vendredi 8 décembre 2017

Je t'aime. Je suis là, dans cette béance en moi, dans cet espace qui est redevenu silence l'espace de quelques heures avant de retrouver le son, la vibration du mot et je t'aime. Pas de comment, pas de pourquoi. Juste Je t'aime.
Et ce craquement en moi. Toute l'accumulation de mes guerres qui, d'un coup, s'échappent vers une sortie, n'importe laquelle, cet abandon soudain de moi, les larmes devant mes élèves, mon incapacité à être texture, mon désespoir... Beaucoup de choses cette année : la fin de 30 ans de vie, ma fuite dans la nuit, le silence de mon fils qui coïncide, hasard, avec ton départ et l'apprentissage de l'absence, la disparition des dernières traces de ma mère, ma vie si à l'étroit ici et cette sensation que je n'aurai plus jamais de chez moi physique hormis des lieux de passage, mes combats quotidiens contre l'ennui, la prison, le silence... Et toi cette année, toi qui es ma seule lumière, fugace souvent, lointaine...
Une absence qui apprend la parcimonie.
L'oubli des gestes. Ne pas avoir été effleurée depuis des mois, pas prise dans des bras. Ne se souvenir que de l'effet d'une main qui prend la mienne. M'accrocher à cette main. De toutes mes forces, en sachant que je n'ai rien à offrir.
Tu me dis que tu es amoureux, "comme dans les livres". Cela me réchauffe. Cela me donne de la joie.
Je n'ai que ça.
Je t'ai écrit " je suis déjà partie". Oui je suis déjà partie avant et je suis revenue. Tu ne vois que mes  fragilités. Tu ne vois pas mes forces et que je suis toujours revenue. Toujours. Toujours.
Je t'aime.
J'ai besoin de tes bras pour pleurer tout ça. J'ai besoin de ta voix pour pleurer et faire le deuil. J'ai besoin de ta voix pour que la lumière soit. J'ai besoin, non pas d'une présence physique, bien que celle-ci me soit vitale, mais d'une présence même symbolique.
J'ai besoin de pleurer, de savoir que tu es là pour m'écouter pleurer. Ne serais-tu qu'habitué à être là pour les colères, celle de l'autre? As-tu oublié combien, parfois, pleurer en l'autre nous est nécessaire?
Que tu as pleuré devant moi et que j'ai pris tes larmes et ta tristesse?
J'ai besoin de partager ma vie avec toi, de te raconter ce' que je fais. J'ai besoin de t'entendre me raconter ta vie, votre vie. Pour que je ne sois pas que pur esprit, fantôme, irréelle...
Te souviens-tu de l'homme profondément malheureux que j'ai eu en face de moi et que j'ai pris en moi et pour qui j'ai entamé un long chant amoureux, pour l'apaiser, pour le rendre à lui-même, pour qu'il redevienne l'étoile qu'il est, l'homme bon, l'homme bien, l'homme tendresse?
Te souviens-tu de cela amour mien? Que je l'ai bercé en moi, que je l'ai aimé souffle après souffle, sans faiblir, sans douter, toute faite de certitudes et d'évidences?
Te souviens-tu de cet homme à qui je n'ai jamais menti et qui m'a offert la magie d'une Lettre Infinie?
Je l'ai aimé et je l'aime encore, toujours.
Il est ma vie cet homme mien, il est tout pour moi.
Je l'aime. Je t'aime. Tu es la seule chose tangible, même dans cet éloignement cruel. Tu es la seule chose qui me rende au bonheur. Même si je viens de craquer. Je remonterai la pente. Je l'ai toujours fait. Je vais remonter à la surface parce que je t'aime. Pour toi. Pour moi.
Aujourd'hui j'ai accepté de regarder, enfin, une réalité que j'évacuais rapidement à chaque fois : je suis le pendant de ta vie. Tu es tellement à l'étroit dans ton couple, arrimé à une névrose qui ne t'aime pas et qui fait semblant de la famille, du couple, des enfants pour tenter une pré supposée "normalité", que tu m'as murée dans le silence. Pour effacer ce que tu vis, tu m'as installée dans la non demande de quoi que ce soit. Au trop d'un côté tu as opposé le peu de l'autre.
Je t'aime. Dieu que je t'aime. Amoureuse. Cela ne se calcule pas. Je ne calcule rien avec toi. Je t'aime. C'est tout.
Tu me manques. Besoin de ta voix et de ton épaule mise en voix pour pleurer, pleurer de tout mon saoul, pleurer à en expulser tout. Et entendre ton Je t'aime. Il est ma vie. Il permet ma vie.
Alors oui, je vais mal. Je suis si fatiguée, si perdue. Mais je t'aime. Et je crois en nous, j'ai une foi absolue en toi. Et je t'attendrai.
Je t'aime.
Ne me laisse pas trop seule en ce moment. Ne me laisse pas seule. Je sais que tu es en famille. Mais ne me laisse pas seule. Si tu laisses seule celle que tu aimes et ne donnes de ta voix et de l'attention qu'à celle avec qui tu ne rêves jamais et qui te méprise et ne te désire pas, qu'est-ce qu'aimer alors?
Je t'aime.
Je t'aime homme mien. Je t'aime amour mien. L'entends-tu?
À ta douceur, à notre amour, au lien, à nous mon beau lumineux.

MMD