vendredi 6 janvier 2017

Parce que tout est musique, tout. Les mots sont musiques, les sentiments sont musique, le monde est musique...Juste entendre... N'être que cet atome qui tourne et tourne, univers, infini...
Il faut de la douceur et de la musique à ce qui respire.
De mon bout de monde à son bout de monde dessiner les musiques de l'âme, les musiques du coeur, les musiques de la peau.... Comme des doigts qui se tiennent, des regards qui se disent, des bouches qui posent sur l'autre les intimes....
Plénitude....


jeudi 5 janvier 2017

C'est la nuit que se racontent les histoires...Et c'est à la nuit que je rends mes mots du manque. Et une musique pour murmurer là bas, mon bout du monde.
Il faut à l'amour des désespoirs...
Rûmi qui tourne, tourne sa danse des atomes.

Ma lettre infinie, encore et toujours....

Continuer cette discussion infinie, cette discussion qui n'est que silences, car mes mots sont silences. Et dans ces silences ils disent l'essentiel. Il faut des silences à la parole. Mon écriture à toi, de toi, de nous, est ce silence. Celui qui permet tout, celui qui raconte tout à celui qui sait écouter.
Mon journal d'un bord de moi, pour raconter cet espace, ce manque. Dire aussi qu'aujourd'hui n'a pas été bon pour moi. Que tu n'y es pour rien. Toi, au contraire, quand tout va mal, je te rappelle. Tu me donnes la possibilité de fuir en moi, loin, loin là bas, et de me poser dans un souvenir, un parmi tant d'autres. C'est ce souvenir qui permet aux mauvaises choses de glisser un peu sur moi.
Ce soir je suis là bas, en face de toi, dans un moment parfait. Et je te regarde. Je te mange des yeux. J'arrête le temps, quand tu as posé tes lèvres sur mes doigts, quand tu as allongé ton corps sur un fauteuil, quand tu as allumé ma cigarette. De ce temps qui est en moi je fais ma respiration.
Tu te souviens de cette soirée parfaite, hors de tout? Quand tu as voulu nous offrir ce moment de paix, ce moment où nous serions nous, sans sexe, sans désir autre que cette plénitude à être avec l'autre, dans les petits gestes, les histoires racontées.
Ce pas de deux dans une pénombre douce.... Et ton regard, et ta voix, et tous ces toi redevenus un.
Comme un vieux couple. Comme un jeune couple. Comme une voix douce. Fluidité...
Des paroles, des silences doux comme une musique, des gestes, des respirations, des petits rires. Le corps et l'esprit qui se déconnectent de dehors et qui font de tout notre monde d'un instant.
Ce pouvoir que tu as de refaire monter à la surface la femme que je suis, réellement.
Et cette puissance de ce sentiment qui m'habite quand tu n'es que toi, simplement toi, tendre, mélancolique, rêveur, lissé, comme retrouvé.
Pour aimer il faut aussi l'éloignement. Il rend l'autre encore plus présent.
Alors, des jours comme celui ci, je repars en ta voix, en toi, en ta bouche sur la mienne, en tes bras qui me tiennent et qui disent au monde extérieur de nous laisser en paix, en cette dernière soirée.
Tu me manques. Et tu ne me manques pas. Tout se construit. Tout est... Même la tristesse fait partie de l'amour. Même la peine.
J'ai pris de toi ce que tu es. Tu me l'as offert. Je me suis offerte aussi. Que peut le temps ou l'éloignement face à ce cadeau?
Je suis heureuse quand je suis dans nous, car je suis peut-être la seule personne à t'avoir toi, toi, depuis des années.
J'ai cette chance magnifique d'avoir reçu un homme magnifique, un homme dont je suis fière, un homme que j'admire, un homme que j'aime.
Je t'entends rire en lisant ceci et tu vas me répondre que mes mots ne sont pas objectifs.
Pourtant ils le sont. Non pas parce que je t'aime. Mais parce que l'homme que tu es m'as touchée quand nous nous sommes vus pour la première fois seuls, dans le jardin, quand tu étais venu avec ta peine, avec ce nœud que tu avais en toi, quand tu avais les larmes aux yeux.
C'est à ce moment là que quelque chose a commencé à céder en moi.
Parce que tu es un homme bien, quelqu'un de profondément bien et bon, de profondément doux, de profondément ancré en l'amour. Tu n'as pas tout tué en toi.
Tu ne te vois plus. Alors laisse moi te regarder pour toi. Laisse moi te dire combien tu es précieux. Combien ce mélange de toi, douceur et violences, est beau. Combien il te raconte.
Laisse moi te regarder pour que tu te souviennes de l'homme que tu es... et beau, si beau...
Je te parle, parle, parle, et je te raconte que mon désir pour toi est permanent, intact.
Que cela m'est étrange. Que cela m'est merveilles.
Merci d'être. Aujourd'hui tu m'as aidée à tenir. Tu m'as aidée.
Tu vois?
Et si tu sais m'attendre, je reviendrai vers toi. Et tu auras ce regard immense, affamé, de l'homme que j'aime...
Moi je t'attends. Et Rûmi pour adoucir le temps....
Je t'aime.

MMD



Inquiétudes....

mardi 3 janvier 2017

Ma lettre infinie, toujours.....

Et ma lettre infinie qui continue, qui se déroule, te déroule, nous déroule... Ta douce qui s'est faite fleur de nuit, qui n'est plus que ce langage de ta peau, cette langue jolie, cette langue frissons, cette langue neuve, toujours neuve...
L'impatience au bout des doigts; le temps qui s'allonge instant, un seul, unique, celui que nous étirons, béatitudes.
Ta sensitive s'est faite statue. Elle s'est arrêtée de respirer en tes doigts posés sur son épaule. Et elle a fermé les yeux, fort, fort, comme une enfant heureuse, pour les rouvrir sur la mer, une crique, un phare lointain. Elle a ouvert la bouche. En ses mains elle a enfermé ton visage et elle t'a dit " viens...".
Il m'aura fallu cet homme endormi en moi, pour entendre que mes mots n'étaient qu'écriture de lui.
Étrange écriture que celle d'une amoureuse. Elle se fait sensuelle. Elle pose les mots des corps, les mots du sexe, les mots d'amour.
Et la peau comme un parchemin. Et les doigts pour lire, aveugles, ce qui ploie dans une chambre...
Je l'allonge à ma vie, le chatouille mien, le rend au mouvement et à l'immobilité... Le ramène à la simplicité des mots, mes mots, ceux de mon bout de mon monde, ceux de ma bouteille à la mer.
Derrière mes yeux il est un homme qui me murmure son désir, son amour. Je le garde, là, en ce regard par delà mes paupières, dans ce lieu qui est nous.
Je lui écrit  que sa douce n'est plus que ce frisson, ces notes, ce piano sur lequel il a posé ses mains, qu'elle vibre, qu'elle est libre, libre...
Ma lettre infinie pour le raconter, lui, mon homme. Rouler sur ma langue ce "Mon homme", en sentir chaque sonorité, chaque souffle.
Au bout de mes mots attraper son regard et sa voix.
En cet instant qui s'étire, s'étire, un homme magique pose son corps sur le mien....
J'écris, j'écris, parce qu'il faut tous ces mots pour effacer les lointains, parce qu'aux murmures de cet homme mien je dépose mes mots, ma langue.
A mon bel amour, mon bel amour, mon désiré, mon aimé, mien, mon charnel, mon sensuel, mon frisson,  j'écris que je suis née en ses mains.
J'invente des mots, je t'aime en nuages, je t'aime en vents, je t'aime en toi en moi, je t'aime en bouche, je t'aime en couleurs, je t'aime en coeur, je t'aime en envies, je t'aime en fleurs.
Je t'amour.....

MMD


Ne lâche pas mes doigts....













Ne lâche pas mes doigts, garde les, enrobe les, caresse les
Ils te diront les mots de mes nuits
Mes yeux fermés au silence
Ouverts à toi
Ils te raconteront les effleurements,
Ta voix sur ma peau, les bras qui frémissent
Ne lâche pas mes doigts, plie les, colore les
Ils auront les rires du désir
Ils te liront les fleurs de l'envie,
Au bout de ton corps, ils te redessineront

Ne lâche pas mes doigts, effleure les, empoigne les,
A ton oreille ils mettront la musique
Ma bouche dans ta paume
Ma bouche sur ton épaule
Ma bouche et sa marque

Ne lâche pas mes doigts, paume à paume,
Lèche les, fais en des papillons,
Rends les à l'eau, à ta salive,
Rends les à mon corps
Ne lâche pas mes doigts

De tes doigts à mes doigts, des amours à faire

Et toi en moi

J'ai tes doigts à mes doigts renversés
Je les danse à mon cou
Je les tournoie à mes  hanches
les endors à mon ventre

Et sur le bout de tes doigts devenus mes doigts
j'inspire.....


Mariem mint DERWICH

(Artiste, Ismail Rifai)

dimanche 1 janvier 2017

Ma lettre infinie....

Un jour je te dirai que je t'écris depuis tant d'années, tant de siècles, tant de présents, tant de futurs. Que tu as  été dans mon écriture quand tout allait de travers. Que tu as  été cet homme inconnu mais qui m'accompagnait, qui m'aidait à tenir.
Je te  dirai que je n'ai pas plié, jamais. Que je fus parfois brisée physiquement, implosée moralement . Que j'ai pleuré, pleuré, que j'ai soigné les bleus et les os cassés, que j'ai ravalé ma colère, que j'ai serré les dents et que j'ai fermé mon poing - tenir, tenir- par delà la peur, par delà la nausée permanente... Que je parlais à cette silhouette que tu étais, cette présence fantôme qu'une petite fille en mal d'être femme tissait patiemment, s'inventait pour respirer. Que j'ai eu peur, tellement peur. Que j'ai appelé au secours parfois. Que j'ai eu mal, mal à en crever. Je te dirai la lassitude et les cachets que l'on avale, le grand trou noir, la fin si douce. Je te dirai les médecins qui vous obligent à vivre, qui vous obligent à regarder, à vous souvenir que vous avez des enfants, des enfants petits, je te dirai cet homme dont je ne me rappelle que le regard bleu, une sirène en bruit de fond, accroché à mon regard et qui disait " Regardez moi, ouvrez les yeux, ne quittez pas mon regard, je suis là, regardez moi, regardez moi", cette sensation d'être secouée, tout ce bruit, la douleur sur ma peau et moi qui parlais dans ma tête " laissez moi tranquille, je suis bien" , moi dont le regard, paradoxalement, ne quittait pas ces yeux bleus d'un pompier anonyme...
Je te dirai que je suis allée au delà de la falaise, loin, si loin. Et que je suis revenue, fille de rien, femme à personne, étrangère à moi-même.
Je te dirai pourquoi je suis restée, spirale de peurs... Parce qu'il faut expliquer.
Et je continue à te parler. Tu es arrivé. Tu as mis le temps pour arriver. Tout ce temps de solitudes.
Fille de rien, femme à personne...Femme ne possédant que ce poing serré, fermé, douloureux.
Puis tu es venu et tu m'as dis " Tu m'as moi".
Dans la pénombre d'un instant parfait, fragile, tu as ouvert tes bras et j'ai laissé s'ouvrir ma peau et la carapace.
Je te dirai, dans une autre pénombre, dans un autre instant parfait et fragile, que tu m'as fait renaître neuve.
Et dans cette autre pénombre, dans cette autre fragilité, à ton corps allongée, je t'écouterai. Je prendrai cet homme immense que tu es, tes doutes, tes batailles, tes guerres de tranchées, tous ces toi qui te font, que tu lies désespérément, pour que ta vie, ton édifice ne s'écroulent pas, hanté par une vie antérieure et une autre bataille.
Je te dirai que j'ai pris tes cicatrices, tous tes silences qui te sont respirations et paix. Que je t'aime pour tes marques, tes peurs, tes intensités, tes murmures, tes silences, les musiques que tu accroches à mes oreilles, tes histoires d'ailleurs, tes yeux, ta bouche, ton goût, tes pensées. Mon homme posé entre mes mains et qui frémit sous mes lèvres.
Je t'écrirai par-delà tout.
Je te dirai encore et encore cet espace terrible entre nous, les manques de mon corps, mes yeux qui deviennent aveugles, ce sentiment amoureux profond, venu si vite et, pourtant, si complet.
Je te dirai les mots de l'amour, les mots du désir, les mots venus des profondeurs, ceux qui sont couleurs. Je te dirai mes ici, ta voix qui fait de moi une corde tendue, un corps frissons.
Je te dirai ce coup dans mon ventre quand je te vois, cette onde qui m'envahit.
Je te dirai que tu m'es tableau.
Je continuerai à t'écrire pour te parler, pour que tu m'entendes, pour que je t'entende, souffle après souffle, présence permanente.
Je t'écrirai pour te dire, te dire, te dire que mon corps est resté sous le tien, sous tes mains, dans ton odeur, sous ta bouche, ouvert à toi. Qu'il n'est plus que cet animal fait eaux et vagues, houle... Qu'à la mer je suis retournée. Je te dirai les mots de l'envie, les mots du sexe, les mots de l'amour...
Ce sera ma lettre infinie, mon émerveillement, ma fulgurance...
Je t'écrirai pour te murmurer, à mon tour, " Tu m'as moi".
Tu m'as dessinée papillon...

MMD

(Artiste Carol Carter)

samedi 31 décembre 2016

Terre de couleurs....













Il a fait de mon corps une note,
un parfum, un chemin,
une terre des couleurs

Il a fait de ma parole une musique
a posé des silences dans mon sang
une main ouverte, une main ouverte

Il a dessiné sur ma peau les vents
ceux d'ici, ceux de là bas
ils ont tressé mes cheveux

Il a posé une île sur ma bouche
j'y dors et je le rêve
et la mer pour m'enfuir

Il me tient entre ses doigts,
je danse sa peau
mes lèvres dans sa paume

J'ai arpenté les horizons
il dormait au bord du monde
les yeux fermés
je lui ai dis, viens, il est des amours à faire,
des mondes à partager,
des mers à découvrir
je lui ai dis, homme mien, homme que je porte,
je mets tes silences en colliers,
en bracelets,
Je lui dis, jusqu'à la fin de la parole

Il habite mon ventre et mes sommeils
J'allonge ma bouche à sa bouche
je tatoue sa langue
j'ouvre mes bras, infini, éternité,
pour qu'il fasse de moi une note, une seule note,
un parfum, un chemin,
une terre des couleurs

une terre des couleurs....

Et je lui dis, homme mien, homme mien, homme mien
perle, bras serrés, eaux, vague
homme mien ,homme mien, homme du bout du monde

Une terre de couleurs....

Mariem mint DERWICH

(Artiste,Marie-Paule Deville - Chabrolle)











Pour lui qui m'habite et que j'habite...

vendredi 30 décembre 2016

Lettre à la mer, lettre d'un bout du monde à un bord de soi.....

Lettre d'un bout du monde, ma bouteille à la mer, mes mots devenus vents et toujours plus haut, toujours plus loin les lancer.
Il faut aux vies des bouts de monde, des bouts de soi, des bords de nous, là où tout est espace. Et marcher de bords de soi en bords de soi, de bords de moi en bords de lui.
S'asseoir, respirer, poser le regard au plus profond, ouvrir, ouvrir...
Tournoyer, tournoyer, n'être que cet atome aux bras ouverts, au visage lancé au ciel... D'un atome à un atome, écrire le monde, tourner les désirs, les manques.
Et l'atome tourne. Il est fulgurance. Il est lumière. Il a pris le chemin d'un autre bord de soi, frontière effacée, celle qui sent le vent, la mer, la terre, l'infini inscrit en mon regard, cet infini face à ce qui danse.
Dans ma bouteille que je jette le plus loin possible, tournée vers l'horizon, par delà les terres, les rivières, les mers, les criques, les villes, les phares, loin si loin, j'ai enfermé un oiseau, pour dire à l'autre bout du monde qu'au bord de moi il est, que je m'endors dans son sourire.
C'est ma lettre de naufragée, ma lettre des dunes, des soleils, des mains sur mon ventre.
Ma lettre du bout du monde. Je souffle doucement sur ma lettre pour que les mots renaissent odeurs, touchers, sa peau..
Il entendra peut être mon bord de lui, mon bord de moi, mon bout du monde...
Et l'oiseau pour murmurer qu'au fond de ma bouteille j'ai enfermé mes seins, ma bouche, les musiques, celle qui tournoie et celle qui tape contre mes sables, ce bord de moi qui m'est lointains et présents, mes entre secondes...
Dans ma lettre d'ici je lui dis que je redeviens libre, en cavale de moi, qu'un bout du monde s'est fait bord de moi, qu'une petite fille s'endort enfin. Elle a accompagné une femme pendant toute une vie. Elle s'efface et se rend à la mémoire. Elle dit à cette femme "Aime, sois aimée. Tu n'as plus besoin de moi, plus de peurs, plus de douleurs. Mets toi dans la bouteille et va..."
Dans mon bout du monde que je lance vers mon bord de moi je parle ma langue familière, celle d'une voix qui murmure et qui m'a offert des silences comme des aubes, des crépuscules, des nuits qui nous regardent partir. A ce bout de moi, bout de terre, bords des mondes, je n'ai à offrir que cette langue des intimes. La seule que je connaisse. Je l'ai mise dans ma bouteille, avec l'oiseau, avec le chant, avec une musique, avec le désir...
Je lance mon bord de moi au bout d'un monde... Un bord de moi est devenu regard.
Ma lettre d'un bout de monde à un bord de soi ....

MMD




A quoi tient la vie d'un blog parfois? A des souvenirs remontés à la mémoire, à ces ailleurs qui ne sont jamais très loin...
Rockall, Fastnet, Iroise, Hébrides, Dogger, Antifer, Shannon, Forth, Fisher, Viking...Les noms d'ailleurs, noms de la mer, qui m'ont fait rêver pendant des années, moi la saharienne, fille des sables et de l'Atlantique,  fille de Nouakchott et qui écoutais, éblouie par la poésie des mots, la poésie de ces lointains, la météo marine, tous les soirs, chavirée par ces noms des larges, ces noms d'eau, engloutie que j'étais dans mon Paris d'étudiante....
et je m'inventais des histoires de Terre Neuvas, de marins, de tempêtes, de vents, de vagues...
Étranges que ces amours lointaines, amours de la mer, pour la mer, étranges....
Le monde est poésies....

MMD

Mots chuchotés...










Un lieu fixe, une porte, une table, des chaises, un rire
                    - j'aimerais -
Un endroit de miel et de sable, ma mère, la paix
                    - j'aimerais -

Dans tous les lieux mobiles, ceux qui jalonnent la route,
un lit, un amour, une chanson
                    - toi -

Ouvrir la porte, odeurs, cuisine, les pas qui dansent,


S'éveiller dans les mots chuchotés
                    - ma bouche contre ta peau -

Etre ancre, amarres, un lieu
                    - racines -

Regarder loin, la ligne du ciel, la brume,
effleurer du bout du souffle
les histoires qui viennent
                    - n'être -

Etrangère devenue  fille de...

Un lieu musique, qui dit les gestes du plaisir,
où déposer ses mémoires
la poussière des chemins
                    - moi -

Derrière la porte s'inventent les mondes

Mots de demain, fumée des yeux, eaux
                    - j'aimerais -

Et dans l'absolu de la seconde qui vient
inventer  les chemins des dunes
là bas, là bas, ici et par là,

Dans ta paume murmurer "Naître"....

Mariem mint DERWICH

( Artiste : Mona Mac Dee)




jeudi 29 décembre 2016

ELUARD :
"...je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent..."

(Extrait de "Capitale de la douleur")

mercredi 28 décembre 2016

Journal d'un bord de soi (à lui...)..... suite

On dit de l'amour qu'il se construit, qu'il se tisse. Non. Moi je crois à l'amour percussion, celui qui te rentre dedans, celui qui t'est souffle manqué. Il faut s'empoigner pour s'aimer. Un instant avant nous sommes seuls. L'instant d'après nous sommes deux.
Quand est-ce que j'ai aimé cet homme, que je suis tombée en lui, qu'il m'a bousculée, renversée?
Ce moment où tout bascule, où tout devient évidence, clarté absolue?
Une hypersensibilité à l'autre...
Il m'a percutée, a ravagé mon souffle, a arrêté mon coeur. Depuis je n'entends plus que ces battements irréguliers.
Je suis tombée dans ses yeux et sous sa bouche. Tout simplement. Quand nous nous sommes embrassés pour la première fois une digue a lâché. Pendant que nous nous apprenions,  le goût de l'autre, sa salive, la douceur de sa langue, ce souffle qui se fait hésitant et un peu plus rauque, la gestuelle érotique de deux corps qui se cherchent, dans un coin de cette terre vierge qu'avait fait naître le big bang je réalisais cette chose, ce sentiment puissant du " Tu es mon autre; je te reconnais comme tel, je te prends comme tel".
Voilà ce que fut ma rencontre avec lui : une tempête et, en même temps, un calme profond.
Et la première fois après l'amour, après la faim, après le plaisir, la première fois où il m'a offert son grand corps, étendu là, à ma lisière, à mes mains émerveillées par cette immensité faite homme, ses fragilités avouées, ses douceurs, la ligne du torse, la respiration qui murmure, j'ai commencé à tisser ces liens de lui.
L'impatience du corps, le frisson, ce vide qui aspire en moi, les papillons dans mon ventre...
Son regard qui me fixe, par delà la musique, ce regard particulier qu'il a, cette couleur des yeux qui m'est étrange et qui me raconte ce qu'il ne dit pas avec les mots mais dont son corps se fait portée de notes.
Il m'est homme regard, homme qui murmure, homme qui s'abandonne, qui ose petit à petit, comme un enfant qui ébaucherait le grand saut et qui, doucement, s'ouvre à la vague.
Depuis quand une femme ne s'est elle pas abandonnée dans ses bras, pleinement? Depuis quand n'a t'il pas été aimé mon homme audaces et retraits, mon homme détresses?
Je le regarde, je le regarde, cet homme mien, devenu mien, cet homme qui s'est perdu à lui-même et qui a la mer comme rêves, l'Océan pour respirer.
Il m'a fait don de lui. Je l'ai pris, j'ai ouvert ma bouche et mon âme et je suis partie prendre la main de cet homme perdu.
L'amour brûle dans les doigts qui s'accrochent, dans le goût ocre d'un corps qui s'ouvre, dans la parole chuchotée dans une pénombre, dans des regards qui se mangent de loin, dans un moment simple où un homme et une femme sont juste face à face, banalités d'une cigarette échangée, sensualité d'un geste esquissé, le désir et la parole...dans ce doigt posé sur les lèvres qui dit qu'il faut laisser les silences mettre des couleurs et des profondeurs à ce qui ne se dit pas mais qui s'entend, comme une musique perpétuelle, un pas de deux où l'autre est cette plage où l'on s'endort.
Il m'est cet esprit qui répond à mon esprit. Cette facilité, cette fluidité de la rencontre.
Je le regarde cet homme mien qui se redécouvre lui en mon ventre, en ma peau, en mes mots de lui, en ma bouche.
Je le ramène à ce qu'il est, cet oiseau, cet homme beau, cet homme centre, cet homme mal aimé, cet homme paumé. Je le lui dis.
Je lui raconte que ses doigts sur mon épaule font mon monde, que je tangue sous ses yeux, que sa voix me chavire, que sa bouche m'est voyages, qu'il m'est poésies et ciel et nuages et désir.
Qu'il m'est air et respiration, coeur et corps. Qu'il m'éblouit et me rend à moi-même...
Que quand il referme ses bras sur moi, je retrouve le pays perdu. Que ce pays c'est lui.
Il m'est langue étrangère et familière. Ma langue...


MMD









Jeux...










Il y a ,comme ça, comme rien, les doigts qui courent en frissons
les doigts en soupirs, encre de Chine et petits rires

Il y a, comme emmêlés, les doigts qui dessinent en fusains
les doigts en eaux profondes, méli mélo et chatouillis

Il y a, comme endormis, coquins, les doigts qui chantonnent en sourdine
les doigts en ambres modelés, friselis de la peau

il y a, comme taquinés, les doigts en murmures odorants
les doigts en ailes envolés, frôlés le long des hanches

Il y a mes doigts en écriture sur ta bouche, comme ça , comme rien,
en baisers saupoudrés, en ton cou déposés

Il y a mes doigts, en houles sensuelles, comme ça, comme tout,

et sur ta langue j'écris....

Mariem mint DERWICH

(Artiste : Lucie Geoffroy)


Puisqu'il faut une musique à la rondeur, à la plénitude, à la paix, à l'amour....


mardi 27 décembre 2016

Corps à coeurs...











Il est un homme qui m'attend
un homme que j'attends
un homme qui dort dans mon cou

Il a fait de mon corps une musique
a bu à ma bouche
s'est fait manteau

Il a dessiné un chemin mouillé,
de mes cuisses il a ouvert un horizon
s'est allongé entre mes seins
Je le connais cet homme en mon cou amoureux

Il a l'odeur des ailleurs
je le chante en alphabets des corps
en soupirs, en larmes
j'ai fait de sa peau une poterie
que je recrée à chaque fois qu'il me touche

Il m'a sur ses doigts, odeur mouillée, odeur de pluie
il me regarde 
je lui raconte mon ventre envolé monde
il cueille au bout de sa langue
les frissons et les soupirs de l'amante

A mon corps offert
il rend son corps douceur
Il suit le chemin du visage
Abandon
Plaisir

Il est un homme qui m'espère
un homme qui fait de mes nuits
un chant amoureux

Je lui dis, doigt après doigt,
senteurs après senteurs,
voici mon corps à ton corps donné
touche moi
bois moi
inspire moi
donne moi 
prends moi

Je lui dis à cet homme devenu ma mémoire,
allonge toi sous mes paupières
laisse mes mains raconter
écoute le murmure de mes lèvres
ferme les yeux dans mon odeur
ouvre toi
donne moi ta langue pour que ma langue t'aime
fais de ton ventre une barque
deviens celui que je fais danser
et mon désir comme un feu

Il a brûlé ma peau
J'ai scellé ses yeux 

Il est un homme qui m'attend
un homme que j'attends
Il me tournoie
me chavire
il fait de moi un arc, une fleur

Ouvrir les yeux dans le plaisir de lui
Ployer
ployer

Naître femme...

Mariem mint DERWICH

(Artiste Gustav Vigeland)











lundi 26 décembre 2016

Journal d'un bord de soi

Écrire, ne pas écrire. Dire, ne pas dire. Parler, ne pas parler. Respirer, ne pas respirer. Étrangetés que ces vies plurielles, ces bords de moi, impermanents, allers retours...
Juste le tangible, le palpable, cette écriture non écriture, qui m'est langue intime, alphabet des profondeurs.
Je m'écris, je me parle. Du plus loin que je me souvienne je me parle, face à face pétrifié entre cette femme multiple des autres et cette femme une, celle que personne ne voit jamais.
Un mur que je remonte après chaque tempête, pierre après pierre. La ténacité absurde de la fourmi quand, en moi, je vole, je suis immense.
Absurdes.
C'est ma zone de confort vital quand tout va mal, quand je suis roulée en boule, pleine de larmes, quand les bleus se voient.
Respirer quand on se noie.
J'ai posé dans mes vies mon écriture langue et la musique. La musique pour raconter, raconter à en perdre tous mes mots que mon chemin de croix est ma solitude, la seule lumière qui soit, arc boutée sur le fait d'avancer un pied après l'autre...
Se lever, s'obliger à se lever...une de mes vies m'attend. Elle est emploi du temps et ennui mortel. Elle est mauvais silences, emmurement, violences, dents serrées - " ne pleure pas, ne pleure pas"-, la rigidité du dos, la nuque tendue comme un cristal, la boule au ventre. Fermer les yeux et m'enfuir dans mon journal d'un bord de moi, celui où, enfin, je m'étale, gosse heureuse.
L'apprentissage de la douleur permanente, de la colère retenue au bord des lèvres, de ce poing dressé et fermé, celui que j'habille de rires et de théâtres, en représentation pour un public qui ne comprend pas. Que pourrait il comprendre à cela? Il n'y a rien à comprendre. Juste à regarder.
Et il y a cet homme aux yeux tristes, à qui je parle dans ma vie où je suis oiseau. Cet homme aux silences qui répondent à mes silences. Mon autre encagé, mon autre multiple, mon intersection. Il s'entend si peu que je n'entends que lui. Et à l'entendre lui je laisse mon poing se desserrer... Il me fait du bien cet homme qui m'est journal d'un bord de moi. En l'apprenant je me désapprends de tant de prisons. Il est venu en moi, il a entendu les rires et les larmes. Il a attrapé l'oiseau.
Il m'est étrange et, pourtant, si familier, comme une âme qui m'aurait accompagnée au long de mes siècles de survie. Je le reconnais en moi comme je me reconnais en lui. Semblables et si différents.
Banalités de nos vies menées chichement. La lâcheté de ceux qui ont peur. La peur de ceux qui tremblent en permanence. La peur de ceux qui sont seuls et fragiles. Se nier, s'effacer, encore et toujours, plier, porter le masque, se faire emplois du temps de l'absurde.
Que font deux solitudes et deux détresses quand elles se percutent? Elles s'aiment. Elles s'offrent. Elles s'abandonnent enfin. Elles ouvrent les bras et apprivoisent la respiration soudain faite paix et plénitude. Elles se font l'amour. Elles ouvrent leurs mains, les posent paume contre paume et le poing qui ne se referme pas.
Je l'ai reconnu mon homme des merveilles, lui à qui je parle depuis si longtemps, silhouette fragile en lisière de mes ailleurs.
M'a t'il reconnue moi? Je ne sais pas.
Et je m'en fiche. Il a fait de moi une femme, infinie, lisse. Une femme aimée. Je ne cherche pas à penser plus loin. Demain est une autre vie. Seul ce présent de plénitude importe.
Nous raccrocher aux petits gestes enfantins que s'échangent deux personnes qui s'aiment dans le moment : lui offrir RUMI, mon poème respiration, et lui m'offrir sa chanson de sa "fin de terre", là où la mer commence et ne finit pas...La rencontre entre un poète persan, mystique, qui tournoie pour l'éternité et les mots de la mer, les mots des tempêtes, les mots marins...
C'est nous et plus que nous. Ce sont nos bouches qui se cherchent. C'est cet homme devenu mien que j'inspire et qui m'expire.
Et faire de notre histoire amoureuse une musique qui brouille le regard, le remplit de larmes...
J'ai laissé ma paume à sa paume, émerveillée par cet homme mien qui ne moque pas mes fragilités. J'ai sa paume pour l'éternité contre ma paume. Je le brode dans le manque. je le brode dans sa présence permanente. Je le brode à mon oreille et au bout de mes doigts. Je lui rends la musique, celle qu'il a fait naître en moi, quand il m'a faite femme, quand il m'a invitée dans ses intimes, quand il m'a rendue à moi même, son corps comme une évidence...
Il est mon premier homme. Mon premier.
Ne rien regretter, jamais, surtout pas. Ne pas regretter la faiblesse qui nous a posé sous le regard de l'autre. Se souvenir de ces yeux qui regardent l'autre, enfin. Se souvenir et aimer ces instants magiques où nous nous sommes cherchés dans la pénombre, après tant de murmures qui nous racontaient. Quand nos mains se tournaient autour, quand nous nous sommes reconnus en l'autre.
Se souvenir de cet homme qui souffrait, qui portait tant de détresse en lui, de cet homme qui m'a murmurée, là bas, " enfin, tu me regardes en face"... Sans savoir que je le regardais, affamée, de ce regard que l'on nous apprend à nous femmes, regard de la pudeur qui voit sans regarder...
Que j'ai regardé chaque marque sur son visage, chaque expression, chaque glissement au long de ses murmures de lui.
Il m'a re dessinée lisse, non pas morceaux de moi. Il me rend belle. C'est immense. Il a la patience des gens bons et malheureux.
Je l'ai rendu heureux, moi la mal aimée, moi la mal aimante. Moi la disgracieuse...
Je l'aime mon homme d'ailleurs. Cela me suffit. Cela m'est.

MMD






dimanche 25 décembre 2016

la lettre...










Je te parle,  je parle à en oublier les mots

Une petite fille tournoie
Une main au ciel, une main vers la terre
Elle dit les choses que l'on ne dit jamais
Elle tournoie et regarde la femme devenue voile,
ce vent qui passe doucement sur ta mémoire,
cette pause dans le souffle,
une éternité qui se rêve amante

Je te parle et la petite fille danse

Elle tournoie
Elle ploie sa chevelure et boit le ciel

Je te parle
la petite fille devenue femme entre tes mains
a fait de sa peau une nuit et un jour
un soleil, une étoile
un alphabet
elle te parle

Je te parle et la petite fille danse

Je te parle, t'invente des rivières
toutes les eaux, les pluies, les vents,
Je te raconte l'homme en moi porté
allongé
ses doigts sur mon épaule
ses yeux qui chuchotent les peines
Il est là cet homme
Je lui parle, parle, au long de mes temps
au long de mes hanches
au long de ma bouche
Il a les cils immenses
Il a dessiné sa voix sur mes paupières

Je te parle et la femme danse

Je te parle, te fais naître homme en moi
mon homme en mémoire de nous
mon homme en couleurs émotions
mon homme en perles
mon homme doré

je te parle, mon homme des merveilles
Tu m'es écritures

Mariem mint DERWICH

(Artiste Claire Villeret)



samedi 24 décembre 2016

Petits mots pour murmurer....










Il me sera toujours une île lointaine,
un désert, un fleuve, une mer, un ciel,
une maison face aux nuages
tant de mondes à arpenter
Un homme à aimer
Une musique qui dit que nous sommes
tant de terres à gravir
d'étoiles à danser
Un homme à aimer

J'emprisonne les mots dans mes cheveux
les rends au sel, à la vague, à l'eau
Un homme à aimer

J'écoute mes bras respirer
Chemins après chemins
Ouvrir le regard aux vents
Ecrire un livre aux pages blanches
A jamais neuve, à jamais renouvelée
Des silences comme une boréale
Un homme à aimer

Je le pose sur mon épaule
Collier balbutiant
Couleurs, perles, toucher
Un homme à aimer

J'ai laissé sur la table les mots
pour qu'il lise et ferme les yeux
ce qui vient de là bas, de la brume de ses yeux
Je lui dis que la terre naît de l'eau
qu'il faut une main accrochée à une main
qu'il est des gestes pour l'amour
et des gestes pour le sentir
Un homme à aimer

A son dos apposer mes mains
Il entend les profondeurs
je l'écoute respirer
Un homme à aimer

A mes fenêtres j'ai inscrit des lumières
Il viendra souffler sur mes poésies
longtemps, longtemps

J'ai dessiné aux murs les premières fois
tableaux d'une enfant
Deux atomes
A son oreille j'allonge les désirs
Deux atomes
Un homme à aimer

Dans ses bras devenus vallée et port et plaine et lit
une petite fille murmure cet homme à aimer
et s'éveille femme
Plénitude
Un homme à aimer

A ma bouche entrouverte je l'ai étendu
il dort sur ma langue
Un homme à aimer

Mariem mint DERWICH

(Artiste, Ivan Aivazovsky)







jeudi 22 décembre 2016

Je le danse...












Au bout de tes doigts je me suis allongée
là où tout vient, où tout  danse

Et Rumi pour dire cet instant devenu éternité

Homme murmures, homme mien,
tourner jusqu'au battement de coeur perdu
Le rattraper, l'expirer, atome

Et Rumi pour inscrire que seul l'amour est respiration

Endormie enfin dans la nuit
à ton cou repliée
mes yeux pour offrande
ta voix pour tisser les vies de nous

Et Rumi pour ceux qui dansent

Il est un homme des lointains
un homme des grands larges
en lui je me suis posée
je lui raconte les histoires
les histoires de la peau et les histoires parfums
Au bord de sa bouche j'ai déposé mes secrets
et la petite fille devenue femme en ses mains

Et Rumi pour le frisson et ce qui monte

En cet homme fragile, cet homme offert
me murmurer
Le murmurer
Naître à l'aurore
Il m'est cet homme venu de la mer
Absolu d'une île faite corps et âme

Rumi pour les silences, plénitude

Et je danse, je danse, je le danse
cet homme qui me brode vagues
Je le danse en mes mains
Je lui danse la femme en amour
l'homme endormi entre mes seins
le battement de coeur devenu musique
La douceur d'un jardin dans la pénombre
Sa bouche sur mes doigts
mon ventre devenu terre lointaine
Je le danse, je le danse, ciel, terre, mer, étoiles
Sable, chuchotis d'un monde qui s'éveille lumières,

Et Rumi pour fermer les yeux

Je me referme sur lui pour mieux m'envoler.

Mes doigts à tes doigts enchâssés
Immortelle
Dune
Vents
Houle

Il m'est un homme venu de derrière les nuages
En cet homme je déroule une histoire
ma mémoire qui renaît dans un Je t'aime
Il est un homme mien
Je lui dis, dans mes secondes faites voyages, danse, danse homme mien
Danse pour la femme qui aime
Danse pour elle qui te danse

Et Rumi pour ceux qui aiment

Mariem mint DERWICH

(Artiste Andrew Salgado)












lundi 19 décembre 2016

Nous vieillirons ensemble














Et quand j 'aurai épuisé toutes les larmes
Et tous les voyages
Tous les au revoir et tous mes souffles
Chaque chant de toi
Je te retrouverai

Là bas
Entre nous
Entre toi
Entre moi
Cet espace à notre mesure
Celui qui raconte que nous avons aimé
Que je me suis déposée en tes mains
Quand la musique naissait de tes doigts

Je te retrouverai
Nous vieillirons ensemble
Rien n'est jamais
Tout est
Y croire

Il nous reste tous les voyages du monde
Et tant d 'amour à faire
Tant de petites choses à inscrire en l 'autre
Et le désir comme horizons

Nous vieillirons ensemble
Moi sous tes yeux
Toi sous ma peau
Y croire

T 'aimer, aimer t 'aimer

Homme mien,
T 'aimer et t 'aimer

Nous vieillirons ensemble

Une femme pleure et s 'envole

Elle aime

Mariem mint DERWICH

( Artiste,  Joan Miro)



samedi 17 décembre 2016


Mains




















Il faudra des terres lointaines
Des chemins et des sables
Des maisons inhabitées
Tant de routes à entendre
Des crépuscules et des aubes
Des hommes à enfanter

Il faudra les prières des dormants
Les yeux de l ' âme
Tous les chagrins
Toutes les tristesses
Les amours heureux
Les amours éphémères
Ma main ouverte
Ma main fermée

Tant d 'horizons
Toujours plus loin
Là bas, dans les brumes de la mémoire

Ta main ouverte
Ta main fermée

Parcourir les intimes
Silences des grands fonds
Un mot comme seule épopée

Nos mains ouvertes
Nos mains fermées

Tourner au ciel
Étoile
Atome
Respiration de l ' Univers
Tourner, tourner, aveugle,
Émiettée
Dispersée

Mains ouvertes
Mains fermées

À chaque arbre inscrire
Me dire
Femme
Femme
Grands lointains

Porter le monde en mon ventre

Et il y aura cette porte entrouverte
La pénombre
Un rire, un oiseau
Le miel et un souffle sur la nuque
Ma main ouverte
Ta main offerte
Un silence en médaillon

Et à mes chevilles te porter
Homme du bout des routes
Homme devenu mien

Ouvrir mes mains aux mondes
N' être que cette larme accrochée à tes cils

Mariem mint DERWICH

( Artiste,  Oumar BALL)





vendredi 16 décembre 2016

Conte du désir...














Les mots de la nuit
De toutes les nuits du monde
Les mots chuchotés

Et tes flancs pour horizons

Les mots couleurs
Ceux qui brodent la respiration
Les mots éparpillés

Et tes mains comme une couche

Les mots liquides
La trace sur la peau
Les mots paupières

Et ta bouche comme le ciel

Les mots qui s 'endorment en ton cou
Frissons
Les mots amants

Et ton ventre pour regard

Fleurs de nuit
Que ces mots
Je les enferme en mes cheveux
Me faire collier
Pour que tu naisses papillon
Sur ma langue posé

Et tes doigts sur mes désirs

Ployer, ployer,
Danser en ton odeur
Dérives

Et la chanson brumes de tes yeux

Au bout du chemin ton corps sur le mien
Tournoyer l 'amour
J' ouvre mes jambes pour que tu naisses

Souffles...
T 'inspirer, m 'expirer
Nous rendre à la déraison
Ne rien posséder
Tout avoir
Il est un voyage à l'infini de nous
Une vague

En ta paume qui se danse mémoire
J'enferme la femme amour

Mots des temps musiques

Et à ta bouche conter
Mon je t'aime...

Mariem mint Derwich

( Maria Fortuny)










Il y aura toujours une île par delà une île
Un ciel derrière le ciel
La mer et le sel
Un infini qui dira que tout est
Que rien n 'est
Qu 'il est des bouts du monde
Et des ports
Et des rives pour dormir
Et des vagues pour les voyageurs
Des vents dans mes cheveux
Une musique
Expiration

Derrière la dune entendre la dune
Les nuits d ' étoiles
Le murmurer du sable

Étendre les bras
S ' inspirer
Au bout des doigts naître colliers

Rendre à la mer
Fugacités
Les mots
Les couleurs
Abysses

Et il y a l 'entre île
L 'entre respiration
L 'entre minutes
L 'entre nuages
Clair obscur de la lumière
Silences
L 'entre vies
Fermer les yeux
Eaux
Plénitude
L 'entre plaisir
Entre deux

C'est là que je t 'attendrai

Mariem mint DERWICH

( Artiste,  Claude Delmas)

mercredi 14 décembre 2016

J'habite un homme



À tes mains inscrire mes seins
Et à ta bouche me faire voyages
Ceux des lointains
Ceux d 'ici
Ceux des musiques en mon ventre tournoyées

À tes flancs poser mon souffle

Un atome tourne et tourne

À mes cuisses redire le désir
Tatouages de ton regard
Et la chambre qui s ' éveille amante
À tes doigts, souffler les mots
Femme rondeurs,
Femme amour

À la houle, à nos corps,
À la mer dans ma tête
Et l 'eau
Et la vague
Et l 'horizon au bout de tes paupières

Il est un homme qui m 'habite
Et que j'habite
Un homme allongé en mon corps
Posé en mon cou
Un homme offrande
Un homme sucre
Un homme envies

Je danse pour lui
Mots après mots
Chevilles
Poignets
Cheveux
Langue

Je raconte qu 'il n 'est de plaisir
Que celui des profondeurs
Ce qui monte et chavire
Et les histoires que les femmes chuchotent à l 'homme qui écoute
Que les corps se sont fait pirogues
Qu 'il est des voyages couleurs d 'une langueur

En cet homme qui m 'habite
Cet homme coquillage
Cet homme salé, embruns, brumes
Je dessine du bout de ma langue
Mon conte

Et la musique pour aimer.

Mariem mint Derwich

( Artiste, Michel Hendrich)



vendredi 9 décembre 2016

Et toi...













Il est des amours,
silences des profondeurs,
Et toi

Perdre le souffle
Dormir sur ta langue

Musique...

Centre et lisières
Et toi

Il n 'est de battement de coeur
Que celui qui envole

Et toi, ma houle
Mon homme
Inspirer expirer
Désir

Mariem mint Derwich

(Artiste,  Camille Claudel)











jeudi 8 décembre 2016

Désir




















Viendront les temps marées, les temps tempêtes,
Temps de la mémoire et temps scarifiés,
Temps des lames de fonds,
Coquillages et sables, temps du corps orphelin

Les temps silences, ceux qui content
Et ceux qui déchirent
Temps sans secondes, sans minutes, sans horloge

Et cet instant étiré à l ' infini,
Battement
Désir
Touche moi, prends, viens
La bouche comme une aile
Et tes silences qui se noient dans mes paupières

Le goût au bout des doigts
Broderie
Ce battement de coeur à jamais perdu
Un mot déposé au creux du cou

Cet infini redevenu fragilités
Les histoires que les enfants se murmurent
Et ta main devenue ma paume
Lignes d 'horizon

Déposer mes mots sur tes lèvres

L 'instant parfait du frisson sur la nuque
Dans la brume des corps
Être cette nuit qui s 'enfuit des yeux

N ' être que cette voix, ce rire, cette expiration

Ouvrir les bras à l ' homme qui s ' éveille enfant

Plénitude, plénitude...

Je me suis endormie sur ton épaule.

Mariem mint Derwich

(artiste, RODIN)


Et il y aura ton nom









À ma bouche poser un nom
Un nom petit rien, un nom beignet,
Un nom soupir

À mes doigts porter ce nom

Le dessiner vagues, embruns
Lui chuchoter ce nom
Frisson

À sa paume inscrire le désir
Et ce nom murmuré
Petit nom, petit nom

Prendre son corps tout entier en mes mains inspirer la houle
Silences
Au bord de sa peau devenir eau, profondeurs, clair obscur de ce qui se brode

Petit nom musique, en mon ventre bercé

En tes yeux à mes yeux noués
Je récite ton nom

Entends le...

Mariem mint Derwich






lundi 14 novembre 2016

El houb....













Que dit l'amante en son chant douloureux?
Que dit-elle la femme qui porte ses mondes en perles ?
Que chante la femme qui danse?

Que dit-elle de l'amour, elle qui s'est faite poésies
mots, vagues, ciel, vents, sable ?

Elle a posé sa main à la bouche de l'homme
pour cueillir les mots qui racontent les notes bleues

Que dit-elle l'amante en son amour repliée?
Que dit-elle la femme qui aime, en souffles ocres?
Que chante la femme qui marche?

Que dit-elle des voyages, elle qui s'est transformée en lumières
éclats, jaspes, satin, écume, tempêtes?

Elle a cambré les reins, ployé son cou à la main de l'homme
et essaime les envies, fait naître les fleurs de nuit

Que dit-elle l'amante en son homme abandonnée?
Que dit-elle la femme en prières jolies?
Que chante la femme qui brode l'absence?

Que dit-elle de son corps qui imprime les aurores
houle, caresses, regards, feux, horizons?

Elle aime à la déraison de ses bras, lavée dans le souffle de l'amant,
l'amant qui tisse demain et aujourd'hui et l'après de la vie
Elle est cette femme qui a refermé ses doigts sur sa chevelure

Elle dit, la femme qui aime :
" Tu es, absolu de l'instant qui s'arrête de respirer
Tu es, toi homme mien, ma maison aux fenêtres ouvertes
Tu es, toi mon amour, la lumière dans le miroir des yeux
Tu es, celui-ci et encore plus, dans le livre aux pages blanches je t'écris
Tu es sur mes paupières
Oiseau et eau"

Elle dit la femme qui parle à l'homme :
"et dans ce temps qui s'écoule j'invente les contes des amants
les jours de pluie et les jours de sable
je te donne mes vies pour que ta vie devienne mes vies
Je parle aux heures pour leur raconter qu'il est une maison
où tu es et où je suis
et dans cette maison aux murs j'accroche les rêves fous de ceux qui aiment"

Elle aime, la femme qui aime, elle aime à la démesure de son amour...

Et, en cette femme qui aime dans la couleur qui naît, tu es papillon
à ma bouche gravé.....

Mariem mint DERWICH

( Aartiste calligraphe : Abdel Malick Nounouhi)

mercredi 2 novembre 2016

L'éphémère et la silhouette













Je te danserai l'éphémère sur la dune endormi
l'imperceptible de la trace
le vent qui efface, caresse chuchotée,
les notes envolées, fugitives des histoires d'antan

Je te danserai la lumière de la lune
la silhouette tremblotante
au feu assoupie,
ce que murmure l'homme quand il rêve

Je te danserai les palmiers au ciel découpés
le nuage dans le regard des bergers,
les gestes esquissés et qui s'en sont allés,
la paume au sol posée, disparue

Je te danserai l'entre souffle,
les crépuscules, l'instant parfait,
la plénitude d'ici
quand d'autres parlent de demain

Je te danserai l'ailleurs, l'horizon en renaissances,
le lieu secret de l'homme qui s'expire,
il y aura cet à peine visible,
silences

Je te danserai les pistes et les déserts,
un mot balbutié sur la paupière de la nuit,
que tout s'enfuit, que tout reste,
qu'il n'est de battement que celui que l'on porte

Je te danserai la flamboyance de la mer,
la goutte d'eau puisée,
la vague qui fait les mondes,
l'empreinte de ton pied sur le sable mouillé

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,
le silence des choses, les chants des mondes,
les animaux de l'aube et les premiers frissons,
la beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

Je te danserai les couleurs mises aux à peine rencontrés,
les livres que l'on n'écrira jamais,
la poésie enfermée dans la main,
les mots et les oiseaux, la trace et le rien

Et, au milieu de la nuit du monde,
l'heure bleue, celle des hommes enroulés en prières,
l'immensité de ce qui s'écoute,

Je te danserai l'éphémère et la silhouette....

Mariem mint DERWICH

(Artiste Hengki Koentjoro)


mercredi 26 octobre 2016

A la mer je retourne












Ecrire parfois en minuscule,
en horizon,
en virgules,
en points,
en petits riens

Inhabitée, habitée

Au bout d'un cil j'ai accroché la mer
rideau de pluie, rideau d'eau

Inhabitée, habitée

Dans le temps spasmes, le temps de rien,
j'enferme en ma langue mon nom

Inhabitée, habitée

Aux lointains des mots j'entends les silences,
mon absolu, ma rédemption

Inhabitée, habitée

J'ai le coeur en banco, en argile, en sables, en dunes,
toujours ce battement qui s'enfuit

Inhabitée, habitée

l'éphémère, l'imperceptible,
trace d'un oiseau sur l'ombre de mon corps,
mots à mots, silences à silences,
je ramasse les vents morts,
je les tresse à mes cheveux,
à la vie, à la vie,
et mon âme devient orphelinat

Inhabitée, habitée je suis,
balbutiement d'une inspiration

je referme le rideau de pluie, le rideau d'eau

Inhabitée, habitée

Et à la mer je retourne.

Mariem mint DERWICH

(Artiste Mustapha BELKOUCH)


lundi 24 octobre 2016

Chanson du vent













A cet instant là, silence perlé,
il y aura le dire, il y aura le chanter
Juste à cet instant là, soyeux et pointu

Aux yeux fermés la nuit donnée,
il y aura le boire, il y aura le murmurer
la langue comme un soupir

A ces silences, à l'eau qui danse,
il y aura le caresser, il y aura le frissonner,
fermer le regard, ouvrir le regard

A ces mains qui s'endorment,
il y aura le raconter, il y aura l'aimer,
en l'âme devenir

A ces sommeils qui s'agitent,
il y aura l'arrondir, il y aura le dessiner,
un dormeur rêve qu'il s'envole

A ces crépuscules arc en ciel,
il y aura le réciter, il y aura l'enchâsser,
au pli du cou arrondir le souffle

Au corps, sable et vagues,
il y aura le broder, le désirer,
la peau désert à traverser

Et, au milieu d'un mot silence,
n'être plus que le bruit du vent
dans la vague qui s'en vient

Sur les murs, paumes ouvertes,
j'ai goûté le sel,
grand blanc de ce qui fut.

Mariem mint DERWICH

(Photo prise par moi)

mercredi 5 octobre 2016

Ne pas dire, ne pas écrire, écrire....

Y-aurait-il une écriture des impossibles? une langue qui ne soit pas langage  mais symboles? Quelque chose qui ne commencerait pas et qui ne finirait pas, juste un entre-deux, un moment fugace où le multiple redeviendrait unité...
Ancrage d'une syllabe muette, onde d'une apostrophe, musique d'une majuscule, délié d'un point d'interrogation...tout un monde de symboles sans qu'il y ait forcément sens mais qui donnerait à ce qui court sous la peau l'apparence du vivant.
Il faudrait écrire et brûler aussitôt les mots. Et recommencer, recommencer, arpenter l'univers fait page blanche, aller encore plus loin, tellement loin qu'arriverait enfin l'évaporation de soi...
De mots à mots, jamais prendre, jamais tenir, mais donner un souffle à ce qui monte de cet espace liquide que nous sommes, ce lieu d'eaux et de profondeurs, ce lieu matrice où tout se crée, se dé crée, se recrée, infiniment....
Fouiller dans les algues, descendre, descendre... Sans langue, sans paroles, sans langage. juste ce scintillement fugace. Ne pas dire, ne pas écrire, écrire...
Une vie d'écriture sans écriture et, à la fin, retrouver sa parole, juste pour le dernier mot, celui qui mûrit en nous toute notre vie , que nous ne percevons pas ou si peu, écho lointain d'une peur, d'un amour, d'un instant...Ouvrir la bouche sur ce mot ultime et fermer les yeux....

Mariem mint DERWICH

Silences...









Le monde s'endort au bout du silence...
Des silences à souffler sur ses doigts,
à entendre nuages et ailes,
des silences et des vents,
des arbres, battements, abîmes...

Mariem mint DERWICH

mardi 4 octobre 2016

L'Atlantide...

Il y a , dans l'écriture, comme un silence.
L'écriture qui ne serait que silences, comme un renoncement de soi, à soi, du monde, des autres, des pensées....Annihiler la pensée, ce fatras qui cogne le cerveau et qui, contradictoire, rend l'écriture possible.
Poser le mot, le poser ultime. Et à partir de cet ultime, encore un mot, un autre mot ultime...De derniers mots en derniers mots, pensée inversée.
Délimiter ce qui ne l'est pas pensent certains.
Non.
Ecrire c'est l'océan, c'est liquide. Accepter cet infini fait d'eau, de vagues, d'abysses, de lumières, d'obscurité. Les grands fonds quand on s'efface.
Mise à distance de soi...
Poser l'écriture comme une langue, particulière, secrète, cabalistique, signes et percepts, affects .
Pour écrire accepter que rien n'est...
Et la solitude, absolue, celle qui donne une texture à ce silence qu'est l'écriture.
Il y aurait un mot premier et un mot ultime. Là, en filigrane de cette langue des grands fonds qu'est l'écriture.
Que faisons-nous en écrivant, si ce n'est chercher ces deux mots, derniers mots après derniers mots, retours et départs?
L'écriture tangue. L'écrivain devient marin, arpenteur des infinis, courant après les horizons qu'il entend, qu'il perçoit.
Il n'y a pas de ports dans l'écriture, il y a juste des escales, celles du questionnement, des hypothèses, des réponses imparfaites.
Des escales où, malgré nous, le soi devient mémoire, dissonance.
On n'écrit pas  pour se débarrasser, on écrit pour s'assembler, se désassembler, expiation à l'envers, douloureuse mais vitale.
Oui, c'est ça, expiation...Expiation et rédemption. Le grand foutoir de l'intellect, le cirque du monde quand ne nous sont nécessaires que le silence et la solitude.
Penser, ne pas penser, écrire, ne pas écrire, être, n'être, n'appartenir, appartenir, inspirer, expirer.
Ecriture de la verticalité pour redevenir horizontalité...
La minuscule de nos vies tramée en majuscule de solitudes et de silences.
Et, toujours, cet entre-deux, cet entre-îles, cet entre-respiration, qui se fait lien et infini.
L'écriture c'est l'Atlantide...

Mariem mint DERWICH

samedi 20 août 2016

Le livre de l'amoureuse...













Si j'avais les mots de lumière, les mots de l'arène,
les mots qui dorment sur la peau,
je te regarderais
ma bouche à la hauteur de ton souffle

Je te dirais

Les histoires de gens qui s'aiment, petites minutes,
lenteur du temps, nuages, pluie, herbe

Je te dirais, dirais jusqu'à la fin de la nuit, au bout de toutes choses,
quand les couleurs oublient de dormir

Je te dirais

Deviens musique, notes, chants
Deviens moi respiration, à n'être plus que silences,
Deviens langue pour murmurer le chemin du désir,
Deviens regard, pour que je vois
Deviens mains, mes mains, pour voyager

Je te dirais

Les vents dans les cheveux et l'amante,
les pas pressés et le goût de l'absence

Je te dirais l'absolu de l'amour, l'instant qui dort, la femme qui danse
dans le bercement de ta parole

Je te dirais

Deviens moi épaule, ventre, cou, nuque
Deviens celui qui fait naître, hanches, roulis
Deviens mon aube, ma lune, mes étoiles,
Deviens celui qui dort entre mes seins,
Deviens ma bouche pour que je parle enfin

Je te dirais

L'amoureuse en toi endormie, silences du monde
L'amant en mes mains posé et à qui je raconte mes histoires de femme
Le mot comme une aile, le mot qui marche

Je te dirais les rêves fous des animaux perdus et la silhouette,
La voix qui berce, qui met des frissons sur la peau,
les murs que l'on brise, mon corps, ton rire, parler

Et tous ces petits mots, livre de l'amoureuse, je les inscrirais aux eaux de la mer,
mots poissons, mots vagues, mots ressac, mots sable, mots noyés, mots liquides.

Deviens mes paupières pour m'entendre
Deviens partitions pour me lire
Deviens poésies pour que je te fasse naître

Je te dirais, amant, ami, amour, balade, douceur

Je deviens voix pour que tu m'écoutes....

Mariem mint DERWICH

(Artiste : Oumar BALL)

Mémoires...













Aux ressacs, aux vagues, aux houles, à la mer qui danse,
aux étoiles de mer qui dessinent les soleils,
aux frontières, aux sables qui se naissent dunes et voyages,
aux lointains qui tremblent, aquarelles ocres, liquides,
aux murs s'ouvrant en portes, en fenêtres, en horizons,

Aux langues, paroles, mots, chansons de gestes, chansons des gestes,
aux lettres qui ploient dans l'instant,
aux espérances sur le dos des vents,
aux corps qui tournoient, absolu, absolus, absolue,
aux yeux qui s'ouvrent, aubes, crépuscules

à la lisière, au centre, frontière, coeur,
à la lumière qui s'endort sur mes paupières,
à la poésie qui se chante éternité,
à la falaise des grands voyages, néants, virevolter,
à l'enfant qui tient mes doigts, mémoires, amie,

à l'amour, corps immense, aux flancs qui se rêvent pages,
à la musique, ventre, cocon, matrice, portées, danseuse,
à ma bouche, j'inspire, j'expire, douceur, puissance,
à mon cou, tatouages des empreintes,
à la main, parois, vertiges, fugitifs, fantômes, sources,

aux nuits, aux étoiles, aux murmures, aux arbres, au ciel, aux crépuscules, aux rires, aux présents,

Au papillon devenue ailes, chuchoter,
à l'oiseau qui se déploie dans le mitan des jours,
à l'homme devenu 'oud, tidinit, t'bol, résonance,
à la langue sur laquelle se tient le monde, histoires,
à mon ventre qui s'ouvre, prières,

Au souffle, au souffle, au souffle, à l'instant

A la peau devenue désirs, élans, frissons,
au feu, aux immobilités, aux fulgurances,
aux infinis

Et dans les paumes, femme, femme,
poser le front, visage, soupirs, lignes de vie, mort,
naissances
ployer, ployer,
aimer,

A mes doigts, ailes, j'ai posé mes mémoires

Mariem mint DERWICH

(Artiste photographe Sidi Mohamed ould KHATTRY)