mercredi 26 octobre 2016
A la mer je retourne
Ecrire parfois en minuscule,
en horizon,
en virgules,
en points,
en petits riens
Inhabitée, habitée
Au bout d'un cil j'ai accroché la mer
rideau de pluie, rideau d'eau
Inhabitée, habitée
Dans le temps spasmes, le temps de rien,
j'enferme en ma langue mon nom
Inhabitée, habitée
Aux lointains des mots j'entends les silences,
mon absolu, ma rédemption
Inhabitée, habitée
J'ai le coeur en banco, en argile, en sables, en dunes,
toujours ce battement qui s'enfuit
Inhabitée, habitée
l'éphémère, l'imperceptible,
trace d'un oiseau sur l'ombre de mon corps,
mots à mots, silences à silences,
je ramasse les vents morts,
je les tresse à mes cheveux,
à la vie, à la vie,
et mon âme devient orphelinat
Inhabitée, habitée je suis,
balbutiement d'une inspiration
je referme le rideau de pluie, le rideau d'eau
Inhabitée, habitée
Et à la mer je retourne.
Mariem mint DERWICH
(Artiste Mustapha BELKOUCH)
lundi 24 octobre 2016
Chanson du vent
A cet instant là, silence perlé,
il y aura le dire, il y aura le chanter
Juste à cet instant là, soyeux et pointu
Aux yeux fermés la nuit donnée,
il y aura le boire, il y aura le murmurer
la langue comme un soupir
A ces silences, à l'eau qui danse,
il y aura le caresser, il y aura le frissonner,
fermer le regard, ouvrir le regard
A ces mains qui s'endorment,
il y aura le raconter, il y aura l'aimer,
en l'âme devenir
A ces sommeils qui s'agitent,
il y aura l'arrondir, il y aura le dessiner,
un dormeur rêve qu'il s'envole
A ces crépuscules arc en ciel,
il y aura le réciter, il y aura l'enchâsser,
au pli du cou arrondir le souffle
Au corps, sable et vagues,
il y aura le broder, le désirer,
la peau désert à traverser
Et, au milieu d'un mot silence,
n'être plus que le bruit du vent
dans la vague qui s'en vient
Sur les murs, paumes ouvertes,
j'ai goûté le sel,
grand blanc de ce qui fut.
Mariem mint DERWICH
(Photo prise par moi)
mercredi 5 octobre 2016
Ne pas dire, ne pas écrire, écrire....
Y-aurait-il une écriture des impossibles? une langue qui ne soit pas langage mais symboles? Quelque chose qui ne commencerait pas et qui ne finirait pas, juste un entre-deux, un moment fugace où le multiple redeviendrait unité...
Ancrage d'une syllabe muette, onde d'une apostrophe, musique d'une majuscule, délié d'un point d'interrogation...tout un monde de symboles sans qu'il y ait forcément sens mais qui donnerait à ce qui court sous la peau l'apparence du vivant.
Il faudrait écrire et brûler aussitôt les mots. Et recommencer, recommencer, arpenter l'univers fait page blanche, aller encore plus loin, tellement loin qu'arriverait enfin l'évaporation de soi...
De mots à mots, jamais prendre, jamais tenir, mais donner un souffle à ce qui monte de cet espace liquide que nous sommes, ce lieu d'eaux et de profondeurs, ce lieu matrice où tout se crée, se dé crée, se recrée, infiniment....
Fouiller dans les algues, descendre, descendre... Sans langue, sans paroles, sans langage. juste ce scintillement fugace. Ne pas dire, ne pas écrire, écrire...
Une vie d'écriture sans écriture et, à la fin, retrouver sa parole, juste pour le dernier mot, celui qui mûrit en nous toute notre vie , que nous ne percevons pas ou si peu, écho lointain d'une peur, d'un amour, d'un instant...Ouvrir la bouche sur ce mot ultime et fermer les yeux....
Mariem mint DERWICH
Ancrage d'une syllabe muette, onde d'une apostrophe, musique d'une majuscule, délié d'un point d'interrogation...tout un monde de symboles sans qu'il y ait forcément sens mais qui donnerait à ce qui court sous la peau l'apparence du vivant.
Il faudrait écrire et brûler aussitôt les mots. Et recommencer, recommencer, arpenter l'univers fait page blanche, aller encore plus loin, tellement loin qu'arriverait enfin l'évaporation de soi...
De mots à mots, jamais prendre, jamais tenir, mais donner un souffle à ce qui monte de cet espace liquide que nous sommes, ce lieu d'eaux et de profondeurs, ce lieu matrice où tout se crée, se dé crée, se recrée, infiniment....
Fouiller dans les algues, descendre, descendre... Sans langue, sans paroles, sans langage. juste ce scintillement fugace. Ne pas dire, ne pas écrire, écrire...
Une vie d'écriture sans écriture et, à la fin, retrouver sa parole, juste pour le dernier mot, celui qui mûrit en nous toute notre vie , que nous ne percevons pas ou si peu, écho lointain d'une peur, d'un amour, d'un instant...Ouvrir la bouche sur ce mot ultime et fermer les yeux....
Mariem mint DERWICH
Silences...
Le monde s'endort au bout du silence...
Des silences à souffler sur ses doigts,
à entendre nuages et ailes,
des silences et des vents,
des arbres, battements, abîmes...
Mariem mint DERWICH
mardi 4 octobre 2016
L'Atlantide...
Il y a , dans l'écriture, comme un silence.
L'écriture qui ne serait que silences, comme un renoncement de soi, à soi, du monde, des autres, des pensées....Annihiler la pensée, ce fatras qui cogne le cerveau et qui, contradictoire, rend l'écriture possible.
Poser le mot, le poser ultime. Et à partir de cet ultime, encore un mot, un autre mot ultime...De derniers mots en derniers mots, pensée inversée.
Délimiter ce qui ne l'est pas pensent certains.
Non.
Ecrire c'est l'océan, c'est liquide. Accepter cet infini fait d'eau, de vagues, d'abysses, de lumières, d'obscurité. Les grands fonds quand on s'efface.
Mise à distance de soi...
Poser l'écriture comme une langue, particulière, secrète, cabalistique, signes et percepts, affects .
Pour écrire accepter que rien n'est...
Et la solitude, absolue, celle qui donne une texture à ce silence qu'est l'écriture.
Il y aurait un mot premier et un mot ultime. Là, en filigrane de cette langue des grands fonds qu'est l'écriture.
Que faisons-nous en écrivant, si ce n'est chercher ces deux mots, derniers mots après derniers mots, retours et départs?
L'écriture tangue. L'écrivain devient marin, arpenteur des infinis, courant après les horizons qu'il entend, qu'il perçoit.
Il n'y a pas de ports dans l'écriture, il y a juste des escales, celles du questionnement, des hypothèses, des réponses imparfaites.
Des escales où, malgré nous, le soi devient mémoire, dissonance.
On n'écrit pas pour se débarrasser, on écrit pour s'assembler, se désassembler, expiation à l'envers, douloureuse mais vitale.
Oui, c'est ça, expiation...Expiation et rédemption. Le grand foutoir de l'intellect, le cirque du monde quand ne nous sont nécessaires que le silence et la solitude.
Penser, ne pas penser, écrire, ne pas écrire, être, n'être, n'appartenir, appartenir, inspirer, expirer.
Ecriture de la verticalité pour redevenir horizontalité...
La minuscule de nos vies tramée en majuscule de solitudes et de silences.
Et, toujours, cet entre-deux, cet entre-îles, cet entre-respiration, qui se fait lien et infini.
L'écriture c'est l'Atlantide...
Mariem mint DERWICH
L'écriture qui ne serait que silences, comme un renoncement de soi, à soi, du monde, des autres, des pensées....Annihiler la pensée, ce fatras qui cogne le cerveau et qui, contradictoire, rend l'écriture possible.
Poser le mot, le poser ultime. Et à partir de cet ultime, encore un mot, un autre mot ultime...De derniers mots en derniers mots, pensée inversée.
Délimiter ce qui ne l'est pas pensent certains.
Non.
Ecrire c'est l'océan, c'est liquide. Accepter cet infini fait d'eau, de vagues, d'abysses, de lumières, d'obscurité. Les grands fonds quand on s'efface.
Mise à distance de soi...
Poser l'écriture comme une langue, particulière, secrète, cabalistique, signes et percepts, affects .
Pour écrire accepter que rien n'est...
Et la solitude, absolue, celle qui donne une texture à ce silence qu'est l'écriture.
Il y aurait un mot premier et un mot ultime. Là, en filigrane de cette langue des grands fonds qu'est l'écriture.
Que faisons-nous en écrivant, si ce n'est chercher ces deux mots, derniers mots après derniers mots, retours et départs?
L'écriture tangue. L'écrivain devient marin, arpenteur des infinis, courant après les horizons qu'il entend, qu'il perçoit.
Il n'y a pas de ports dans l'écriture, il y a juste des escales, celles du questionnement, des hypothèses, des réponses imparfaites.
Des escales où, malgré nous, le soi devient mémoire, dissonance.
On n'écrit pas pour se débarrasser, on écrit pour s'assembler, se désassembler, expiation à l'envers, douloureuse mais vitale.
Oui, c'est ça, expiation...Expiation et rédemption. Le grand foutoir de l'intellect, le cirque du monde quand ne nous sont nécessaires que le silence et la solitude.
Penser, ne pas penser, écrire, ne pas écrire, être, n'être, n'appartenir, appartenir, inspirer, expirer.
Ecriture de la verticalité pour redevenir horizontalité...
La minuscule de nos vies tramée en majuscule de solitudes et de silences.
Et, toujours, cet entre-deux, cet entre-îles, cet entre-respiration, qui se fait lien et infini.
L'écriture c'est l'Atlantide...
Mariem mint DERWICH
samedi 20 août 2016
Le livre de l'amoureuse...
Si j'avais les mots de lumière, les mots de l'arène,
les mots qui dorment sur la peau,
je te regarderais
ma bouche à la hauteur de ton souffle
Je te dirais
Les histoires de gens qui s'aiment, petites minutes,
lenteur du temps, nuages, pluie, herbe
Je te dirais, dirais jusqu'à la fin de la nuit, au bout de toutes choses,
quand les couleurs oublient de dormir
Je te dirais
Deviens musique, notes, chants
Deviens moi respiration, à n'être plus que silences,
Deviens langue pour murmurer le chemin du désir,
Deviens regard, pour que je vois
Deviens mains, mes mains, pour voyager
Je te dirais
Les vents dans les cheveux et l'amante,
les pas pressés et le goût de l'absence
Je te dirais l'absolu de l'amour, l'instant qui dort, la femme qui danse
dans le bercement de ta parole
Je te dirais
Deviens moi épaule, ventre, cou, nuque
Deviens celui qui fait naître, hanches, roulis
Deviens mon aube, ma lune, mes étoiles,
Deviens celui qui dort entre mes seins,
Deviens ma bouche pour que je parle enfin
Je te dirais
L'amoureuse en toi endormie, silences du monde
L'amant en mes mains posé et à qui je raconte mes histoires de femme
Le mot comme une aile, le mot qui marche
Je te dirais les rêves fous des animaux perdus et la silhouette,
La voix qui berce, qui met des frissons sur la peau,
les murs que l'on brise, mon corps, ton rire, parler
Et tous ces petits mots, livre de l'amoureuse, je les inscrirais aux eaux de la mer,
mots poissons, mots vagues, mots ressac, mots sable, mots noyés, mots liquides.
Deviens mes paupières pour m'entendre
Deviens partitions pour me lire
Deviens poésies pour que je te fasse naître
Je te dirais, amant, ami, amour, balade, douceur
Je deviens voix pour que tu m'écoutes....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Oumar BALL)
Mémoires...
Aux ressacs, aux vagues, aux houles, à la mer qui danse,
aux étoiles de mer qui dessinent les soleils,
aux frontières, aux sables qui se naissent dunes et voyages,
aux lointains qui tremblent, aquarelles ocres, liquides,
aux murs s'ouvrant en portes, en fenêtres, en horizons,
Aux langues, paroles, mots, chansons de gestes, chansons des gestes,
aux lettres qui ploient dans l'instant,
aux espérances sur le dos des vents,
aux corps qui tournoient, absolu, absolus, absolue,
aux yeux qui s'ouvrent, aubes, crépuscules
à la lisière, au centre, frontière, coeur,
à la lumière qui s'endort sur mes paupières,
à la poésie qui se chante éternité,
à la falaise des grands voyages, néants, virevolter,
à l'enfant qui tient mes doigts, mémoires, amie,
à l'amour, corps immense, aux flancs qui se rêvent pages,
à la musique, ventre, cocon, matrice, portées, danseuse,
à ma bouche, j'inspire, j'expire, douceur, puissance,
à mon cou, tatouages des empreintes,
à la main, parois, vertiges, fugitifs, fantômes, sources,
aux nuits, aux étoiles, aux murmures, aux arbres, au ciel, aux crépuscules, aux rires, aux présents,
Au papillon devenue ailes, chuchoter,
à l'oiseau qui se déploie dans le mitan des jours,
à l'homme devenu 'oud, tidinit, t'bol, résonance,
à la langue sur laquelle se tient le monde, histoires,
à mon ventre qui s'ouvre, prières,
Au souffle, au souffle, au souffle, à l'instant
A la peau devenue désirs, élans, frissons,
au feu, aux immobilités, aux fulgurances,
aux infinis
Et dans les paumes, femme, femme,
poser le front, visage, soupirs, lignes de vie, mort,
naissances
ployer, ployer,
aimer,
A mes doigts, ailes, j'ai posé mes mémoires
Mariem mint DERWICH
(Artiste photographe Sidi Mohamed ould KHATTRY)
jeudi 28 juillet 2016
TERRE ET LANGUE....
J'ai une terre comme une langue,
déployée et ocre
J'ai une langue comme les sables,
à la bordure des choses tues
J'ai une terre comme une parole,
mot unique, mot qui serait tous les matins des mondes
J'ai une langue faite murailles et montagne,
enfantements de la musique
J'ai une terre qui se dit en vents, en nuages, en larmes d'enfants,
elle dort sur l'épaule d'une femme
J'ai une langue envolée en prières,
là-bas, là-bas, là-bas...
J'ai une terre grains de sable,
infinitude....
Mariem mint DERWICH
(Artiste photographe : Sidi Mohamed ould Khattry)
lundi 27 juin 2016
Il m'a fallu..Lumière
Il m'a fallu devenir et les vagues, et le ressac et la houle,
Il m'a fallu devenir profondeurs, abysses,
Il m'a fallu m'échapper, m'inspirer, L'expirer,
Il m'a fallu des bords de falaises, des morts infinies,
Il m'a fallu des prières, des abîmes, des suppliques,
Il m'a fallu ôter, encore ôter, vêtements de l'âme après vêtements de l'âme,
Il m'a fallu des battements de coeur, entre deux de ce qui vit,
Il m'a fallu des aubes et des crépuscules, des soleils et des pluies,
Il me reste tant de temps morts à vivre vivants,
Il me reste encore toute cette route de Lumière pour L'entendre me murmurer :
" Où es-tu?"
Renaître en chaque instant, gestation perpétuelle,
La Perfection dans l'imperfection,
Compter du bout des doigts et finir par ne plus savoir compter,
Et, à la fin des alphabets qui disent l'âme, revivre en Sa Langue
Nous avons dix doigts, c'est pour s'entrelacer aux autres,
Nous avons deux mains, c'est pour que nous puissions devenir livres de prières, en prières,
Nous avons une bouche, c'est pour que nos souffles s'arriment aux souffles de l'univers,
Nous avons un corps, c'est pour signifier la texture de Ce qui ne se voit pas, Ce qui n'est, Ce qui est...
Nous avons un temps, c'est pour dérouler l'Infini intemporel et nous rappeler la fugacité,
Nous avons un esprit en inspirations, c'est pour s'expirer,
Nous avons l'Amour,
Et nous disons " Mon Dieu, retrouve-moi"
Tournoyer aux mondes,
Tournoyer en particule, en poussière, en grain de sable,
Catapulté aux confins de ce qui se perçoit
Entendre les chants qui montent...
Mariem mint DERWICH
mardi 21 juin 2016
Vous souviendrez vous?
Quand mes yeux au monde seront fermés,
quand mes yeux atomes seront ouverts,
quand mon âme seule sera,
quand je ne serai plus que silences,
Infini,
quand je renaîtrai à l'aube du monde,
vous souviendrez-vous?
Quand dans l'espace d'une note de musique,
mon souffle deviendra vague,
quand dans l'interstice devenu horizon,
quand je tiendrai une main pour aider au grand voyage,
Immensité,
quand ma langue déposera le dernier mot,
vous souviendrez-vous?
Vous souviendrez - vous de la femme qui fut?
Entendrez vous à vos vies sa silhouette?
Vous souviendrez - vous qu'elle a aimé?
Vous souviendrez-vous?
Quand, dans la fugacité d'un désir, je fermerai la porte de ma maison des sables,
vous souviendrez - vous qu'elle fut danses et tournoiements?
Vous souviendrez - vous?
Que direz vous de la femme en souffles ocres?
Vous souviendrez - vous de l'enfant qui ouvrait ses mains au ciel?
Vous souviendrez - vous?
Quand, dans les vents essaimés au destin, je m'allongerai,
vous souviendrez - vous des traces laissées à la poussière des chemins?
Vous souviendrez - vous?
Quand mes yeux au monde seront fermés,
quand je serai pour l'éternité cette petite fille qui chantonne,
quand je poserai ma bouche à mes lèvres qui ont tant inspiré,
quand une aile de papillon deviendra le temps retrouvé,
Vous souviendrez - vous?
Que direz vous de la femme qui regardait le ciel?
vous souviendrez - vous des hommes qu'elle a aimé?
Vous souviendrez - vous?
Vous souviendrez - vous qu'elle fut musiques, et coeur, et battement et pluie?
Vous souviendrez - vous qu'elle a posé ses mains sur les murs?
Vous souviendrez - vous qu'elle a rêvé, rêvé, rêvé?
Vous souviendrez - vous des abandons, des sangs, des larmes, des cris?
Que direz vous de la femme qui a tant aimé?
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Frédéric Hebraud)
lundi 20 juin 2016
L'enfant qui rêve....
A la barque qui vient de l'Orient,
aux vents qui portent les mots,
aux hommes qui tournoient dans le suspendu,
Aux portes fermées, aux portes ouvertes,
aux enfants qui sautent et rient,
aux arbres qui s'endorment,
A l'eau, aux abîmes, aux houles, à l'Océan,
aux sables déroulés,
aux contes des heures,
Aux minarets en poussières, rêves,
aux chapelets, aux doigts devenus prières,
aux litanies, aux lèvres psalmodiantes,
A la femme qui marche, sépia du monde,
aux vertiges d'un regard,
aux morts qui racontent,
Aux fins des horizons, aux cieux doucement respirant,
aux corps dans la lumière d'un soir,
aux pas sur les chemins de lune,
A l'aïeul qui enchâsse sa main à ma peau orpheline,
aux caresses, aux baisers, aux mots de l'amour,
aux rires, aux poèmes au mitan des soleils,
Aux livres, pages blanches, pages bleues,
aux bonbons d'un soupir, sucré, amer, salé, miel,
aux offrandes d'un je t'aime,
A l'infini, aux alphabets qui meurent,
aux paroles en vents, voiles, encens,
aux bouts des jetées, voilures, bateaux,
une enfant dort et se dessine clairs obscurs, ailes des anges....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Rodin)
dimanche 19 juin 2016
mourir et vivre
A ma main ouverte, à ma paume pastels,
j'ai posé une ligne de vie,
une ligne d'amour,
une ligne des vents,
je joue,
un doigt suivant les chemins,
ceux qui nous habitent,
les marches forcées,
les méandres,
les larmes qui noient les regards
A mes lignes, sillons têtus,
dans ma main en livre ouverte,
aile devenue le monde soudain gris,
je joue,
les prières en éclats au bord des lèvres,
le souvenir d'un parfum,
une voix de la nuit,
le murmure en sables chuchoté,
A mes mains qui bégaient,
à mes doigts orphelins,
à mes psaumes peaux, odeurs, mots du feu ,
à mes envols oiseaux de paradis,
à mes frissons, à mes paroles enfuies,
je joue
A mes yeux posés sur mes mains lignes et fractures,
à mes paupières endormies volets,
à la lisière de ma joue,
aux mondes tournoyants,
aux cris qui montent du ventre
je joue
Aux zébrures d'un jour qui se noie,
à la bouche ouverte, ouverte, ouverte,
aux traces,
au frisson cheminant sur le pli d'une dune,
à la douleur qui vient dans ses voiles
je joue
J'ouvre les lignes de ma paume,
je joue la mort, je joue la vie,
les départs et les chaînes,
j'ouvre les lignes, mots tus,
je joue
A ma paume qui ne raconte plus rien,
absurdité du temps,
je fracasse ma vie,
Je joue, je joue, je joue
Il faut tous ces jeux de mes doigts
pour que la vie s'ancre,
pour que la mort vienne,
je joue, je joue les matins morts aux fronts des chansons
je joue
A mes mains qui ne sont plus,
je joue mes mots, mes larmes
Je me roule en boule dans le pli d'une trace ténue
et je pleure, je pleure, je pleure
en ma main devenue vierge,
bleue, bleue des ciels qui se ferment,
J'ai scarifié ce qui fait mal en mes lignes,
en ma paume inutile,
Mourir pour vivre, à ma paume devenue enfer...
je joue
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Guy Denning)
De mon autre, "Elle du Nord", Mona Mac DEE...
Je suis :
une maison vide,
une vitre brisée,
une étoile ternie,
une défaite,
une chanson triste,
un soleil voilé,
un bas filé,
une lune cachée,
un champs dévasté,
un ciel de Novembre,
et je t'attends,
dissimulée, près des murs au papier déchiré
Mona Mac DEE
( Artiste / Crédit photo : Mona Mac DEE)
mardi 14 juin 2016
En moi tu es...
Il est des silences en profondeurs,
des silences comme des regards,
en ton cou endormie,
je tais le mot qui monte,
le dessine air et ciel
ma place, ma place
Tout ce qui ne se dit pas,
l'inscrire, le chuchoter,
le rendre à l'eau, le rendre au souffle,
le rendre à tes paupières fermées,
espace
ma place, ma place
j'ai cet amour couleur de la dune,
coeur et battement,
cet amour, cette urgence,
danse mon âme, danse,
une étoile te regarde
ma place, ma place
au bord du coeur frissonner,
je pose mes mains à tes horizons,
j'inspire, j'inspire,
gout sucré, gout amer,
ris mon ange, ris
ma place, ma place
je sème les lettres de ton nom,
à la porte de ce qui est caché
j'ai inscrit la paix et le chant,
un parfum
aime, mon coeur, aime
ma place, ma place
Il est des silences comme des crépuscules,
veilleurs d'éternités
ma place, ma place
Et dans la nuit rendue à la prière,
je referme mes mains sur mon visage
dans la pénombre redevenue maison,
je murmure à mes doigts
tu m'es, amour, aimé...
Tu m'es...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Victor-Edmond Leharivel-Duroc)
vendredi 10 juin 2016
Mondes...
J'ai posé mes yeux aux regards magiques,
iris dans les profondeurs.
J'ai roulé à ma bouche le scarabée qui parle d'amour à la dune,
enfermé les chants des baleines dans les lagons lointains
J'ai offert mes cheveux aux vents porteurs d'ailes, multitudes,
chants des nuages et éphémère
J'ai inscrit mes doigts aux dos des chevaux des plaines,
fait un voeu caché dans les crinières
J'ai dansé les traces de l'oiseau qui ne vole pas,
perle de La Grande Île, il m'a dit....
J'ai ouvert mon cou aux sources qui font naître,
devenue eau et écailles et la pierre bleue des profondeurs
J'ai noyé ma peau aux vagues des déserts,
histoire des mondes de là-bas, à l'heure des animaux qui vont boire
J'ai tournoyé les cyclones, ouvert le monde en palmiers,
essaimé mon coeur aux arbres, racines, racines
J'ai imprimé mon front aux cils de ce qui danse,
j'ai posé mes pas aux chemins oubliés, j'ai dormi dans la grotte
J'ai bu à l'eau qui voyage, gouttes tatouées à ma peau,
rires des poissons et des petits cailloux
J'ai posé mes mains aux sables qui racontent les aubes des hommes,
me suis allongée à l'oreille du minuscule, grains à mes lèvres en éternité
Je suis née encore et encore, au épaules des compagnons de route,
en coeur d'eux, en coeur de nous, besaces pleine de rêves
Avoir le corps étoiles, en multiples, en herbe, en pluies, en orages,
être miel et abeilles, entendre, entendre, entendre jusqu'au bout du souffle
j'ai aimé le monde, le monde m'a enfantée, il m'a aimée à son tour,
en mes doigts soudains déployés j'ai posé son immensité,
et dans le petit jour endormi d'une île lointaine,
j'ai coulé ma peau à l'eau des yeux de la terre
A l'ange qui dessine mon corps sur la route, à l'ombre des lucioles,
des papillons, dans la fourrure d'un animal, un murmure a ri,
doucement, doucement....
J'ai ouvert ma poitrine, douceur de la lumière des jours
J'ai enjambé les montagnes et les rivières et les océans et les déserts et les villes et les hommes,
j'ai volé si haut que les soleils m'ont attrapée,
j'ai entendu les langues des enfants, les rires des insectes, les amours des femmes,
j'ai brûlé en encens envolé
Aux nuits qui viennent je dépose ma parole, mes silences,
fermer le regard et ouvrir les yeux,
poser mes mains en colombe, dans le jeu des clairs obscurs,
jouer avec les rayons
et m'endormir dans l'herbe mouillée....
Mariem mint DERWICH
jeudi 9 juin 2016
Aube première
Tournoyer, tournoyer,
l'incommensurable,
l'indicible,
la dilatation perpétuelle,
l'éternité faite verticalité
Toucher l'homme et toi et toi
Nous au-delà du Moi
Enjamber les aubes des mondes,
ouvrir les yeux
dire, dire, dire,
le mot qui monte,
le mot effacé
Et l'homme chaviré et toi et toi
Ils au-delà du Nous
Dans l'apothéose de la parole devenue vents,
lancer l'atome au front des étoiles,
en faire le commencement et la fin,
dé créer, recréer, dé naître,
au bout du Tout, dessiner l'invisible
En l'homme perdu et toi et toi
Je au-delà du Eux
Ouvrir l'âme, en faire tous les déserts,
tous les jardins, tous les silences des nuits,
poser sa bouche aux immensités,
méditant aux nuages chantonné,
inspirer, inspirer, expirer ce qui ne se nomme pas
Chercher
Hors l'homme aveugle et toi et toi
Nous devenu Je
Aux lointains de l'inimaginable
poser le souffle
Tournoyer, tournoyer
Si tu n'es pas aveugle comment peux tu danser?
Mariem mint DERWICH
( La galaxie d'Andromède. Crédit photo : NASA)
mercredi 8 juin 2016
Mon grain de sable...
J'ai posé un grain de sable sur l'aube qui vient,
écouté la chanson de celui qui appelle,
prière enfantement et le ciel qui s'ouvre...
Dans la douceur de la ville qui dort encore,
j'ai semé mon grain de sable,
J'ai posé un grain de sable à la porte de ma bouche,
il a déroulé les contes des hommes,
murs ouverts sur l'intérieur...
Dans le corps des balbutiants assoupis au mitan de leurs rêves
j'ai semé mon grain de sable
J'ai posé un grain de sable au cou de l'étoile,
entendu la nuit murmurer la ville endormie,
les mots de ce qui n'est ...
Dans l'attente de la femme qui part, miroirs et tessons,
j'ai semé mon grain de sable
J'ai posé un grain de sable, à la dune allongé,
il a roulé et s'est multiplié, homme devenu enfant,
histoire d'un alphabet qui essaime ses lettres
Dans la splendeur d'un crépuscule, au bruit des vagues,
j'ai semé mon grain de sable
Dans le lent et profond battement de coeur de l'univers,
mon grain de sable est devenu rires et danses et feu follet
il a dessiné le livre des choses que l'on ne dit pas,
celles que l'on ne murmure qu'à l'obscurité, endormis,
aux rêves des géants accrochés,
Dans le regard qui s'ouvre aux cartes des mondes,
j'ai semé mon grain de sable
A l'homme qui prie, à l'homme aux yeux tristes, à l'homme qui implore,
j'ai offert mon grain de sable devenu battement d'âme,
j'ai posé ce tout petit grain de sable au milieu de sa poitrine,
ce tout petit grain de sable
ce tout petit grain de sable
Dans le silence d'une maison des vents, à l'immensité déployée,
j'ai semé mon grain de sable
Mon grain de sable, tout petit, tout petit, fantôme fragile,
je le sème à ton visage en mes mains devenues livre,
je l'ai endormi en ma langue pour qu'il ne meurt pas,
Dans la béatitude d'un espace magique,
j'ai semé mon grain de sable aux murs blancs,
pour qu'il te raconte, encore et encore, les silences des larges,
les silences des lointains en nous,
les silences des néants
et la chanson de celle qui te parle...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Chahab)
lundi 16 mai 2016
silences...
Il en faut des silences et des mots du silence, EN silence, pour dire, pour écrire, pour parler.
De cette écriture devenue parole, celle qui sort, qui vient, qui repart, qui meurt dans la douleur de l'expulsion.
Il en faut des intimes pour vivre, pour tenir, pour avancer, sur cette page blanche qui devient coeur et battement. Dans mes doigts qui dansent j'entends le pointu, l'acéré, le sanglot mais, aussi, la joie.
Coudre ses lèvres pour que les mots naissent, voici l'écriture.
Fermer ses lèvres, devenir silence pour que les mots soient parole muette, ce cri silencieux de la parole devenue oiseau.
Je n'ai jamais su dire, exprimer, dire cette parole langage, cette parole partage. Je suis orpheline de ma parole.
En cette parole mère et père, ces silences nés dans les profondeurs d'une douleur, il faut inventer, encore et encore, ce qui dit, ce qui ne se dit pas, ce qui est, ce qui n'est pas.
Le silence des grands fonds, des abysses, expulsé en silences des surfaces.
Ecrire c'est mourir et mourir encore et renaître en silences.
Je n'écris pas. Je parle. Je parle en silence.
Je dis mes silences, ravageurs, apaisants.
Un jour mes mains sont devenues langue. Et cette langue est devenue silence. Et ce silence est devenu mer, eau. Et ce silence que je porte en moi n'est pas silence imposé, pas de ce silence de l'amertume. il est le silence entraperçu derrière le silence quotidien.
Ma parole silence est ma langue des signes.
En chaque mot je pose une lettre, une syllabe, un alphabet sans sons. un alphabet qui redit à la main que le regard doit être fermé, qu'il faut empoigner tout au fonds, dans le ventre, qu'il faut poser ses mains sur ce qui bat en nous , qu'il faut le dépouillement du mot silence, le dépouillement..
En chaque silence une fulgurance. En chaque mot une fulgurance...
Redevenir langue, lèvres, fleuve...
Ecrire en silence, écrire en mots.
N'être que ce lien qui me relie...
Silence et mots, silence mots, silence, mots...
Et je parle...
Mariem mint DERWICH
De cette écriture devenue parole, celle qui sort, qui vient, qui repart, qui meurt dans la douleur de l'expulsion.
Il en faut des intimes pour vivre, pour tenir, pour avancer, sur cette page blanche qui devient coeur et battement. Dans mes doigts qui dansent j'entends le pointu, l'acéré, le sanglot mais, aussi, la joie.
Coudre ses lèvres pour que les mots naissent, voici l'écriture.
Fermer ses lèvres, devenir silence pour que les mots soient parole muette, ce cri silencieux de la parole devenue oiseau.
Je n'ai jamais su dire, exprimer, dire cette parole langage, cette parole partage. Je suis orpheline de ma parole.
En cette parole mère et père, ces silences nés dans les profondeurs d'une douleur, il faut inventer, encore et encore, ce qui dit, ce qui ne se dit pas, ce qui est, ce qui n'est pas.
Le silence des grands fonds, des abysses, expulsé en silences des surfaces.
Ecrire c'est mourir et mourir encore et renaître en silences.
Je n'écris pas. Je parle. Je parle en silence.
Je dis mes silences, ravageurs, apaisants.
Un jour mes mains sont devenues langue. Et cette langue est devenue silence. Et ce silence est devenu mer, eau. Et ce silence que je porte en moi n'est pas silence imposé, pas de ce silence de l'amertume. il est le silence entraperçu derrière le silence quotidien.
Ma parole silence est ma langue des signes.
En chaque mot je pose une lettre, une syllabe, un alphabet sans sons. un alphabet qui redit à la main que le regard doit être fermé, qu'il faut empoigner tout au fonds, dans le ventre, qu'il faut poser ses mains sur ce qui bat en nous , qu'il faut le dépouillement du mot silence, le dépouillement..
En chaque silence une fulgurance. En chaque mot une fulgurance...
Redevenir langue, lèvres, fleuve...
Ecrire en silence, écrire en mots.
N'être que ce lien qui me relie...
Silence et mots, silence mots, silence, mots...
Et je parle...
Mariem mint DERWICH
J'ai ouvert mes bras et ôté mes yeux...
J'ai ouvert ma maison aux vents des grands larges,
et dans cette maison devenue corps
j'ai posé ton prénom,
lettre après lettre,
chacune liant les autres,
odeur de miel
odeur de lait
odeur d'encens
J'ai ouvert mes bras, j'ai ôté mes yeux
Dans cette maison devenue vagues,
j'ai posé mon nom, le Mim devenu Alif,
j'ai dessiné les racines et l'arbre de vie,
les feuilles qui entendent,
les fleurs regards,
et toi en lisière de mon souffle
J'ai ouvert mes bras et ôté mes yeux
Au coquillage posé à mon oreille,
j'ai murmuré les sables, les feux, le dessin du souffle,
mes doigts écartés, jeu d'enfant,
le précieux de la paume en ta paume déposée
J'ai ouvert mes bras et ôté mes yeux
j'ai remonté le mur, briques après briques,
pierre après pierre,
j'ai remonté le mur et je l'ai, de nouveau, détruit,
recommencement du balancier
et ton prénom qui continue de danser aux frontières perdues
J'ai ouvert mes bras et ôté mes yeux
Le monde né rondeurs, lointains, prières,
et mon corps en allers retours,
se posant et là et là et ici et ici,
houle, houle, houle,
clore sa bouche,
ouvrir sa langue
et ton prénom qui vole
J'ai ouvert mes bras et ôté mes yeux
je me suis déposée au creux de la dune,
dans la courbe brodée ligne,
je me suis déposée au creux de la dune,
j'y ai posé les lettres de ton prénom
et me suis endormie...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Carol Carter)
dimanche 15 mai 2016
Entre deux...
J'ai toujours ma bouche à ta bouche posée,
allongée en ta langue,
endormie en souffle,
entre deux silences,
entre deux chansons
J'ai toujours ma bouche à ta bouche essaimée,
mouvement fluide du mot devenu eau,
mes lèvres mains, mes lèvres peau, mes lèvres, tes lèvres,
entre deux prières
entre deux lointain
J'ai toujours ma bouche à ta bouche écoutée
Et en ta bouche à ma bouche devenue,
je deviens tes yeux et tes contes,
je grave la paix et l'envie et le désir et les chants des corps
en ta bouche mienne
je berce ce qui vient
petits cailloux des amours
J'ai toujours ma bouche à ta bouche liée
Entre deux espace
entre deux univers
entre deux étoiles
entre deux nous inscrit en respirations
J'ai toujours ta bouche à ma bouche récitée
Entre deux....
Mariem mint DERWICH
( Artiste : Chagall)
samedi 14 mai 2016
Pays, tu leur raconteras....
Tu leur raconteras, pays mien,
tu leur raconteras ta fille, fille parmi tes filles,
fille parmi tes hommes,
tu leur raconteras les vents qui l'ont fait naître,
tes vents de l'Est et tes vents de la mer.
Tu leur diras qu'à ses chevilles elle porte tes dunes,
tes contes,
tes griots,
tes notes de lune,
tes notes de soleil.
Tu leur diras qu'elle est fille tienne,
née et née encore,
à chaque aube,
dans chaque chant des mosquées.
Tu leur raconteras, pays mien,
la lignée, le nom des siens,
l'odeur de sa mère,
le rire des murs de pierre,
là bas dans la ville qui dort.
Tu leur raconteras qu'elle a posé ses mains,
en obole aux parois d'Amogjjar,
aux murs de la grande ville,
aux chants de la nuit bavarde.
Tu leur diras, aux siens,
qu'elle est ton nom,
dans la splendeur soudaine d'une aube,
dans le repli d'une batha,
dans la subtilité liquide d'un marigot,
tu leur chanteras qu'elle est fille des nuages,
fille des mots fantômes.
Tu leur raconteras qu'elle porte l'amour,
l'amour,
l'amour
Tu écriras dans la poussière des pistes,
tu écriras qu'elle a la couleur ocre de ses mémoires,
qu'elle a enfanté des rêves,
des petits d'homme auxquels elle a soufflé son nom matrice.
Tu leur diras, tu leur diras, les campements,
qu'elle est sang et chair, sang
sang
Tu leur raconteras qu'elle est fille des rencontres,
fille métisse, fille racines, fille mangue, fille datte,
tu leur diras qu'elle dort dans la calebasse des mondes,
qu'elle est le lait qui court sur la peau,
tu leur diras qu'elle est yeux ouverts, tes yeux,
tu leur diras qu'elle porte ton nom,tes noms, tes incantations,
tu leur raconteras, aux siens, qu'elle dort sous les pierres des cimetières,
dans la prière de ceux qui restent et espèrent.
Tu inscriras à leurs regards brûlés, ton nom,
mon nom,
leurs noms
Et, dans l'infini qui est, tu deviendras pays intime....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Frédéric Hebraud)
vendredi 13 mai 2016
musique
Et il y aura des balancements, des allers retours,,
la douceur d'une main qui écrit,
le souffle déposé au creux du cou,
une musique dans la pénombre.
A la fenêtre s'endormira un oiseau
Il y aura des pluies abandonnées aux feuilles,
des rires montant de la cour,
une table, des bols, du pain,
une robe assoupie sur une chaise
Il y aura le soleil en flaques sur le sol,
quelqu'un qui tape à la porte,
un parfum fugitif,
une histoire enfuie
Au mur je poserai un rayon de miel
Il y aura un lit comme un voyage,
des draps froissés,
un souvenir de sieste,
une photo
Et la main qui écrit, qui écrit,
cette lettre qui ne partira jamais
Et dans ma mémoire je dessinerai ce qui n'est pas venu,
j'inventerai des couleurs,
je mettrai des notes à l'horizon,
je ferai de mon regard une île
J'ouvrirai les bras à la nuit qui vient
je laisserai les vents entrer,
défaire la chambre,
orner les murs
je deviendrai jardin
et tu seras là.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Ademaro Bardelli)
Lumière...
Je
Tourner, tourner jusqu'à l'arrondi du Verbe,
tourner au bout du bout,
dans le grand commencement, Fin et Tout et Début
Je
Main au ciel et âme,
être hors et en, devenir ce mot lumière
étoile, galaxie, univers
Je
Tourner encore, dans la fulgurance prières,
tourner, n'être, n'être,
poser ma bouche aux confins de moi
Je
Entendre, entendre, entendre, ne plus entendre,
s'inspirer, s'expulser en atome
ciel après ciel, dans le chant des lointains de feu
Je
aux bouches des mondes qui s'ouvrent,
offrir ce qui monte, ce qui vient,
ce qui est et ce qui n'est pas
Je
absence, présence, verticalité du désir,
l'infiniment petit et l'infiniment grand,
silence des profondeurs
Je
Tourner, tourner, vide dans le délié de l'élan,
respiration, poussière,
vide
Je
imploser, consumer, recréer,
moi sans moi, moi en l'Infini,
chapelet de l'éternité devenue porte ouverte,
grain de poussière né papillon,
l'instant suspendu,
dépouillement
immatériel, corps, esprit, être sans être
et dans le dernier regard brûlé murmurer
Suis.
Mariem mint DERWICH
dimanche 8 mai 2016
Le désir et l'aimé...
Entendre la danse,
Implosion ultime,
Mettre la main au ciel et devenir musique
Poser les mots dans l'ailleurs endormi en nous
Frissons, prières,
L'inachevé devenu paupière et lèvres et salive et corps
Dessiner le poème qui vient,
Qui monte de la houle, vague et vague,
S'ouvrir coeur, s'endormir esprit,
Etre l'eau, le feu, la terre, l'air, le souffle
Regard de l'entre deux en boucle infinie
Devenir les quatre points cardinaux qui disent les mondes
A ta peau me glisser, celle qui dort en toi,
Tutoyer l'envie
Rêver le poème qui s'écrit
Refermer les doigts sur le poème qui vient...
Et à ta bouche murmurer l'arrondi.
C'est dans le silence de ton cou
Que la mer devient nuit.
Poser les mots caresses...
ta voix en voyages bleus.
Chuchoter à ton oreille,
Déposer du bout de la langue
Le désir et l'aimé.
Et, du bout de mes doigts devenus oiseaux, te dire...
Fulgurances des atomes dans ce poème qui vient,
Toi en moi, moi en toi
Dans la couleur des heures ré inventées
inspirer l'ultime geste.
Il est, dans la douceur de ma nuit, l'aimé, l'attendu
Et je lui dis, au long des perles de l'envie : " Je suis là"...
Mariem mint DERWICH
( Image : détail d'un mur du Palais Ennejma Ezzahra de Sidi Bou Saïd)
mercredi 27 avril 2016
A fleur de....
La peau à fleur de peau, à fleur des mains,
la peau en chuchotis, à fleur des yeux,
la peau à fleur frissons et à fleur couleurs
Ecriture
La bouche à fleur voyage, à fleur des lèvres,
la bouche en mots liquides, à fleur du souffle,
la bouche à fleur " dis moi" et à fleur " viens"
Murmure
La paume à fleur des choses, à fleur caresse,
la paume en rondes soyeuses, à fleur des paupières,
la paume à fleur sable, à fleur contes
Chanson
Le corps à fleur d'univers, à fleur d'étoiles,
le corps en arabesques, à fleur extase,
le corps à fleur Alif, à fleur du ciel
Moi
La langue à fleur Infini, à fleur Amour,
la langue en harmonie, à fleur de houle,
la langue à fleur salive, à fleur parfums
Envol
L'instant à fleur des riens, à fleur du tout,
l'instant en parchemin, à fleur de ton oreille,
l'instant à fleur harmonique, à fleur marelle
Lumière
Magie, frissons, à fleur du néant
à fleur d'absolu,
refermer la main sur le mot,
à fleur chapelet
partir à fleur du monde
Sentir
Mariem mint DERWICH
( Artiste : Mustapha Belkouch)
mardi 26 avril 2016
Fulgurance....
J'inscris le calame en ma langue,
fulgurance du mot, fulgurance de la parole dessinée
Au bout de moi il y a toi, et au bout de toi il y a les autres,
et au bout des autres je ré invente le Tu et le Je
Dans la plénitude de l'instant inspiré j'entends la musique,
horizontalité devenue verticalité,
absolu du rêve posé sur mes yeux,
heure tressée aux déliés de ta bouche qui dit à en perdre le souffle
Je t'expire, je t'expire pour mieux m'expirer moi,
atome en ton cou endormi
Dans mes mains repose une âme
je l'ouvre à la hauteur de l'horizon
je la dépose dans le lieu qui n'est pas
et à ton oreille je murmure la parole de la route
Dans le fragment qui appartient à la nuit j'entends la lumière de ce qui est
l'instant magique des questions et des ailleurs
Je ploie mon visage et ma chevelure et mes paupières
je me tends vers le ciel
je danse je danse
dans le Verbe qui raconte l'homme en plénitude
J'ai mis des couleurs à mes rires pour que tu entendes
et des soleils poésies dans ma voix pour que tu sentes
A ma peau en frissons je déroule les heures
A regarder le ciel en face, j'invente l'étoile,
l'infini de grâce, l'infini prières, l'infini beauté.
Je pose mes mains au monde
L'entends tu?
Mariem mint DERWICH
( Artiste : Andrew Salgado)
mercredi 20 avril 2016
Je te raconterai...
Je te raconterai,
te raconterai à en perdre la voix,
les choses qui ne se murmurent qu'à la brûlure du feu,
chaleur de ce mot ré inventé à la hauteur du silence
Tu poseras ta langue dans ma main,
et mes doigts, fragilités, seront calame
je te raconterai,
pour toi, rien que pour toi, dans cet instant suspendu
devenu cocon, le mot caresse
il y a des histoires d'eau, vagues et baleines.
Le bleu de la nuit des profondeurs,
dans l'irisé du regard.
Et les noyés, les noyés..
Vie et mort.
Danse des impossibles.
Et les nuages au fronton des murs.
Ce petit rien qui chatouille la peau,
l'absolu du geste esquissé, brodé...
Dans une nuit devenue étoile,
je te raconterai les vents, la plénitude de celui qui voit,
la poésie des marcheurs d'éternité,
les danses de ceux qui tournent,
les rires et les larmes, les colères et la paix
Enferme le mot en ta paume en prière,
souffle, souffle, expire le à l'orée de mes paupières
et dis moi les mots des enfants des lointains
Je te raconterai la musique, celle qui dort au creux de nos rêves
Je te dirai l'urgence de la vie et les arbres, et les nuages et le ciel...
Et je poserai mon corps sur le sable et je fermerai les yeux....
Mariem mint DERWICH
( Artiste : Gerhard Richter)
vendredi 1 avril 2016
Inspirer...
Creuser, creuser encore, creuser,
arborescence du corps, la peau qui brûle,
creuser, arriver au sang,
se dépouiller, ôter,
laver, purifier, oublier...
Se défaire de la parole,
extase des silences,
fermer la bouche,
se clore sur le dernier mot,
la mémoire qui devient lumière
Ne garder que la conscience,
petite, minuscule, fragile,
de ce qui n'est plus, de ce qui ne fut pas,
souffler la bougie des yeux,
plier le cou, pleurer
Au pas de ma peine,
inscrire les noms de ceux qui m'aimèrent,
les bras de ma mère,
le souffle de l'amant,
les rires des enfants
Aller au plus loin de mes ailleurs,
au plus profond de mes nuits,
là où la petite fille danse dans la poussière du soleil
Briser le miroir en voix multiples,
devenir l'une, devenir celle qui,
tapisser les murs de ma vie en tessons arc en ciel,
inscrire l'enfantement,
donner, donner encore, donner à en perdre la langue
Donner, le tout comme le rien
N'être, naître, partir, fantôme
Ne rien regretter, ni l'amertume, ni les départs,
ni les larmes, ni les cris, ni les colères, ni les serments des innocents
N'être, naître, partir, fantôme,
laisser partir les doigts et les odeurs
Donner l'ultime mystère, au delà de la falaise
et, enfin,
inspirer
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Elias NAMAN)
vendredi 26 février 2016
Murmures...
Que murmurent les chameaux à l'oreille des hommes?
Que disent-ils à l'homme assis à la porte de la ville?
Dans les soupirs portés par les vents, j'entends les mots,
les mots qui racontent la mémoire,
les mots tannés, brûlés, les mots aux yeux ouverts,
les mots qui dorment sur la langue
J'entends celle qui sommeille, la main sous la joue,
allongée à l'ombre de la paroi de pierre,
ses cils dessinent la piste ancienne
Que murmure le souffle de l'enfant qui joue?
Que dit-il à la femme qui se réveille?
Dans le crépuscule qui s'en vient, je deviens mirage,
et je lève mes mains vers le ciel,
le silence se pose et je vois ce qui vient,
poussière d'ailleurs.
J'ouvre ma bouche, je suis celle qui danse,
la lune a posé ses yeux sur moi,
elle me dit " regarde, vois, vois, vois encore plus loin, vois la ville là-bas, vois ses hommes...."
Entends leurs chants invisibles, laisse les se poser sur tes cils,
qu'ils deviennent colliers et bracelets de chevilles,
et perle, et poèmes.
Qu'ils chuchotent dans l'ombre de leurs tombes, qu'ils te racontent leurs noms.
Que murmurent les dunes au cou des hommes?
Que disent-elles à ceux qui partent au loin?
A ma main se pose un voile bleu, et l'oiseau s'envole,
couleur des oasis, eau, palmiers, puits, silhouettes des pas,
je tisse ma mémoire, tapis et coussins, cuir et selles,
j'ai l'horizon qui m'appelle
Je sème les contes, je suis celle qui parle aux morts miens,
je suis assise à leurs pieds et je pose ma joue à leur joue,
ils me disent, ils me disent, ils disent " fille, femme, enfant notre...."
Que murmure le Gaf imperceptible, celui des yeux, celui de l'âme,
Que dit-il à la femme endormie sur la natte, cheveux déployés?
Que murmure la dentelle du minaret dans la splendeur du jour?
Que dit-il à la femme qui arrive à la porte de la maison?
Que me dit l'homme qui dort contre la femme?
Que dit-il dans ses rêves?
Dans le silence d'une minute infinie, je pose mon front sur mes immensités,
je suis sables, dunes, points cardinaux, horizons, campement,
départs, départs, départs....
Que me murmure le chameau aux yeux tristes, à mon oreille orpheline?
"Va....et ne reviens pas du pays qui est...."
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Lionel SMIT)
Que disent-ils à l'homme assis à la porte de la ville?
Dans les soupirs portés par les vents, j'entends les mots,
les mots qui racontent la mémoire,
les mots tannés, brûlés, les mots aux yeux ouverts,
les mots qui dorment sur la langue
J'entends celle qui sommeille, la main sous la joue,
allongée à l'ombre de la paroi de pierre,
ses cils dessinent la piste ancienne
Que murmure le souffle de l'enfant qui joue?
Que dit-il à la femme qui se réveille?
Dans le crépuscule qui s'en vient, je deviens mirage,
et je lève mes mains vers le ciel,
le silence se pose et je vois ce qui vient,
poussière d'ailleurs.
J'ouvre ma bouche, je suis celle qui danse,
la lune a posé ses yeux sur moi,
elle me dit " regarde, vois, vois, vois encore plus loin, vois la ville là-bas, vois ses hommes...."
Entends leurs chants invisibles, laisse les se poser sur tes cils,
qu'ils deviennent colliers et bracelets de chevilles,
et perle, et poèmes.
Qu'ils chuchotent dans l'ombre de leurs tombes, qu'ils te racontent leurs noms.
Que murmurent les dunes au cou des hommes?
Que disent-elles à ceux qui partent au loin?
A ma main se pose un voile bleu, et l'oiseau s'envole,
couleur des oasis, eau, palmiers, puits, silhouettes des pas,
je tisse ma mémoire, tapis et coussins, cuir et selles,
j'ai l'horizon qui m'appelle
Je sème les contes, je suis celle qui parle aux morts miens,
je suis assise à leurs pieds et je pose ma joue à leur joue,
ils me disent, ils me disent, ils disent " fille, femme, enfant notre...."
Que murmure le Gaf imperceptible, celui des yeux, celui de l'âme,
Que dit-il à la femme endormie sur la natte, cheveux déployés?
Que murmure la dentelle du minaret dans la splendeur du jour?
Que dit-il à la femme qui arrive à la porte de la maison?
Que me dit l'homme qui dort contre la femme?
Que dit-il dans ses rêves?
Dans le silence d'une minute infinie, je pose mon front sur mes immensités,
je suis sables, dunes, points cardinaux, horizons, campement,
départs, départs, départs....
Que me murmure le chameau aux yeux tristes, à mon oreille orpheline?
"Va....et ne reviens pas du pays qui est...."
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Lionel SMIT)
dimanche 21 février 2016
Dis leur...
Et quand tu les rencontreras, au détour d'une piste ocre,
dis leur les jours d'éternité,
dis leur que je suis leur fille, chair et sang,
parle leur de cette femme qui est debout face au monde
et qui dessine, sur les parois des montagnes,
les lignes de son sang, la mémoire de ses noms...
Dis leur l'immensité de soi dans le repli des sables
et l'enfant qui danse aux vents de l'Est
Quand aux pas des chameaux tu murmureras les poèmes,
récite la prière des voyageurs, pour les choses qui commencent
et pour les histoires racontées la nuit à la lueur des feux,
dis leur que dans l'ombre des tentes les femmes tissent les étoiles,
elles chantent le lait, les étoiles, les mains devenues oiseaux
Dis leur le souffle brûlant qui monte de l'horizon,
et les hommes enroulés en chapelets
Sur les paupières brûlées, à l'orée des puits infinis,
dis leur que je suis là, en mémoire d'eux,
dis leur que je brode mes contes,
dis leur que leur fille chantonne aux pas qui viennent,
qu'elle invente demain, et encore demain,
dis leur qu'elle est passé et demain
Dis leur que cette femme a enfanté les chuchotis de la nuit,
et qu'elle est cette griffe sur la poussière
Et quand à l'ombre d'un regret, dans la dentelle d'un minaret,
à l'eau d'une oasis, tu écouteras leurs noms déroulés,
tu prendras dans tes mains ces silhouettes odeurs des caravanes,
dans l'instant suspendu à la porte de ceux qui sont enracinés à la terre,
dis leur qu'ils sont miens
Dis leur qu'ils sont miens, dans la rondeur de leurs libertés....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Souleymane Abbas)
dis leur les jours d'éternité,
dis leur que je suis leur fille, chair et sang,
parle leur de cette femme qui est debout face au monde
et qui dessine, sur les parois des montagnes,
les lignes de son sang, la mémoire de ses noms...
Dis leur l'immensité de soi dans le repli des sables
et l'enfant qui danse aux vents de l'Est
Quand aux pas des chameaux tu murmureras les poèmes,
récite la prière des voyageurs, pour les choses qui commencent
et pour les histoires racontées la nuit à la lueur des feux,
dis leur que dans l'ombre des tentes les femmes tissent les étoiles,
elles chantent le lait, les étoiles, les mains devenues oiseaux
Dis leur le souffle brûlant qui monte de l'horizon,
et les hommes enroulés en chapelets
Sur les paupières brûlées, à l'orée des puits infinis,
dis leur que je suis là, en mémoire d'eux,
dis leur que je brode mes contes,
dis leur que leur fille chantonne aux pas qui viennent,
qu'elle invente demain, et encore demain,
dis leur qu'elle est passé et demain
Dis leur que cette femme a enfanté les chuchotis de la nuit,
et qu'elle est cette griffe sur la poussière
Et quand à l'ombre d'un regret, dans la dentelle d'un minaret,
à l'eau d'une oasis, tu écouteras leurs noms déroulés,
tu prendras dans tes mains ces silhouettes odeurs des caravanes,
dans l'instant suspendu à la porte de ceux qui sont enracinés à la terre,
dis leur qu'ils sont miens
Dis leur qu'ils sont miens, dans la rondeur de leurs libertés....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Souleymane Abbas)
jeudi 4 février 2016
Etrange étrangère...
Être monde, chair du monde,
sang du monde,
s'inscrire en mots étranges,
être moi et celle là,
devenir elles, devenir lettre
Être dedans et ailleurs,
demander pardon,
toujours,
au-delà des silences des coeurs
Être grain de poussière et tempêtes,
dormir sur ta paume,
enroulée dans la douceur de nous,
étrange étrangère,
être
Être le ventre des mondes,
cosmos et étoiles,
petits des hommes,
femme et enfants
Être le chemin des vents,
rédemption, rédemption,
offrir ce qui vient en lignes d'horizon,
être notre, et tienne et vie,
s'envoler dans la splendeur d'une minute
Être chair du monde à ta parole arrimée,
être chair, chair,
étrange étrangère
au miroir de tes yeux ouverts aux lointains,
m'ancrer à la mémoire des sables
Etrange étrangère
Toi en ma vie, étrange étrangère,
amour des jours, à l'aube de tout
je deviens celle ci, en renaissance,
et nous, et toi, toi, homme mien
qui ouvre la cage et libère l'oiseau
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Joan MIRO)
mercredi 27 janvier 2016
Mon pays est là où tu es...
Quand, au bout des doigts, s'inscrit la mémoire,
et que s'en viennent les gestes
j'écris la peau en partage
Dans la chanson de l'homme à mon cou endormi,
gestes furtifs d'un poème qui s'ébauche,
j'entends le vent raconter l'étoile
Et sur les paupières, je dis les mots qui naissent
A la porte de cette vie, poser ses riens, semer les pas du voyage,
enfermer mon visage au miroir de ton épaule,
entendre le souffle et m'endormir
Compter les mots qui jouent, les regarder vivre au pli de ta bouche,
devenir syllabes et accents, chatouiller les lettres,
et dans tes yeux devenir alphabet
Dans l'instant en mes mains prisonnier, je dis la lumière
C'est dans la vibration d'une rencontre que l'absence devient conte,
présence fragile à la bordure de mes prières,
et toi...
Il est des aurores à traverser, des enfants à faire naître,
ces enfants mots, ces enfants fantômes, ces enfants qui colorient le ciel,
il est des jours et des vies, petits points posés sur une espérance
Quand tu dis l'amour, je raconte ce qui vient
Au bout de nous murmurent les ailleurs, les pages à écrire,
le monde à reconstruire,
abysse lointain de ce qui se dresse à l'horizon des yeux amoureux
Dans ta main poser mes mots, graver la femme et l'espace magique
de ceux qui aiment à dépasser le ciel,
dire, dire jusqu'à la déraison que la vie s'en vient, au détour du manque
Quand tu dis l'amour, je raconte les silences, les paroles chuchotées
Grandir, grandir, empoigner les nuages, broder aux troncs des arbres,
danser, pieds, notes, musiques
mes cheveux dans ta paume déployés
Revenir des lointains, recevoir un regard, se dépouiller de tout,
ouvrir les bras, prendre en offrande la seconde fragile
qui dit que mon pays est là où tu es
Il est une lumière, posée à l'orée de ma langue, solitude devenue multitude
Dans la respiration du temps retrouvé, j'ai ta main en éternité...
Mariem mint DERWICH
( Leïla et Majnoun. Artiste : Hakim ( Boukhara) )
et que s'en viennent les gestes
j'écris la peau en partage
Dans la chanson de l'homme à mon cou endormi,
gestes furtifs d'un poème qui s'ébauche,
j'entends le vent raconter l'étoile
Et sur les paupières, je dis les mots qui naissent
A la porte de cette vie, poser ses riens, semer les pas du voyage,
enfermer mon visage au miroir de ton épaule,
entendre le souffle et m'endormir
Compter les mots qui jouent, les regarder vivre au pli de ta bouche,
devenir syllabes et accents, chatouiller les lettres,
et dans tes yeux devenir alphabet
Dans l'instant en mes mains prisonnier, je dis la lumière
C'est dans la vibration d'une rencontre que l'absence devient conte,
présence fragile à la bordure de mes prières,
et toi...
Il est des aurores à traverser, des enfants à faire naître,
ces enfants mots, ces enfants fantômes, ces enfants qui colorient le ciel,
il est des jours et des vies, petits points posés sur une espérance
Quand tu dis l'amour, je raconte ce qui vient
Au bout de nous murmurent les ailleurs, les pages à écrire,
le monde à reconstruire,
abysse lointain de ce qui se dresse à l'horizon des yeux amoureux
Dans ta main poser mes mots, graver la femme et l'espace magique
de ceux qui aiment à dépasser le ciel,
dire, dire jusqu'à la déraison que la vie s'en vient, au détour du manque
Quand tu dis l'amour, je raconte les silences, les paroles chuchotées
Grandir, grandir, empoigner les nuages, broder aux troncs des arbres,
danser, pieds, notes, musiques
mes cheveux dans ta paume déployés
Revenir des lointains, recevoir un regard, se dépouiller de tout,
ouvrir les bras, prendre en offrande la seconde fragile
qui dit que mon pays est là où tu es
Il est une lumière, posée à l'orée de ma langue, solitude devenue multitude
Dans la respiration du temps retrouvé, j'ai ta main en éternité...
Mariem mint DERWICH
( Leïla et Majnoun. Artiste : Hakim ( Boukhara) )
mardi 26 janvier 2016
mot intime...
Les mots sont le désir d'aube, la page blanche où les rêves de la nuit viennent s'inscrire au front des réveils.
Dans ces mots aurores, chaque homme imprime le souvenir de la falaise enjambée et de ce qui est au-delà.
Il y laisse la mémoire première pour se souvenir qu'il est homme, brandi à la face du monde.
Et dans ces mots devenus mot unique, il chante les noirceurs et l'âme damnée.
Dans l'aube qui se lève, chaque mot est oiseau de feu.
Aux murs des villes ils vont s'accrocher et dans les regards de ceux qui n'ont pas dormi, ils retrouvent le sens du souffle.
C'est à la fin de la nuit, quand la barque revient au port, que les mots de l'homme se dispersent, comme pour dire " je suis vent, je suis horizons, je suis ce qui n'est pas encore".
Si toi, homme, tu es mots, que deviennent les lettres que tu couches sur le papier de l'aube?
Si toi, mot, tu es sens, que devient l'homme qui écrit le long des heures saccadées?
Quand le mot s'est fait homme, le monde a ouvert les yeux... et la bouche a dessiné le cri venu du lointain intime...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Cy Tone)
Dans ces mots aurores, chaque homme imprime le souvenir de la falaise enjambée et de ce qui est au-delà.
Il y laisse la mémoire première pour se souvenir qu'il est homme, brandi à la face du monde.
Et dans ces mots devenus mot unique, il chante les noirceurs et l'âme damnée.
Dans l'aube qui se lève, chaque mot est oiseau de feu.
Aux murs des villes ils vont s'accrocher et dans les regards de ceux qui n'ont pas dormi, ils retrouvent le sens du souffle.
C'est à la fin de la nuit, quand la barque revient au port, que les mots de l'homme se dispersent, comme pour dire " je suis vent, je suis horizons, je suis ce qui n'est pas encore".
Si toi, homme, tu es mots, que deviennent les lettres que tu couches sur le papier de l'aube?
Si toi, mot, tu es sens, que devient l'homme qui écrit le long des heures saccadées?
Quand le mot s'est fait homme, le monde a ouvert les yeux... et la bouche a dessiné le cri venu du lointain intime...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Cy Tone)
lundi 18 janvier 2016
Petit pas et petit pas....
Et j'ai en mes yeux déposé le monde
par delà le mur de tout
- petit pas et petit pas -
j'ai effacé l'empreinte de l'aube
dans le reflet des ombres qui s'estompent
De ma vie j'ai empoigné les nuages
déplié ma langue au miroir des riens
- petit pas et petit pas -
j'ai vu l'autre côté
dans le miroir en couleurs
Parce que l'homme marche, à l'horizon
au delà des chansons mortes
- petit pas et petit pas -
j'ai entendu le ciel rire
dans l'autre qui est moi
En mangeant les arbres silhouettes
vents qui racontent
- petit pas et petit pas -
j'ai murmuré que je ne suis pas,
dans le livre des amertumes
Petit pas et petit pas
en effaçant ma peau
j'ai entraperçu les étoiles
au fonds du ruisseau
Petit pas et petit pas
J'ai recommencé l'histoire du monde
fumées
Petit pas et petit pas
Et dans mes yeux enfin apaisés
par delà les chants des dunes
je suis atome et trou noir
- petit pas et petit pas -
Je recommence mon histoire
en mon ventre qui s'ouvre
et je dis, je dis, je dis....
Petit pas et petit pas
Je n'ai rien vu hormis mes yeux déposés au monde.....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Mohy Elrayes)
jeudi 14 janvier 2016
Absence Présence....
J'ai l'absence présence au bout des doigts,
en bagues mémoire.
J'ai les mots des mains
en balade sur ta peau
Clair obscur des paupières
qui tracent les chemins de nos envies
Les amants des jours de feu
savent
J'ai les azurs de ceux qui partent,
heure bleue de mes nuits,
et toi qui vis à la lisière de mes bras,
endormi et sur qui je referme le livre des petites choses qui apaisent
J'ai la seconde, note ronde, suspendue
et le calame qui envole l'instant
Les amants des jours de feu
savent
En la respiration qui s'arrête,
j'entends les mondes rire.
J'ai ma bouche en histoires de toi,
amour cambré
Je redessine mes seins en présence
pour faire mourir l'absence
Les amants des jours de feu
savent
Et dans l'immobilité du temps
ta langue qui me dit, qui chuchote le désir,
invente les falaises à franchir
et les oiseaux perdus dans mes cheveux
Je donne mes mondes perdus
et ouvre les yeux là haut
Les amants des jours de feu
savent
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Frédéric Hebraud)
jeudi 7 janvier 2016
Chant...
Parce que pour chanter l'amour
il faut beaucoup aimer
il faut les matins dans les chants des prières
il faut les mots des rues
et l'odeur de la terre
A la porte de la maison,
à l'homme qui entre
il y a le monde qui naît
et les notes du ciel
Pour chanter l'amour
il faut dessiner l'infini
il faut les rires des enfants
il faut entendre les voix qui viennent
et le son de la ville qui s'éveille
Dans l'instant qui s'arrête,
aux murs de nos songes
il y a le livre des autres
et la danse des mots
Pour chanter l'amour
il faut le désir, le désir,
il faut le souffle et la peau,
il faut les riens qui s'allument
et le goût de ta bouche
Parce que les voyages commencent là où l'aube s'endort,
dans la lueur des chemins à venir
et les pas, les pas, les pas aux heures qui se brodent,
l'immobilité du coeur qui murmure
et l'eau de mes yeux
Et dans cet amour déroulé, raconté, allongé,
il y a la main qui écrit, les mots, les mots, les mots,
le pli du cou où s'évanouit la plainte
et ma langue scribe
Pour dire l'amour il faut mourir
mourir encore et revenir
et la mémoire qui tourbillonne....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Alan Spazzati)
vendredi 4 décembre 2015
Homme...
Il y a cet espace entre toi et eux, ce temps infini
ce temps de la mémoire et du sang
Il y a ces routes passées, tes souvenirs qui arpentent les sables
Il y a ces vies que tu portes, enfouies au plus profond de tes détresses,
eux, toi, nous
Il y a ces immensités en bandoulières et les murs d'aujourd'hui
et les femmes, et les chants, et la langue, et les soleils
Il y a tant en toi, silhouette arc-boutée en ici,
tes yeux ouverts aux ailleurs
Il y a l'amour, le désir, les routes
Il y a toi, homme, nom, lignée, ancêtres,
tes questions, tes questions, tes questions
Oiseau de feu aux ailes brûlées par cet aujourd'hui
Il y a les nuages à poursuivre, là bas aux confins du Nord,
il y a des tombes et des noms murmurés
Qui es -tu homme-enfant?
Quand tu fermes les yeux que vois-tu?
Et je t'entends, j'entends tous ces chants d'avant,
je les entends, les reçois, voyageuse perdue
Dans la pénombre d'une vie citadine,
j'écoute tes mots raconter l'avant.
Dans les temps qui ne sont plus tu es,
silhouette passée d'une vie que tu n'as jamais tout à fait abandonnée
Tu marches, homme, tu marches
et je viens, en mémoire des autres, en mémoire de ce qui fut,
en mémoire de ceux dont nous portons le nom et les lignages,
en mémoire de nous
Tu, eux...
Mariem mint DERWICH
( Artiste : Ryan HEWETT)
mardi 10 novembre 2015
Recommence....
J'ai la houle en héritage
ressacs profonds, chants des sables,
coquillages qui disent, à l'oreille sertis
J'ai les vents qui grondent, colliers dans mes cheveux,
J'ai le livre des mémoires, noms, obscurité, temps anciens,
écritures en larmes, poésies des femmes,
un mot, le mot unique, celui qui chuchote
J'ai les pistes et les arbres, j'ai mes pères, ma mère, lignées
J'ai les regards de la nuit, abandonnés aux étoiles, là-bas,
ici, ailleurs, pierres et flammes, naissances,
sépultures des petits matins, quand l'absence devient présence solitaire
Je suis morte des milliers de fois, dans l'heure violette de la solitude,
face à mes histoires, mains vides et peur au ventre accrochée
j'ai les campements des crépuscules, bracelets de cheville,
la ligne aiguë des minarets dans l'incandescence des jours de feux,
silhouettes brumeuses des hommes qui marchent
J'ai mes corps en dessins de lune sur l'arrondi des dunes
Fille des quatre points cardinaux, fille des tentes, femme sans lait,
mes doigts sur la courbe d'une épaule, lenteur d'une minute d'amour,
libre, libre, libre à en déchirer le coeur
Je suis née des milliers de fois, dans la folie des mers qui partent et reviennent
J'ai l'amour en espérance, touche moi, prends moi, rêve nous,
amant de l'aube, lumière blanche de la musique, encore, encore,
écris sur ma main les petits rires de ceux qui ne vivent que dans la chaleur de l'obscurité
J'ai marché , marché, mes chemins d'envies, mes chemins de douleur,
corps en danse perpétuelle, eux assis aux bords des routes,
oh leurs voix
Dans l'implosion, dans mon néant, dans ces histoires qui sont miennes,
j'ai posé ma bouche à la source
Et j'ai murmuré : " recommence....."
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Mohy Elrayes )
lundi 9 novembre 2015
Langueur..
dessiner aux murs du ciel
Dans la paix première, celle d'avant les lames de fonds, les grandes tempêtes,
vagues mousseuses, venues de derrière l'horizon,
revenir, respirer, reprendre ce lent battement du coeur
Il y a les vents ocres qui dessinent les sangs
Je pose mes doigts sur la voix qui murmure,
celle qui me dit.
Je l'enferme dans ma paume
Je souffle dessus
J'y grave les notes endormies du frisson sur la peau
Dans ma maison aux murs de papier
j'ai ouvert la porte et le vent, le vent qui vient de l'autre côté des mondes,
le vent me raconte les histoires des enfants heureux
et rend à la langue ce que la bouche a oublié
Absolu
Dans cette minute suspendue allongée au creux de mon cou
je pose ma mémoire et ton rire
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gerhard RICHTER)
(Artiste : Gerhard RICHTER)
mercredi 2 septembre 2015
Chanson du temps...
J'ai besoin de temps, de tous les temps du monde,
besoin des temps en musique, des temps de ciel,
J'ai besoin du temps passé à rêver
et du temps à chanter
Dans ces temps je mettrais l'enfant et la femme
j'inventerais mes lendemains, mes possibles
j'ai besoin du temps des sables, bâtir des dunes,
les défaire, les refaire,
laisser les grains du temps entre mes doigts s'écouler
J'ai besoin du temps afin de vivre, corps enraciné,
mémoires en exil,
battre les nuages pour que tombent les larmes des absents
Temps infinis, temps d'ici, temps de là bas,
temps inscrits aux murs des temples,
temps parchemins, temps des mots et des naissances
J'ai besoin des temps de la nuit, ceux qui font les âmes,
temps des prières, des chapelets, des murmures,
temps de l'oubli
Temps de tempêtes, de navires, de sirènes,
au bout des vagues entendre les temps des pirates
Temps mis bout à bout, silhouettes des histoires à venir,
temps de la plénitude et temps des malheurs
temps arc en ciel, temps du Fleuve, temps du campement
J'ai besoin du temps des griots, poèmes de l'avant,
besoin du temps forgeron, celui qui forge ma chanson,
notes et cordes, temps anciens
De tous ces temps qui vont et viennent, dans l'absolu
du temps attrapé, je ferais un oiseau de palme,
oiseau de lait, oiseau mon frère, oiseau de feu
J'ai besoin du temps des désirs
Au bout de la piste, j'inscrirais ces temps de conteuse
aux murailles des grottes
aux oasis des hommes
j'ai besoin des temps gomme arabique et caravanes
temps du thé et temps de l'amant
temps de l'encens, temps Gaf
J'ai besoin des temps de vents,
temps de la voix et temps des étoiles
temps de l'Alif et temps du calame
Temps des cimetières, temps des départs,
pierres, lézards, pleurs
m'entends tu?
J'ai faim des temps miens...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Patrick SINGH)
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