profonde
en nos mains
nos ailleurs
Mon ventre comme un port
aux chants en notes fruitées
désir
J'ouvre mon âme à nos silences
En jeux chatouillis
en tes rires
ancres, embruns, sel
l'instant infini
Ma peau comme déroulée
à tes doigts sculptée
chanson
J'ouvre la terre à nos bouches
En tourbillons
je danse
je te borde dans mes cheveux
Je te porte aux débuts des mondes
J'ai refermé mes chevilles sur nous
et j'ai bu à ta bouche
J'ouvre le ciel
Tu
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Fabian PEREZ)
Je suis la femme sans puits
Je suis la femme d'ailleurs
en errances perpétuelles
aux chemins de poussières
je suis la femme sans puits
sans lait, sans nattes, sans colliers
en abandons douloureux
Je suis la femme nomade
en aubes déchirées
aux portes allongée
Je suis la femme papillon
sans nom, sans tente, sans homme
en ruisseaux asséchés
Je suis la femme fantôme
en courbures arides
fantasmes et mirages
Je suis la femme sans passés
sans avenirs, en morts multiples
Je suis la femme en pleurs
dans la touffeur des aubes de solitude
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Kubicki)
vendredi 4 juillet 2014
Voyages
As tu déjà senti le vent sur ton visage
comme des doigts amoureux
en frémissements
en robes envolées?
Dans la moiteur des voyages
as tu ouvert l'immensité de tes bras
touché les autres
bu leurs paroles?
As tu dessiné en bas relief de tes autres
la trame de tes étoiles
parlé aux arbres
tutoyé la pluie?
En immersion de toi
as tu entendu les mots des nuages
en insectes lumineux
sur ta peau devenue eau?
As tu frôlé l'éternité dans un temple
la pierre des adieux
la mousse des yeux
ouverts aux étranges?
Dans les balbutiements de ton souffle
comme une montée infinie
as tu grignoté le sucré
en perles de nacres?
As tu offert ton cou aux espaces
dans la danse des ailes d'oiseaux
tout en douceurs
en ouvertures?
J'ai mes voyages à perpétuité
éternels recommencements
dans le bleu des lagons
le feu des sables
le vert des forêts
les printemps des aubes des hommes
le rouge des élans
le marron des marigots
As tu touché le monde?
mariem mint DERWICH
(Artiste : Emmanuelle Brisson)
jeudi 3 juillet 2014
Ma langue ( à mes fils)....
J'ai la langue roulée à toutes les langues,
animal d'ailleurs comme un accent sur ma mémoire
J'ai la langue en offrande, malaxée aux voyages
petits points en casquette à poser sur tes yeux
J'ai la langue en abandons, en départs, en retours, en partance
ports, navires, à te donner en héritage
j'ai la langue en vrilles, volutes, en plafonds de cathédrales
Murmurée à tes oreilles d'enfant , en chapelets prières
J'ai la langue en mains levées, boucle sur mes lèvres
enracinée dans mes enfances arc en ciel, orée des mondes
J'ai la langue primale, bercée à la hauteur de tes avenirs
salivée à l'odeur de ton corps potelé
J'ai la langue partagée en amours dentelles
caressée à l'aura de tes petits poings serrés
J'ai la langue des douceurs, bonbons de l'enfance
enrobée en fumées des désirs
J'ai la langue de ma mère, en bracelet chuchotis
enroulée dans mes doigts en envols
J'ai la langue en exil, douleur des départs
éternité des multiples de moi
J'ai ma langue, la seule que j'ai,
à t'offrir pour que demain ne soit pas mort
et que tu ouvres tes bras
au souvenir de nos mondes,
mon petit homme
En ma langue je te re crée
Ma langue des lendemains, tu es devenu.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gabriel Moreno)
mercredi 2 juillet 2014
Apesanteur
Il y a des petits cailloux blancs
et des sables qui brûlent
Et des forêts sombres, profondes
où j'entends des voix
Il y a des nuits cauchemars
et les cris des enfants qui meurent
Et des draps froissés, mouillés
où j'imprime mes poings
Il y a des eaux vertes et bleues
et des noyés moqueurs
Et des coups qui claquent
où je griffe les abîmes
il y a des chemins qui s'enfoncent
et des crucifiés en sanglots
Et des univers de sang
où je déchire mes yeux
Il y a des profondeurs de jaspe
et des pleurs d'enfant
Et des enroulements
où je cache mon corps
Il y a des respirations aïgues
et des étouffements
Et des endormissements
où j'impose mes vies
Il y a la vie en dessins déliés
et la paix, le silence,
l'absence
Mon corps en apesanteur....
Mariem mint DERWICH
(Artiste inconnu. Photo prise au Miam de Sète par Old Nut)
dimanche 29 juin 2014
Je te porte
Je te porte
En foulard entre mes mains
enroulé sur ma bouche
Je te porte
Ombres et feuilles
lumières et étoiles
Je te porte
En miroir passés
couleurs d'ailleurs
Je te porte
Arc boutée, animale
tendresse et courbes
Je te porte
En mots liquides
osmoses et sables
Je te porte
En notes façonnées
sur ta mémoire effleurées
Je te porte
En bracelets de cheville
ébauches de toi
Je te porte
accroché au bord de mes yeux
lové dans mon ventre
Je te porte
En zébrures d'amour
Je te porte
à l'infini de tes maux
portée des exils
pointu des larmes
Je te porte
poing levé
Sur toi
repliée
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Véronic Martignac)
Mots en amour
J'ai les mots de mes erreurs
déchirures
Mots du monde
Maux de moi
J'ai les mots de mes ailleurs
explosés
Mots du monde
Maux de moi
J'ai les mots de mon amour
douceur
Mots du monde
Mots de lui
J'ai les mots en écharpe azur
tendresse
Mots du monde
Mots de nous
J'ai les mots en couleurs
amour
Mots regrets
Mot pardon
J'ai les mots à l'orée de sa peau
caresses
Mots de l'homme
Mots envols
J'ai les mots de mon désir
Lui
J'ai les mots en amour
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Helen Abbas)
lundi 23 juin 2014
Matins du monde.
Il y a les matins du monde
et les nuits
et les aurores
et les crépuscules
les feux de brousse
les étoiles
les pirogues
les mangues
le sucré
le doux
l'amer
il y a tout cela
et plus encore
Il y a les couleurs
les oiseaux
les traces
les dunes
les pierres
l'eau
les graines
le plaisir
les rires
les pleurs
les sourires
il y a tout cela
et plus encore
il y a le roulis
le désir
l'amour
les jeux
les chuchotis
les draps
les mains
la faim
chevelures
aime moi
prends
il y a tout cela
et plus encore
il y a là bas
et ici
et toi
et moi
et les miroirs
et les prières
Il y a tout cela
et plus encore
Aux matins du monde
je t'aime
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Valérie Lamarre)
J'écris
J'écris ces petits mots
mots des riens
mots d'ailleurs
petits cocons
dans ma mémoire
enfouis
J'écris comme on lutte
étouffement
respirations
bouche ouverte
J'écris ces petits mots
mots de vie
mots d'ici
papillons éphémères
de mon corps en zébrures
dessinées
J'écris comme on saigne
cicatrices
fermetures
ouvertures
J'écris ces petits mots
en Je
en Nous
en Tu
en Elles
en Eux
J'écris ces petits mots
en chuchotements
vents
vagues
sables
amnésie
J'écris
chants
notes
frontières
petits signes
enroulés
je me déroule
en écritures
façonnée
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Sergio Amilcar)
jeudi 19 juin 2014
Nuit....
Sur tes paupières closes
ma bouche comme un accent
petites vagues mouillées
ancrées à ton sommeil
Sur tes doigts déployés
mon souffle comme des ailes
ressacs des mots
en volutes sensuelles
Sur ton cou alangui
mon regard comme une encre bleue
écritures de l'absurde
ailes de papillons
Sur ton épaule alanguie
mes cheveux comme des moucharabiehs
petits filaments de nuit
en chatouillis amoureux
Sur ta bouche apaisée
ma joue comme un lit
arrondie en bracelets
nacre des désirs
Sur nous endormis
la musique comme une aube
l'instant suspendu
en chuchotis déroulés
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Rodin)
mercredi 18 juin 2014
Lisières
Je me pose aux lisières du monde
en couleurs, en rondes enfantines
mains en extase
en offrandes, liées, déliées, ouvertures, prières
Je m'emprunte aux yeux des autres
sanguines, aquarelles, bleuets, vents, épines
Je me plie en fragments évaporés
tessons, coupes, pots, calebasses, flèches
cheveux déployés
en sacrés, béatitudes, jouissances, pointues
Je me coule dans les mers inconnues
en eaux, utérines, matrices, cocons, noyées
Je tape la terre, pieds, coups, appels
aux sables mêlée, claquée, griffée
J'ouvre mes ailes aux portes des paradis
absolue, sanctuaires, mausolées, tombeaux
Je me scarifie au dos des caravanes
crépuscules, feux, possédée, baraquée
yeux en transes
chante, danse, chante, musiques
Je me pose en tes mains enroulée
endormie, paupières, ventre, soleils
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Martine Quesnel)
mardi 17 juin 2014
Fleurs rouges
Elle est là
la petite fille
arc boutée
toute en terreurs
Elle est là
et je la regarde
Elle est là
la petite fille
en fleurs rouges
déchirures
Elle est là
et je la regarde
Elle est là
la petite fille
en éclats coupants
rasoirs
Elle est là
coeur au bord des lèvres
peur
obscurité
non
non
s'il vous plait
J'aime pas
Monsieur
s'il vous plait
Elle est là
et elle me regarde
Petite fille
cloche pied
corde à sauter
bonbons
oiseau de feu
billes
poupées
mots
crayons
couleurs
Monsieur
j'aime pas
non
non
s'il vous plait
maman
Elle est là
la petite fille
et elle pleure
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gabriela Bodin)
lundi 16 juin 2014
Ecritures
J'écris ma terre
comme on dessine des aurores
En arrondis, en aspérités
terre
Je tatoue mon ciel
en poussières éphémères
En cercles, en angles
ciel
Je dessine mes murs
peintures éparpillées
En calames, en ombres chinoises
murs
Je façonne l'homme
en perles bleues
corps absolus, tournoyés
l'homme
Je ris sur les vents, emportée
en murmures , notes
Tidinits, ardines, koras
vents
Je cueille les nuits
Habtas, guerbas, chapelets
Mode blanc, mode noir
nuits
Je joue aux berges du fleuve
enroulée, déroulée
Glaise, rouges, sangs
fleuve
J'enfouis ma bouche, aspirée
aux fourrures des animaux
rahla, voyages, musiques
bouche
Je sème des miroirs
au sommet des dunes déposés
palmiers en bouquets
miroirs
J'ouvre mes bras
immensité
Je te porte, je t'enfante
renaître, à l'infini des couleurs
dans l'odeur de l'encens
et le chant des mosquées
Arabesques et tatouages
J'écris ma terre.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Adriana Laube)
mercredi 11 juin 2014
Homme...
des petites choses
et des choses immenses
insignifiantes
lumières
tu es
fragmenté aux frontières de mes yeux
en souffles étalé
tu es
A la porte de ma bouche
endormi sur ma langue
en mes mains posé
couleurs
lampe tempête
tu es
roulé en mes mots, chatouillé
en signes allongé
tu es
Au seuil de mes infinis
dans les rires des nuages
des pluies
des soleils
dans le mouvement
de la caravane
dans l'herbe
et l'arbre
dans l'oiseau miel
et le cri des étoiles
Dans le pourpre de la nuit
la langueur de l'argile
le dos des femmes
les pieds des hommes
l'azur du regard
la peur de l'aurore
le dessin du scarabée
l'aile des mains
le chant des sables
homme racine
tu es.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : O'Keeffer)
Dessins....
En douceur d'eau
enrubannée de palmiers
cerclée de bracelets
je suis
corps de sable
En douceur fumée
arrondie en yeux
dessinée henné
je suis
corps de ressacs
En touchers parfumée
enroulée en voiles
déployée en étoiles
je suis
corps de dunes
En miroirs multipliée
enfouie en chaleurs
façonnée de khôl
je suis
corps de caravanes
En matrice endormie
façonnée regardée
en mots tatouée
je suis
corps de l'homme
En regards sculptée
en souffles déhanchée
en chevelures envolée
je suis
corps ancré.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gesine Marwedel, Body Painting)
vendredi 6 juin 2014
Je tourne....
Dans la plénitude
l'absolu des musiques
Coeur et âme
Je tourne
Paume au ciel
paume à la terre
Je tourne
Je me fragmente
en poussières
d'infinis
Je tourne
Yeux aux vents
ventre cosmos
Je tourne
Dans l'abîme
le reflet des notes
hanches et bouche
Je tourne
boréales en bandoulières
corps en atomes
Je tourne
Je plane et plie
femme liane
à l'orée de ta langue
Je tourne
femme oiseau
femme calebasse
femme murmures
Femme,
je tourbillonne....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Julio LEPARC)
jeudi 5 juin 2014
Danser....
Je me promène
en dentelles
de sables
brodée
Je roule
au long de la dune
enfantine
enfantée
Je vole
en ailes de chuchotis
enroulée
tourne boulée
Je te sens
enveloppée
en trames
déployée
Je dessine sur ma peau
emperlée
profondeurs
'aïn sita, bracelets
Je te roule
à mes doigts émerveillés
poterie
chantonnée
Je m'enfonce
eaux, douceur
en tes yeux
recréée
Je respire
l'air des larges
en voilures d'étoiles
abysses
Tournoyée
à l'aurore
des mondes
je chuchote....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : LU1990)
mercredi 4 juin 2014
Et il y a toi, mon homme....
Il y a des choses simples, douces. Il y a des années et des siècles, des heures et des secondes, des ombres et des soleils, des pleurs et des rires, des milliers de choses, atomes dispersés, danses des soufis, mots d'ailleurs, des sables et des mers, des ressacs et des enracinements...
Des houles, des bateaux, des azurs, des verts profonds, et des poissons...
il y a toutes ces petites choses qui font l'urgence de la vie.
Et il y a toi, ancré dans ma vie.
Comme une mémoire renouée, un long cri de reconnaissance, une musique sur mes yeux.
Il y a toi, à la lisière de toutes mes frontières, campé dans mes cheveux.
Il y a ces mots de nous, petits scarabées amoureux, jouant sur ma peau.
Je te regarde, magnifique, tout en élans, je te regarde à la démesure de mes intimes.
Dans mes mots de toi il y a tout le temps du monde, l'immensité, les millions de solitudes, les millions de rencontres.
Et il y a toi.
Mon homme de tous temps, mon homme envols, mon homme saveur, passion, mon homme feu, mon homme papillon...
Ton visage en coupe dans mes mains.
Mes doigts qui se promènent sur ta joue, sculptent ton nez, mettent en notes ta bouche, frôlent ton cou, jouent avec tes mots, les jettent aux vents, les rattrapent, les enferment, les mouillent, les cachent, te les redonnent... Plénitude de tes traits en mes traits endormis....
Et il y a toi...
Fragilités, zig zag de tes mémoires, en blessures, en espérances, en douceur, en tendresses, en colères, en soupirs...
Et il y a toi, mon homme...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Marie Christine Thiercelin)
Des houles, des bateaux, des azurs, des verts profonds, et des poissons...
il y a toutes ces petites choses qui font l'urgence de la vie.
Et il y a toi, ancré dans ma vie.
Comme une mémoire renouée, un long cri de reconnaissance, une musique sur mes yeux.
Il y a toi, à la lisière de toutes mes frontières, campé dans mes cheveux.
Il y a ces mots de nous, petits scarabées amoureux, jouant sur ma peau.
Je te regarde, magnifique, tout en élans, je te regarde à la démesure de mes intimes.
Dans mes mots de toi il y a tout le temps du monde, l'immensité, les millions de solitudes, les millions de rencontres.
Et il y a toi.
Mon homme de tous temps, mon homme envols, mon homme saveur, passion, mon homme feu, mon homme papillon...
Ton visage en coupe dans mes mains.
Mes doigts qui se promènent sur ta joue, sculptent ton nez, mettent en notes ta bouche, frôlent ton cou, jouent avec tes mots, les jettent aux vents, les rattrapent, les enferment, les mouillent, les cachent, te les redonnent... Plénitude de tes traits en mes traits endormis....
Et il y a toi...
Fragilités, zig zag de tes mémoires, en blessures, en espérances, en douceur, en tendresses, en colères, en soupirs...
Et il y a toi, mon homme...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Marie Christine Thiercelin)
Nous
Toucher, sentir, aimer
dans la langueurs des regards
s'inventer
Prendre, empoigner, donner
et souffle à souffle
se regarder
Brûler, tatouer, graver
salive et lèvres
se broder
Dire, murmurer, jouer
paumes à peaux
se perdre
Ployer, renaître, frissonner
bouche à bouche
se recréer
Et dessiner, et inventer, et espérer
jeux d'amour
jeux d'ailleurs
jeux de nous
en tapis déployés
Ta bouche
ma bouche
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Rodin, " Le Baiser")
mardi 27 mai 2014
Que dit l'homme?
Que dit l'homme
qui tourne
et tourne
encore
Toupie
et mots
Que dit il
dans sa bouche
à l'infini
étirée
Pieds
et empreintes
Que dit l'homme
aux portes de la ville
barrières
et policiers
Dents
et crachats
Que dit il
dans ses mains
à l'immensité
griffée
Tombeaux
et martyrs
Que dit l'homme
sur lui même
replié
respirations
Misères
et folies
Que dit il cet homme
aux portes de la ville
emmuré
en fêlures
Poussières
et vents....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Helen ABBAS)
Seras tu là?
Quand je me retournerai
Seras tu là ?
Entre mains et yeux
du chemin de toi à moi
Quand je me retournerai
Seras tu là ?
Du souffle infini
à la parole déliée
Quand je me retournerai
Seras tu là ?
De l'empreinte et de la paume
en tatouages de ma langue
Quand je me retournerai
Seras tu là ?
Seras tu là,
en mémoires azurées
entre la terre battue et les rizières
ancré à mes cils
papillon de nuit
Seras tu là ?
Quand je me retournerai
Seras tu ?
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Patrice MURCIANO)
dimanche 11 mai 2014
Je t'aime t'aime...
des mots
Roulis, envols ,saveurs
Chant de la peau
Musique du corps
Je t'aime t'aime tam tam,
des langues
à l'orée de tes yeux mes doigts brodés
Je t'aime t'aime tam tam,
des vagues
Petits mots, grands riens
jeux des notes
t'aime t'aime tam tam
Je t'aime t'aime tam tam
Clair obscur
vérités, lumières et mensonges
salives
Je t'aime t'aime tam tam
Chocs et mille choses
des amours et des pleurs
T'aime t'aime tam tam
Je t'aime t'aime tam tam,
des gestes
A ta bouche arrimée
A mes yeux suspendu
t'aime t'aime tam tam
Je t'aime t'aime tam tam
en envols et en soupirs
Endroit de Nous
ta main, ton souffle, les lignes et moi
Je t'aime t'aime tam tam
musicalité des sentiments
cloche pied
corde à sauter
t'aime t'aime tam tam
Je t'aime t'aime tam tam
Je te prends
tu me plies
t'aime t'aime tam tam
Je t'aime t'aime tam tam
Vents et eau
Mouillés
T'aime t'aime tam tam
Je t'aime t'aime tam tam
Je, Nous ,Tu , Il, Elle
Promesses de l'aube
t'aime t'aime tam tam
Mariem M. DERWICH
(Artiste : Carol Carter)
lundi 7 avril 2014
Il est....

Il est...
certitudes et souffles
mots et paroles
Rires, lui
Gestes à gestes
peau contre peau
souffles...
Il est...
ma vérité, le tout
sur mes riens
langueur...
Ma paume, lignes de vie
amour, pénombre
soupirs
Il est...
rondeurs et envies
sa bouche
comme un lit
Mes mains en envols,
sa peau, errances,
chavirée...
Il est...
ma soif, sources
jeux, lui, moi,
nous
Comme un voyage,
ses mains en offrande,
brûlures...
Il est...
Mariem mint DERWICH
(Tableau, Artiste : Andrius Kovelinas)
jeudi 12 décembre 2013
Entends...
Laisse tes paupières envelopper les pleins des rêves
les bleus des infinis
les ocres des paroles
les verts des minarets
les rouges des soleils
laisse tes poings contenir les déliés de tes mots
les jaunes des ailleurs
les oranges des crépuscules
les violets des dessins
les indigos des femmes
Laisse tes lèvres humer les vents du large
les émeraudes des vagues
les sépias des coquillages
les safrans des sables
les bleuets des abysses
Laisse tes langues chanter tes mémoires
les feux de la brousse
les charbons des yeux
les arc en ciel de tes cils
les mordorés des peaux
Laisse tes mains en coupe sur ton front
parchemin des chapelets
corail des grains
sanguine des poèmes
azur des tidinit
Laisse le souffle
et l'envol
et renaître
et crier
et l'extase
Ferme les yeux et entends.....
Mariem mint DERWICH
samedi 7 décembre 2013
Donne moi
Donne moi l'urgence
les pas dans la nuit
les rêves cassés
Le pointu de la cicatrice
Et dans ton cou
laisse moi dormir
imaginer
voir
voler
Donne moi la peur
le désir
l'abandon de toutes choses
le couteau de la nuit
Et dans ta paume
laisse moi mourir
fermer
déchirer
enfanter
Donne moi ta bouche
les cris
les pleurs
les coups
la douleur
Et sur tes yeux
me poser
me brûler
l'infini
la terre
Donne moi tes mots
l'absurde
les rires
la langue
les os
Donne moi la femme
et l'homme
et l'enfant
et le ciel
et l'enfer
Donne moi le rien
le petit rien
le caillou
l'oiseau
le feu
Donne moi ta langue
gravure
bêtise
bonbon
amertume
Et dans le néant
corps explosé
déchirée
griffée
la douleur
Donne moi ma faute
péché
abomination
expiations
autres
eux
Et dans ton cou
laisse moi dormir
imaginer
voir
voler
être à nouveau
Morsures...
Mariem mint DERWICH
Vertige....

Tu déroules tes doigts
A mes doigts emmêlés
Touchée
roulée
pliée
éparpillée
caresse
Tu déroules tes doigts
A mes doigts arrimés
Vertige
foetus
partance
vibrés
lavés
Tu déroules tes doigts
A mes doigts ancrés
mouillés
senteurs
livrés
donnés
sueurs
Tu déroules tes doigts
A mes doigts malaxés
Ombrés
liserés
désirés
tatoués
aimés
Tu déroules tes doigts
A mes doigts empoignés
Tu déroules tes doigts
A ma bouche envolée
Expirée
Je déroule mes doigts
A ta peau moiteur
Vertige
Mariem mint DERWICH
mardi 3 décembre 2013
Ancrages...
J'ai la couleur de mes mémoires
tatouagessangs
paroles
Chansons de mes ailleurs
boucles
mots
chuchotis
J'ai la saveur de mes autres
grands pères
mères
fils
Rondeur de mes lignées
abécédaires
passés
notes
J'ai mes autres en partage
métisse
miroirs
tessons
Lit de mes voyages
tissages
fers
valise
J'ai l'exil de mes riens
pointus
rieurs
effleurement
Petites choses
immensités
souvenirs
gratter
J'ai lui et elle et eux et nous
et moi
et tout
ancrages
Mariem mint Derwich
dimanche 25 août 2013
Il y a dans ma mémoire....
Il y a dans ma mémoire des chuchotis
des corps en aurores
des transparences
des flèches
des yeux comme des oiseaux
il y a dans ma mémoire
des mains qui s'envolent
des bleus et des ocres
des verts et des rouges
des jaunes et des néants
Il y a dans ma mémoire
des douleurs comme des agonies
des ouvertures
des fermetures
des prisons et des coups
il y a dans ma mémoire
des paroles
des cris et des caresses
des douceurs et des caramels
des petites choses
Il y a dans ma mémoire
des départs
des fuites
des enfouissements
des enfantements
Il y a dans ma mémoire
des lézardes
des multiples
des infinis d'espoir
des larmes
Il y a dans ma mémoire
des instants d'amour
langueur des mots
salives
soupirs
Il y a dans ma mémoire
ce JE réducteur
des projections
des images
des refrains
Il y a dans ma mémoire
des métissages
chaînes
angoisses
Bords ébréchés
Il y a dans ma mémoire
des infinis
des cosmos
des Moi en nombre douloureux
impairs
Il y a dans ma mémoire
ventres
vie
suppliques
prières
Dans ma mémoire
l'Autre......
Mariem mint DERWICH
(Tableau : oeuvre de l'artiste Carol Carter)
Ombres
Dans l'ombre des multiples,
Sables
bathas
Marigots
Dunes
Dans l'ombre des multiples,
la déchirure
Zébrure des gestes
Moiteurs
Aspérités
Dans l'ombre des multiples,
Solitude
Le Un comme le Tout
Point sur le ciel
Yeux
Dans l'ombre des multiples,
Sueurs
Sangs
Fermetures
Eparpillements
Dans l'ombre de mes multiples,
Roulée boulée
Sous tes yeux
Etalée
Crachée
Dans l'ombre de mes multiples,
il y a lui et lui et lui
Et moi
Le Un comme le Tout
Dans l'ombre de mes multiples
Rien.
Mariem mint DERWICH
(Tableau : oeuvre de l'artiste Françoise Nielly)
vendredi 17 mai 2013
Maux de moi....
Au commencement de toutes choses il y a
cette petite fille en larmes
toute en déchirures et en explosions
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille en zébrures
en miroirs à l'infini,
démultiplication
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille écartelée
en morceaux collés bords à bords
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille martelée
sculptée, pétrie, malaxée,
infinitudes des gestes
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille violences
empoignée, exigée, redessinée à
l'infini des autres
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille solitude
et peurs, et colères, rouge, sang,
griffures
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille culpabilité
abandon, questions, pourquoi, comment,
où, quand
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille espoir
rêves, cauchemars, haine, s'il vous
plait, non, oui, fuite
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille obscurité
mourir, vivre, respirer, laisse moi,
touche moi, va t'en, donne moi
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille écriture
petits papiers des riens, tout, mal,
peur, rires, cicatrices
Au commencement de toute chose il y a cette petite fille naissance
Maux, mots
Maux de moi....
Mariem mint DERWICH
(Photo : oeuvre de l'artiste Marie Louise Bodirsky)
L'instant parfait....
Il est des moments doux
soie feutrée des mots
langueur des sons
Dans la plénitude
l'instant parfait.
Il est des rondeurs
des lettres à broder
des ailleurs immensités
Dans la plénitude
l'instant parfait.
Il est des musiques
des notes infinies
des présences fantômes
Dans la plénitude
l'instant parfait.
Il est des enfouissements
des profondeurs
des lits de velours
Dans la plénitude
l'instant parfait.
Il est des routes
chemins de sable
le commencement de toute chose
Dans la plénitude
l'instant parfait.
Il est....
Mariem mint DERWICH
dimanche 5 mai 2013
Seules.....
Nous sommes toujours seules. Dans la touffeur des multitudes de la famille élargie, nous sommes seules. Solitudes parmi les solitudes de ceux qui peuplent nos maisons et nos vies. Petits grains d'une chaîne immense qui nous tisse mutuelles sans percevoir nos solitudes. Nous sommes tellement porteuses de tous les pluriels de nos entourages que plus personne ne voit que nous nous portons seules.
Nous sommes élevées comme projections de tous les fantasmes des notres. Nous sommes images, rêves, permanences, fulgurances des passés remaniés à la hauteur de toutes les douleurs des présents.
Derrière le masque lisse qui est le notre, masque modelé dans l'acceptation de destins présupposés être le fil conducteur de nos vies, nos solitudes nous écartèlent.
Nous vivons dans le monde. Nous hurlons dans nos mondes.
La femme hurle dans ses silences et sourit dans l'apparence de vie.
Elle est seule à percevoir la perversité de l'image que la société a d'elle : image maternelle, image aimante, image de douceur, image de reproductrice, image de frivolité, image tatouée...
Elle sait les poèmes, les chants, les hommages. Elle sait nos hommes amoureux de cette image et passant leur vie à se démultiplier dans les regards féminins, s'y noyant jusqu'à la jouissance, acharnés qu'ils sont à reculer la mort en se fondant dans ces multiples féminins, catharsis orgasmique.
Elle sait les luttes quotidiennes, le lent défilement des minutes, des secondes, des instants de la survie.
Dans sa solitude la femme est folie, cris, joues griffées, cheveux secoués, spasmes dans le ventre, vomissements, sangs, ongles, rages, perfidies...
Elle est ces envies de mort, de défiguration, de laminage des barrières. Elle est poings levés. Elle est ces corps qui se roulent par terre, mains vers l'infini, jambes ciseaux ouvertes, peau qui brûle.
Elle est détestation de soi. Et des autres.
Elle se pare, se dessine. Cisèle sur ses yeux les couleurs de l'attrait. Sculpte ses joues. Se fait autre, se crée autre, celle des autres. Elle se fait séduction car elle sait ce que l'on nous apprend : que la séduction, le mensonge, l'apparence, la sexualité comme arme, sont les seuls moyens de survie.
Alors elle se fait vestale, actrice de ses propres souffrances.
Nos femmes se font mises en scène, dansant dans l'érotisme du dialdiali, de l'encens, des parfums, des fards, des douceurs / promesses...
Dans cette schizophrénie des sentiments, elles se sculptent patiemment, offrandes consentantes d'un jeu de mort.
Nous sommes toujours seules, dans le silence de l'agonie, la permanence des destins, le bruit léger des mots....
Mariem mint Derwich
Nous sommes élevées comme projections de tous les fantasmes des notres. Nous sommes images, rêves, permanences, fulgurances des passés remaniés à la hauteur de toutes les douleurs des présents.
Derrière le masque lisse qui est le notre, masque modelé dans l'acceptation de destins présupposés être le fil conducteur de nos vies, nos solitudes nous écartèlent.
Nous vivons dans le monde. Nous hurlons dans nos mondes.
La femme hurle dans ses silences et sourit dans l'apparence de vie.
Elle est seule à percevoir la perversité de l'image que la société a d'elle : image maternelle, image aimante, image de douceur, image de reproductrice, image de frivolité, image tatouée...
Elle sait les poèmes, les chants, les hommages. Elle sait nos hommes amoureux de cette image et passant leur vie à se démultiplier dans les regards féminins, s'y noyant jusqu'à la jouissance, acharnés qu'ils sont à reculer la mort en se fondant dans ces multiples féminins, catharsis orgasmique.
Elle sait les luttes quotidiennes, le lent défilement des minutes, des secondes, des instants de la survie.
Dans sa solitude la femme est folie, cris, joues griffées, cheveux secoués, spasmes dans le ventre, vomissements, sangs, ongles, rages, perfidies...
Elle est ces envies de mort, de défiguration, de laminage des barrières. Elle est poings levés. Elle est ces corps qui se roulent par terre, mains vers l'infini, jambes ciseaux ouvertes, peau qui brûle.
Elle est détestation de soi. Et des autres.
Elle se pare, se dessine. Cisèle sur ses yeux les couleurs de l'attrait. Sculpte ses joues. Se fait autre, se crée autre, celle des autres. Elle se fait séduction car elle sait ce que l'on nous apprend : que la séduction, le mensonge, l'apparence, la sexualité comme arme, sont les seuls moyens de survie.
Alors elle se fait vestale, actrice de ses propres souffrances.
Nos femmes se font mises en scène, dansant dans l'érotisme du dialdiali, de l'encens, des parfums, des fards, des douceurs / promesses...
Dans cette schizophrénie des sentiments, elles se sculptent patiemment, offrandes consentantes d'un jeu de mort.
Nous sommes toujours seules, dans le silence de l'agonie, la permanence des destins, le bruit léger des mots....
Mariem mint Derwich
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