Comme un écho de douceur, à mon " quand je serai grande...", les rêves de Mona....Elle du Nord et Elle du Sud, Elles des mondes.....
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lundi 20 octobre 2014
vendredi 17 octobre 2014
Laideurs....
Je suis la nuit
la laideur, la laideur des choses
la laideur de ce qui aurait pu être et qui ne sera qu'obscurité
Je suis corps, ce corps qui saigne
ce corps en larmes
corps tortures, blessures
Je suis éparpillée, miroirs cassés,
mendiante, les mains ployées,
la honte aux joues
Je suis colères et abandons
Je suis sang, je suis laide,
je suis viscères
nerfs et peau
tendons
Je suis colères et silences
Je porte les enfers, en griffes aiguisées,
je suis les flammes
je suis consumée
je suis punie
Je suis colères et coups
Je suis expiations
tape
cogne
jouis
Je suis colères et esclave
Je suis mort, non désir, non amour,
je suis regards vides
Je suis laide, piégée
corps prison, corps souffrances
corps moqué
Je suis mes nuits et vos nuits
j'explose pour que vous vous sentiez mieux
Je suis la femme qui pleure
Je suis votre miroir
Mourir....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Guy DENNING)
mardi 14 octobre 2014
Chant du monde....
Je veux les bruits des mondes
tous les bruits
les fureurs
les tempêtes
les rochers brisés
Je veux les couleurs
les arcs en ciel
les éclats des pierres
les fleuves
les eaux profondes
Je veux les rires
tous les rires
les rires à en mourir
les rires des hommes
les rires des fleurs
Je veux l'herbe
la douceur
la glaise
le sable
les lits de feuilles
Je veux les arbres
ceux qui voient
ceux qui parlent
les arbres de vie
les arbres dressés
Je veux les yeux
les bouches
les caresses
les baisers dans le cou
et la tendresse
je veux tout
et plus encore
Je veux les vents
les vents des larges lointains
les vents dans les nuages
les vents qui piquent
les vents de midi
je veux tout
et plus encore
Je veux les vies
à perpétuité
striée
par les chants de l'univers
à perpétuité bouillonnante
Je veux la graine
et l'éternité des nuits
les jours de faim
et les jours de soif
Je veux vivre
en morceaux respirations
à jamais envolée
Courir
pieds nus
cheveux dénoués
dans le commencement de tout....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Safwan DAHOUL)
lundi 13 octobre 2014
Et...
M'égrener en chapelets
en prières
en mots des aubes du ciel
me rouler
en mes paumes
en arrondis
en notes chuchotées
Du bout des doigts
effleurer les yeux
souffler sur la bouche
mouiller la peau
dessiner des mantras
et
yeux fermés
respirer tous les vents
Boire les secrets, les abysses
les profondeurs
d'où la parole naît
et
renaître en laves
en textes, en hymnes lumineux
Me humer en odeurs moiteurs
sculpter le monde
en nuits infinies
nager
en mon corps puzzle
en rondeurs laiteuses
en contes murmurés
et
en ton cou psalmodier
les gestes de l'amour
les gestes des désirs
te raconter ce qui fut
ce qui est
traits, ronds, points, virgules, accents
la trame des doigts en partition de nous
lignes de vie
lignes de mort
et
sur ta peau m'enrouler
dormir en ton oreille
tendre les bras aux battements de ton coeur
et
te dire, te dire, te dire
jusqu'à la déraison des choses
te dire les crépuscules des hommes
les chants des griots
les oiseaux de l'aube
les vagues des dunes
les villes endormies
les noms des amants
et les noms de ma peau
M'égrener en toi
et
ouvrir les yeux
Mariem mint DERWICH
dimanche 12 octobre 2014
Quand je serai grande...
Quand je serai grande, je serai lumière, présence et absence,
pleins et vides, mots,
eux et moi,
immensités et espoirs,
chaleurs et glaces.
je serai celle là et plus encore.
je serai celle qui, celle pour qui.
Je serai joliesses, source, eau.
je serai cette femme...
Quand je serai grande, je ne serai que regard, silences,
mots tus, écriture de la peau,
chemins, arbre, étoile...
Quand je serai grande je serai à nouveau enfant.
Quand je serai grande je serai bras et souffles, amour,
aime moi,
je t'aime,
lumière, lumière, lumière...
Quand je serai grande, je recommencerai.
Quand je serai grande j'écrirai sur les nuages,
je leur dirai les rêves d'enfant.
Quand je serai grande je marcherai au fond de la mer,
les cheveux dans les algues, le corps en osmose.
Quand je serai grande je serai les mots de toutes les vies et les noms des fantômes.
Quand je serai grande je mettrai le monde dans mes poings,
les couleurs dans mes poches et je marcherai,
marcherai jusqu'à l'arc en ciel.
Quand je serai grande, j'ouvrirai les yeux.
Et je recommencerai...
Quand je serai grande j'écrirai,
je serai femme en écriture.
Je serai mots, tous les mots, même les mots aveugles,
les mots rage, les mots doux.
Quand je serai grande je serai calame, papier, lit,
rideaux, volets, nuages, couleurs.
Je serai encre et murs.
Quand je serai grande je peindrai les pierres, les grottes,
je serai chasseuse.
Quand je serai grande, je serai petite fille, en retours, en départs.
Quand je serai grande, je recommencerai.
Et je réinventerai les aurores,
chanterai les vents du soir,
je sculpterai l'argile,
je parlerai aux anges.
Quand je serai grande
je mettrai au monde les hommes enfants.
Quand je serai grande, je me donnerai un nom.
Et je recommencerai...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Nancy ALMAZAN)
mardi 30 septembre 2014
La conteuse
Sur le sable je marche
j'y inscris mes noms
silhouettes tremblotantes
j'y inscris mes mémoires
manuscrits oubliés
et je marche
à en dessiner des chemins de traverse
Je marche, femme fantôme
aux voix infinies
enroulées le long des bras
et je marche
à en replanter l'univers
Je marche, sur le sable chaud
j'épelle les visages aimés
ceux qui sont
ceux qui ne sont plus
mes aurores à moi
et je marche
à en brûler le soleil
Je marche, femme palmier
femme parures
en mots rapiécée
et je marche
à en battre la poussière
Je marche sur cette terre lumières
obscurités des lendemains
j'appelle les horizons
pour y chanter mes vies
et raconter
et je marche
en voyage perpétuel
long chant d'amour
dans mes cheveux nattés
et je marche
j'ai les reins à la mesure de l'infini
le ventre en outre caressé
les seins en offrande
je marche, je marche
sur le sable
je marche
j'ai les yeux calcinés
de ceux qui ne voient que l'infini
les choses du chaos
et les choses immenses
Je suis femme
femme en devenir
femme en mains tendues
femme en prières
femme amante
femme endormie
Et je marche
dans mes mondes ocres
Je suis la conteuse
celle qui vous chante les symphonies
les histoires de vos vies
je suis la conteuse
je vous porte
je vous porte
Sentez vous mes mains sur vos yeux?
et je marche....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Ester Roi)
lundi 29 septembre 2014
Obscurités....
De fragmentations en fragmentations
comme un éparpillement de soi
en éclairs de douleurs
le terrible mutisme des sentiments
griffes pointues
sur le sang de la chair
Quand le poing fermé
n'est plus que le tout
la rage et la colère
quand l'impuissance des choses non dites
est vérité des autres
que devient on dans la tempête
Quand JE n'est plus que TU
porteur des fractures d'autres
quand la nuit n'en finit pas
d'accoucher d'une autre nuit
d'une autre nuit encore
Quand nos souffles ne sont plus qu'exutoires
aux colères des autres
que devient on dans la tempête
D'implosions en implosions
comme un égoïsme pervers
reflets des trahisons
que devient on dans la tempête
N'être qu'esprit, esprit
esprit envolé
esprit libéré
Etre aveugle aux regards
arrêter de se dire
à l'aune des duretés
des lâchetés
Se dépouiller de sa chair
morceau de viande après morceau de viande
n'être plus qu'esprit
pur esprit
quand JE est mort
que devient on dans la tempête
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Guy Denning)
samedi 27 septembre 2014
Que n'es tu...
Que n'es tu chapelet
grains après grains
à dérouler tes yeux
au creux des doigts aveuglés
Que n'es tu femme
chair après chair
à sculpter ta bouche
au creux des mots aspirée
Que n'es tu tapis
fils à fils
à tisser les silences
au creux de ton cou muet
Que n'es tu perle
en azur brisée
à griffer la peau
au creux de tes souffles
Que n'es tu lumières
en crépuscules de feux
à enchâsser les poèmes
au creux de ton ventre
Que n'es tu souffles et respirations
expulsions naissances
à écrire la musique
au creux de ta tête
Que n'es tu une
en sourires offerts
à dire les vies
au creux des songes
que n'es tu celle là
en odeurs de lait
à tamiser l'espoir
au creux de tes bras
Que n'es tu la lettre et la note
le lent cheminement des choses
l'âpreté des baisers
la moiteur des soirs de pluie
les désirs d'ailleurs
l'homme et l'enfant et le vieillard et la jeune fille
la douceur de l'eau
la graine roulée
le chant des profondeurs
l'amour sublimé
l'attente
Que n'es tu.....?
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Massimo Pullini)
lundi 15 septembre 2014
En mémoire de nous...
En mémoire de nous
en colliers mouillés
en gestes estompés
comme des soupirs sur la peau
il y a des rires et des larmes
des instants doux comme de la soie
des bleus infinis aux contours
dentelles
comme des frissons dans le ventre
en mémoire de nous
en instants douceurs
en mains en berceau
comme des chants profonds
il y a des je t'aime et des regards
des murmures en rideaux
des je, des tu, des nous
en liberté
comme des naissances en re naissances
en mémoire de nous
en plénitudes
en réminiscences
comme des poèmes de sable
il y a ce qui est, ce qui compte
mon amour pour toi
ton amour pour moi
en mots enfantins
en mots adultes
comme une pluie dans le cou
en mémoire de nous
en pas de deux
en je t'aime
il y a mes yeux dans tes yeux
ta peau ancrée dans mon souffle
ta bouche en fruits
et l'éternité qui nous reste
comme une rédemption
un chemin à peine ébauché
une histoire chuchotée
et l'instant fragile des doutes
des cris
des colères
En mémoire de nous
il y a toi et moi, et nous,
et le monde
l'espace
le réel et l'irréel
les possibles et les impossibles
les envols
et il y a nos deux corps
alphabet des désirs
et mon coeur immense
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Alyssa Monk)
vendredi 12 septembre 2014
Qui, qui es tu ?
Tomber contre les murs
tournoyer
rebondir
qui, qui es tu
partout les yeux
les voix
celles qui chuchotent l'innommable
celles qui égratignent les certitudes
Tomber contre les murs
qui, qui es tu
elles chantent
qui, qui es tu
qui, comment, quoi
qui, qui es tu
tomber contre les murs
Jeter sa langue le plus loin possible
n'en plus vouloir
qui, qui es tu
qui , qui es tu
qui, comment, quoi
le corps en tessons
qui , qui es tu il chante
pousser l'air, pousser la peau
fendre le ciel
fermer le poing
qui, qui es tu
qui, qui es tu
qui, comment, quoi
et entendre la voix terrifiante
du néant en écho
tu n'es....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Christopher Cuseo)
jeudi 11 septembre 2014
Mots à mots....
entre les mots, les mots vains
les mots des creux et les mots des abysses,
les mots dentelles et les mots cris
entre les mots des mondes
les mots qui roulent et les mots des absences
les mots forteresses et les mots velours
entre les mots des autres
les mots des enfances et les mots de l'eau
les mots des oiseaux et les mots du feu
les mots, en vallées étoiles
les mots du corps
les mots des mains
les mots des yeux
entre les mots des départs, les mots chagrins
les mots des parfums morts et les mots de fuite
les mots derniers, en mots soufflés
les mots déroulés, en danses minuscules
les mots jours et les mots nuits
entre les regrets et les espoirs
dans le labyrinthe des nuits
les mots folie, les mots miroirs
les mots d'elle
entre les mots, les mots vains
les mots des vallées offertes
les mots tissés
les mots contes
les mots histoires
les mots pleurés
les mots couchés
entre la vie et une autre vie
dans le néant des immensités
les mots rageurs, les mots amours
les mots d'eux
le mot premier
le mot ultime
le mot devenu mot
le mot sur les yeux posé
en bandoulière de mes multiples...
Mariem mint DERWICH
(Street Art. Artiste : Nme)
jeudi 4 septembre 2014
Houle
La houle
profonde
dans cette chambre aux murs couleurs
la houle
comme une marée originelle
ma joue sur ton dos
mes bras en virgules sur toi
et mon souffle pour écriture
La houle
en ressac
dans la pénombre
la houle
comme un pas de deux
ta bouche en ma bouche
la musique dans mes yeux
et tes doigts pour parchemin
La houle
en écumes
dans le clair obscur des désirs
la houle
à la mesure de mes hanches
ta peau en tapis d'ailleurs
les mots balbutiés
et mon ventre pour créer
La houle
pour enfermer le temps
le tatouer sur nos tempes
la houle
au pas de nos rencontres
ton corps en notes fruitées
mon cou en parfums
ma main sur ton visage
y voler l'instant
de ton abandon
L'amour comme une houle
lente, profonde, chaude, douce
La houle comme un poème
tes mots
mes mots
en déchirures des possibles
La houle et la lumière...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Ademaro Bardelli)
mardi 2 septembre 2014
Bordures....
Au bord de tes yeux
me vois tu, posée comme une larme
enroulée en tes cils
calfeutrée en ton iris
Au bord de ta peau
me vois tu, nue et allongée
emmitouflée dans ta voix
prisonnière de tes mains
Au bord de l'abîme
me vois tu, piquée en ton ventre
déployée en couleurs
arrondie en soupirs
Au bord de nous
me vois tu, en lisière du chemin
un pas après l'autre
en découverte de tout
Au bord de toi
me vois tu, petite lueur tremblotante
comme posée derrière une fenêtre
en moiteur de la nuit
Au bord de moi
me vois tu, fragilité comme dureté
en papiers envolés
et mots brûlés
Au bord de nous
nous vois tu
petites silhouettes
en ombres, théâtre
rideaux
spectacle ébauché
en histoire ré inventée
Au bord de ta bouche
m'entends tu?
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Mstislav Pavlov
samedi 30 août 2014
En ton corps me suis endormie
J'ai fermé mes mains sur ta nuque
posé mon front sur tes mots
et j'ai suivi les chemins anciens
les chemins de mémoire
ceux des caravanes
et ceux des voyages
les chemins des passants
J'ai fermé ma bouche sur ton souffle
dessiné une couche comme une rivière
et j'ai entendu les nuits s'ouvrir
les nuits d'avant
celles des enfants
et celles des émerveillements
les nuits anciennes
J'ai fermé mes yeux sur ta peau
jeté aux murmures soupirés
les mémoires fanées
les mémoires du sang
celles des choses familières
et celles des amours d'antan
les mémoires en nous bercées
J'ai fermé mes jambes sur les aurores
emprisonné tes bras
et j'ai effleuré ton image
ton image en frissons caressée
ceux qui passent sur la peau
et ceux qui dessinent des couches éternelles
ton image en chuchotements aimée
J'ai fermé les fenêtres et la porte
et en ton corps me suis endormie
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Chagall)
ton image en frissons caressée
ceux qui passent sur la peau
et ceux qui dessinent des couches éternelles
ton image en chuchotements aimée
J'ai fermé les fenêtres et la porte
et en ton corps me suis endormie
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Chagall)
Mots vertiges
Ma terre est terre de mots
mots sarabandes
mots tidinits
mots griots
mots des crépuscules
et mots des oiseaux
Ma terre est terre de mots
mots des femmes
mots en arrondis
mots mendiants
mots des sables
et mots banco
Ma terre est terre de mots
mots des hommes
mots amoureux
mots immenses
mots des vertiges
et mots mouillés
Ma terre est terre de mots
en rondes mes mots s'embrassent
en bracelets mes mots hument les chevilles
en odeurs mes mots deviennent mots couleurs
mots des voyages
et mots de la mer
Ma terre est terre de mots
mots morts
mots vivants
mots inspirations
mots des creux
et mots des sommets
Ma terre est terre de mots
mots en caravanes sur les yeux envolées
mots forgerons
et mots feux
Ma terre est mots
et j'y tatoue mes lèvres
Mariem mint DERWICH
dimanche 24 août 2014
Murs
Perdre jusqu'à l'odeur de sa peau
la retrouver en morceaux aigus
la broder, patiemment, la recoudre
point à point
en fils maladroits
piqûre de l'aiguille
goutte de sang
porter le doigt à sa bouche
Perdre jusqu'au souvenir du soleil
le retrouver en rayons bleus
le réchauffer, interminablement, le recoller
lumière après lumière
en chaleur déformée
brûlure ambrée
douleur
souffler doucement
Perdre jusqu'au regard
le retrouver en cécités bégayantes
le filer, inlassablement, le renommer
image après image
en prisme tremblotant
éclair blanc
aveuglée
renaître au ras des cils
Perdre jusqu'au langage
le re sculpter en alphabet des grands larges
le graver sur les pierres, doucement,
lettre après lettre
le Alif comme le Lam
accrocher la chanson
balbutier la ronde des mots oubliés
empoigner sa langue
Perdre le souffle et rire
rire encore
rire à en pleurer
A en pleurer.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Miroslav Yotov)
samedi 23 août 2014
Il y a...
Dans l'exil de moi il y a des milliers de nuages
des couleurs
des enfants qui jouent
des papillons
des odeurs
des sons en colliers
Dans l'exil de moi il y a des nuits immenses
des étoiles
des dunes caressées
des oueds en vertiges
des ocres
un fleuve en marigots
Dans l'exil de moi il y a des murmures
des chansons
des manguiers en guirlandes
des rires
des femmes envolées
des mains en ailes
Dans l'exil de moi il y a une petite fille
pointe des pieds
des danses
des rondes
des courses
des jeux en couleurs
Dans l'exil de moi il y a une femme
un ventre orgueilleux
des bébés
du lait
des chatouillis
des je t'aime à fleur de peau
Dans l'exil de moi il y a l'amour
des empreintes sur les lèvres
des baisers
des tatouages
des effleurements
des aime moi infinis
Dans l'exil de moi il y a mes mots du ciel
des caresses couleurs indigo
des chemins en colimaçon
des scarabées
des arrivées
des ports
Dans l'exil de moi
il y a tout ça
et il y à toi...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Loui JOVER)
jeudi 21 août 2014
Ainsi est mon amour....
Je te roule
je te croque
je te goûte
je te chante
impertinence des urgences
Je te dessine
je te chatouille
je te bois
je te renifle
érotisme des absolus
Je te lie
je t'emperle
je te grave
je te touche
sensualité amoureuse
Je te dis
je te rêve
je te recrée
je te veux
insolence des envies
Ils diront que je suis folle
mais c'est belle folie que ton corps
Ils diront les mots du péché
mais c'est joli péché que de t'aimer
Ils diront les choses à dire et les choses à ne pas dire
Ils diront, ils diront....
Que peuvent ils contre l'amour ?
Je te roule
je te croque
je te goûte
je te chante
Ainsi est mon amour,
en lumières d'étoiles...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Rodin, extrait du " Baiser")
mardi 19 août 2014
Lumière...
Quand j'ai tourné sur les rives de l'enfance
en voiles bleus,
sur tous mes horizons
là où le regard n'est plus
immense qu'il est
Quand j'ai ouvert mes bras à la hauteur des étoiles
en voiles rouges,
sur toutes mes mémoires
là où la parole n'est plus
atome qu'elle est
Quand j'ai dansé les mondes et les abîmes
en voiles de nuit,
sur toutes mes prières
là où l'homme n'est plus
chaviré qu'il est
Quand j'ai roulé mes cheveux en tresses fulgurantes
en voiles brodés,
sur toutes mes litanies
là où le début est fin
égrené qu'il est
Quand j'ai versé les eaux de tous les fleuves
en voiles encens,
sur tous mes mots
effeuillés qu'ils sont
Quand j'ai aimé les pierres, les odeurs, les chants,
en voiles de poussières,
sur tout ce qui est, sur tout ce qui sera,
j'ai regardé la lune
et elle m'a tendue la lumière....
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Guy Denning)
samedi 16 août 2014
L'heure bleue
C'est l'heure bleue de la nuit
la nuit rousse
la nuit opaline
la nuit rouge
l'heure des bêtes
aux marigots enchâssées
l'heure des hommes enfants
qui pleurent dans leurs rêves
des hommes enfants
qui balbutient
aux seins des femmes accrochés
L'heure des frissons
et des ombres emmitouflées
C'est l'heure bleue de la nuit
la nuit des étoiles
la nuit en eaux utérines
la nuit des femmes
l'heure des amours
en poussières clandestines
l'heure des mendiants, mains ouvertes
en leurs yeux repliées
l'heure des prières
et des blasphèmes
C'est l'heure bleue de la nuit
ma nuit rousse
ma nuit opaline
ma nuit rouge
j'ouvre mes yeux
et je bois mes nuits
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Roméo Castellucci)
vendredi 15 août 2014
Danser le monde
A demi mots
à demi notes
à demi clés
portées
noires
blanches
En Do, Ré, Mi, Fa , Sol
enjambées
respirées
En écorces de baobabs
à demi mots
tannés
effleurés
à demi notes
je danse
Je tourne, et tourne, tourne encore
au ciel qui s'ouvre
j'offre mon ventre
A demi mots
à demi notes
à demi clés
je natte mes cheveux
inscris sur mes paumes
mes merveilles
De mes reins je fais une table
de ma bouche une offrande
de mes bras une outre chaude
mes yeux comme des miroirs
j'enferme le monde entre mes jambes
et je le regarde
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Matisse)
dimanche 10 août 2014
Ta main
Dans ta main posée sur mon ventre
j'ai ouvert les mondes
dessiné les contours
et les arêtes
Dans ta main posée sur mon ventre
j'ai pétri le souffle
tissé la musique
et les notes
Dans ta main posée sur mon ventre
j'ai enfanté des oasis
creusé des puits
et des chemins
Dans ta main posée sur mon ventre
j'ai chuchoté tous les noms
tous les noms
secrets
J'ai effleuré tes sourcils
en cette main sur mon ventre posée
J'ai soupiré les lignes de ta paume
en ta main sur mon ventre endormie
J'ai posé ma main sur ta main en mon ventre posée
et dans la houle de mon ventre en ta main replié
j'ai dis les mots de nos mains en mon ventre caressé
Mariem mint DERWICH
(Détail. Artiste : Victor-Edmond Leharivel-Durocher)
Les mots bercés
Chez moi, les hommes ont pétri des mots,
des archipels
des îles, posées sur la mer et le ciel
des mots ponts, des mots histoires, des mots mémoires,
des mots amour, des mots prières,
des mots poésies,
des mots sang, des mots d'enfants
et des mots des femmes
Ils ont fait des mots oiseaux, emperlés aux ailes
des rêves
Ils sont mots des émotions, à la démesure
des immensités ocres
mots des absences
et mots des morts
mots des vivants
et mots premiers
mots derniers
mots ultimes
Ils ont fait des mots à dos de chameaux bercés,
des mots précieux
Ils sont mots courbés, déployés, lovés, dessinés
en zébrures de feuillages
mots des villes
mots des villages
mots des marigots
et mots des champs
mots griots
et mots contes
Ils ont fait, les hommes, des chants de mots
dans le vent soufflés
Mots d'azurs et mots de tempêtes
mots de l'eau
mots enfantements
des mots scarabées
et des mots serpents
mots calebasse
et mots voilés
mots bijoux
Ils ont fait des mots lait, des mots encens
mots de charbons et mots de thé
Chez moi, les hommes ont tissé des mots
et les ont enroulés en turbans
et ils ont laissé leurs yeux raconter tous ces mots.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Nicène Kossentini)
vendredi 8 août 2014
Ont ils... ?
Quand ils se sont regardés au travers de mon regard miroir
qu'ont ils vu
les hommes de ma vie?
Quand ils se sont grandis dans mes yeux
qu'ont ils entendu
les hommes de ma vie?
Quand ils ont cru s'entre apercevoir, atomes violents,
qu'ont ils écrit
les hommes de ma vie?
Quand ils m'ont marquée, peau bleue, peau déchirée
qu'ont ils dessiné
les hommes de ma vie?
Quand ils ont vécu dans mes sourires
qu'ont ils chanté
les hommes de ma vie?
Ont ils dansé, ont ils bu, ont ils mangé?
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Mirjam Appelhof)
jeudi 7 août 2014
Les mots d'ici
Mots en écharpes pour dire
la terre
le lait
les femmes
le mil
les dattes
les dunes
la mer
Mots en turbans pour écrire
mon pays
comme un lit
comme un fleuve
comme un nuage
comme un enfant
comme des tresses
comme le vent
Mots en dessins pour murmurer
mes ici
en morceaux de perles
mes ailleurs
en gravures lumières
mes moi
en dentelles légères
mes corps
Mots en henné pour frissonner
dans l'immensité des nuits
les voix
les poèmes
les amours
les yeux
les couleurs
des hommes
Mots en fumée d'encens
effleurés aux portes des villes
mémoires déployées
en arrondis des infinis
Mots des autres
mots de nous
mots d'elles
Mots de mes yeux
ensablés dans les oueds
et moi qui m'envole
à la naissance des mondes
Mariem mint DERWICH
(Artiste : David Walker)
lundi 4 août 2014
Partir
Renaître
mourir
mourir
renaître
Implosion
il y a les petits chemins de rien
sur lesquels j'ai les pieds en partance
poussières
épines
pierres
et le ciel qui me regarde
Négation
il y a les fenêtres fermées
et le linge qui se balance
odeurs
lunes
sang
et la nuit au fond de tout
Douleurs
il y a les crépuscules aveugles
dans lesquels je me coule
la terre en bras apaisants
fermer les yeux
dire oui
et tous ces morts, mes morts
en multiples de moi
mes amours
mes enfants
moi en partance
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Glennys Barton)
dimanche 3 août 2014
A toi qui m'habites
A toi qui m'habites
je t'ai posé sur les sables
et de mes doigts je t'effleure
canevas, chatouillis, friselis
A toi qui m'habites
et dont le regard perce les palmes
je dessine l'infini des possibles
et te recrée en verres couleurs
A toi qui m'habites
dans l'aube des aigrettes
je souffle doucement
les notes mémoires de nos lendemains
A toi qui m'habites
et dont j'entends les vies
je tamise ta voix
en tableau de nuits
A toi qui m'habites
aux berges de tout ce qui est
je chante en amour
les jours de rires
A toi qui m'habites
et que je roule sous mes paumes
je verse dans ton corps
mes futurs en portée de notes
A toi qui m'habites
j'ai posé mes yeux sur ta bouche
et je me suis endormie
Mariem mint DERWICH
(Artiste : guy Denning)
lundi 28 juillet 2014
Lumières
Dans le magenta des choses non dites, des choses dévidées, des choses martelées
dans le violet des affrontements
il y a, en filigrane, la lumière
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
Dans le safran des larmes il y a les mots, tous ces mots balbutiés
comme des poèmes d'amour soudains silencieux
langues craintives
et la lumière
la lumière de nous
en brisures sur la peau
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
Dans l'ocre des colères, il y a les gestes de nous, juste là
jamais loin, toujours blottis derrière nos yeux
en miroirs douceurs de nos batailles
et la musique
la musique de nous
en portées sur nos bouches
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
J'entends ta voix, à jamais devenue ma voix
J'entends ton souffle a jamais devenu mon souffle
J'entends tes chants, moi devenue ton chant
et toi devenu mon chant
Regarde moi ouvrir les bras jusqu'à porter le ciel, les nuages, les oiseaux
et toi
toi qui m'est bijou
amour
papillon
duvet
douceur
La lumière de ce qui est
et la lumière de ce qui fut
et la lumière de ce qui sera
Je t'aime
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Barbara BEZINA)
dimanche 27 juillet 2014
Les petits mots
Les petits mots, les petits mots beignets, sucre,
les petits mots chauds, en corps d'enfants arrondis
Ces petits mots, et tous les autres petits mots,
les mots des mondes et les mots des mers
enfilés sur les épines des mots des riens
Les petits mots moucharabiehs, petits mots des yeux
les petits mots en écritures déployés
Ces petits mots des aurores, des soleils, des arbres
les mots de la bouche et les mots des coeurs
ciselés aux oreilles des danseurs de mots
Les petits mots, petits pots, petites perles
les petits mots en ailes des anges
Ces petits mots des enfants, des murs, des rires
les mots de lait et les mots de miel
caressés aux paupières des passeurs de mots
Les petits mots, mots marmites, mots riz
les petits mots en odeurs parfums
Ces petits mots des mariés, des jambes, des soupirs
les mots de toutes les nuits des mots
teints en mots indigos
les petits mots, tous les petits mots, les mots sourires
les petits mots naïfs, les petits mots langues
Les petits mots pointus, les petits mots amoureux, les mots arc en ciel
Et sur ta peau je les écris...
Mariem mint DERWICH
(Artiste : E. BRISSON)
samedi 26 juillet 2014
Racines
J'ai pris la main du vieil homme et nous nous sommes assis
en haut, tout en haut de la dune
là où le vent chuchote les mots
les mots qui volent
J'ai pris la main du vieil homme et il a fermé mon regard
lumière arrondie en empreintes sur ma mémoire
là où l'enfant court et joue
papillon brun aux sourires d'étoiles
J'ai pris la main du vieil homme et il m'a posée
sur sa cuisse noueuse, arbres, racines
là où j'entends mon sang chantonner
mes lignées en rondes ocres
J'ai pris la main du vieil homme et j'ai entendu sa voix
en moi faufilée, chaleur, images
là où le ciel est immense et les hommes façonnés
miroirs anciens des murs de pierres sèches
J'ai pris la main du vieil homme et j'ai oublié mon corps
tatouée en éternités sableuses, là bas
là où ma mère me dit les ailleurs de nous
mosquées en ombres, mélopées aiguës
J'ai pris la main du vieil homme et nous nous sommes envolés
par dessus les nuages en formes crayonnées
là où le temps n'est pas, le temps n'est plus
odeurs des chapelets et des ombres des minarets
Le vieil homme a posé ses mains sur moi
cuir parcheminé, tendresse des tendons, durillons, histoires
et je suis née dans son sourire
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Huda mansour)
vendredi 25 juillet 2014
Femme des silences
A la porte de tes sommeils
je brode mes perles rouges
petites bêtes arrondies
en mots infinis
Femme tendresse
femme cachée
femme minuscule
femme absences
A la porte des tes nuits
je me mets en boule
animal furtif
enfouie dans l'obscurité
Femme baisers
femme effacée
femme désirs
femme silences
A la porte de tes nuits
je me suis arrêtée
dans l'outre allongée
yeux fermés
Femme rires
femme mots
femme ailleurs
femme sans nom
A la porte de tes yeux
j'ai creusé ma couche
noyée sous les sables
j'ouvre la bouche
Femme inspirations
femme étouffements
femme scarabée
femme offerte
A la porte de ta peau
j'ai posé mon front
et j'ai pleuré
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Paul Apal'kin)
mercredi 23 juillet 2014
Je le regarde
La lumière dans ses yeux
comme un matin à la porte allongé
un grand corps comme un oued
et ses mains moulées en puits
La lumière sur sa peau
à la portée de mes mots
un moment inspiration
et sa bouche sur mes doigts
La lumière en éclats de pierres
façonnée et pétrie
des espaces à ciel ouvert
et son rire dans mes cheveux
La lumière sur les murs
alanguie sur mon épaule
son dos comme une voile
et les notes sucrées, douces amères
La lumière sur sa joue
en histoire de Nous
ses bras en alcôves
et les murmures des silences
La lumière et lui et moi et Nous
en aurores sculptés
son regard d'homme
et moi en train de le regarder
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gustav Klimt)
dimanche 20 juillet 2014
Donnez moi un nom
Donnez moi un nom
une identité
une marque
à laquelle je me dessinerais
Donnez moi juste un nom
un visage
une odeur
un corps
Donnez moi une vie
parmi toutes les vies
une petite vie
une vie anonyme
Donnez moi une chair
des os
une bouche
une couleur
Donnez moi des dunes
du sable
du vent
des cailloux
Donnez moi de vous
en caresses tendres
à inscrire sur ma peau
"Femme tu es notre"
Donnez moi un nom
mon nom
une respiration
une place
Donnez moi à moi même
que je devienne Vous
enfin
moi
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Marylin Kalish)
Gaza
il y a des enfants
beaucoup d'enfants
en écharpes sur les ciels
et les femmes
en prières de l'absent
il y a les vents, tous les vents
beaucoup de vents
en sangs, en tournoiements
et des soldats
en dents aiguisées, rasoirs
il y a les nuits
beaucoup de nuits
en dentelles lumineuses
et la peur
en aquarelles de sang
il y a les jours de feu
beaucoup de jours
en enfers fragmentés
et les morts
en chapelets évidés
il y a les larmes
beaucoup de larmes
en brûlures amères
et les chants des mosquées
en plaintes mortes
il y a les terres et les oliviers
beaucoup d'oliviers
en mémoires douloureuses
et il y a les voix
en sanglots imprimées
il y a la colère
beaucoup de colère
en Intifada crachée
il y a mes yeux, leurs yeux, nos yeux
en miroirs nausées
Gaza
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Céline Gauthier)
samedi 19 juillet 2014
Qui est elle?
Clair obscur
sur le mur blanc des multiples
je dessine mes visages
Chair, sang, souffles
mes mains, en fragments de doigts,
crucifixion
clous
Crier
Elle est là, elle est là bas, elle est ici
Qui est elle
quand elle tourne sur elle même
la femme sans yeux?
Qui est elle
la femme mendiante
la femme enfant
la femme désirs?
Pleurer
Il y a elle et il y a l'autre et l'autre et l'autre
ombres de vie
en lumières d'étoiles
Il y a le sang dans la bouche
et le visage empoigné aux miroirs
gravé, scarifié
douleur
Qui est elle
la femme perdue
la femme solitude
la femme en partance?
En oublis d'elle même
assoupie à l'ombre des cauchemars
elle rêve qu'elle est oiseau
Mariem mint DERWICH
(Artiste :
Mirjam Appelhof)
vendredi 18 juillet 2014
J'ouvre le ciel
J'ouvre les yeux aux lumières lointaines
En poèmes arrondis je murmure
en ton cou
mes mots d'absolus
Mes mains comme des ailes
aux frontières de ta peau
envols
J'ouvre ma bouche aux vents infinis
En moiteur sucrée
en ta bouche
mes mots désirs
Mes jambes comme des vagues
aux sables de tes yeux
amour
J'ouvre mes bras aux murmures
En houle profonde
en nos mains
nos ailleurs
Mon ventre comme un port
aux chants en notes fruitées
désir
J'ouvre mon âme à nos silences
En jeux chatouillis
en tes rires
ancres, embruns, sel
l'instant infini
Ma peau comme déroulée
à tes doigts sculptée
chanson
J'ouvre la terre à nos bouches
En tourbillons
je danse
je te borde dans mes cheveux
Je te porte aux débuts des mondes
J'ai refermé mes chevilles sur nous
et j'ai bu à ta bouche
J'ouvre le ciel
Tu
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Fabian PEREZ)
Je suis la femme sans puits
Je suis la femme d'ailleurs
en errances perpétuelles
aux chemins de poussières
je suis la femme sans puits
sans lait, sans nattes, sans colliers
en abandons douloureux
Je suis la femme nomade
en aubes déchirées
aux portes allongée
Je suis la femme papillon
sans nom, sans tente, sans homme
en ruisseaux asséchés
Je suis la femme fantôme
en courbures arides
fantasmes et mirages
Je suis la femme sans passés
sans avenirs, en morts multiples
Je suis la femme en pleurs
dans la touffeur des aubes de solitude
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Kubicki)
vendredi 4 juillet 2014
Voyages
As tu déjà senti le vent sur ton visage
comme des doigts amoureux
en frémissements
en robes envolées?
Dans la moiteur des voyages
as tu ouvert l'immensité de tes bras
touché les autres
bu leurs paroles?
As tu dessiné en bas relief de tes autres
la trame de tes étoiles
parlé aux arbres
tutoyé la pluie?
En immersion de toi
as tu entendu les mots des nuages
en insectes lumineux
sur ta peau devenue eau?
As tu frôlé l'éternité dans un temple
la pierre des adieux
la mousse des yeux
ouverts aux étranges?
Dans les balbutiements de ton souffle
comme une montée infinie
as tu grignoté le sucré
en perles de nacres?
As tu offert ton cou aux espaces
dans la danse des ailes d'oiseaux
tout en douceurs
en ouvertures?
J'ai mes voyages à perpétuité
éternels recommencements
dans le bleu des lagons
le feu des sables
le vert des forêts
les printemps des aubes des hommes
le rouge des élans
le marron des marigots
As tu touché le monde?
mariem mint DERWICH
(Artiste : Emmanuelle Brisson)
jeudi 3 juillet 2014
Ma langue ( à mes fils)....
J'ai la langue roulée à toutes les langues,
animal d'ailleurs comme un accent sur ma mémoire
J'ai la langue en offrande, malaxée aux voyages
petits points en casquette à poser sur tes yeux
J'ai la langue en abandons, en départs, en retours, en partance
ports, navires, à te donner en héritage
j'ai la langue en vrilles, volutes, en plafonds de cathédrales
Murmurée à tes oreilles d'enfant , en chapelets prières
J'ai la langue en mains levées, boucle sur mes lèvres
enracinée dans mes enfances arc en ciel, orée des mondes
J'ai la langue primale, bercée à la hauteur de tes avenirs
salivée à l'odeur de ton corps potelé
J'ai la langue partagée en amours dentelles
caressée à l'aura de tes petits poings serrés
J'ai la langue des douceurs, bonbons de l'enfance
enrobée en fumées des désirs
J'ai la langue de ma mère, en bracelet chuchotis
enroulée dans mes doigts en envols
J'ai la langue en exil, douleur des départs
éternité des multiples de moi
J'ai ma langue, la seule que j'ai,
à t'offrir pour que demain ne soit pas mort
et que tu ouvres tes bras
au souvenir de nos mondes,
mon petit homme
En ma langue je te re crée
Ma langue des lendemains, tu es devenu.
Mariem mint DERWICH
(Artiste : Gabriel Moreno)
mercredi 2 juillet 2014
Apesanteur
Il y a des petits cailloux blancs
et des sables qui brûlent
Et des forêts sombres, profondes
où j'entends des voix
Il y a des nuits cauchemars
et les cris des enfants qui meurent
Et des draps froissés, mouillés
où j'imprime mes poings
Il y a des eaux vertes et bleues
et des noyés moqueurs
Et des coups qui claquent
où je griffe les abîmes
il y a des chemins qui s'enfoncent
et des crucifiés en sanglots
Et des univers de sang
où je déchire mes yeux
Il y a des profondeurs de jaspe
et des pleurs d'enfant
Et des enroulements
où je cache mon corps
Il y a des respirations aïgues
et des étouffements
Et des endormissements
où j'impose mes vies
Il y a la vie en dessins déliés
et la paix, le silence,
l'absence
Mon corps en apesanteur....
Mariem mint DERWICH
(Artiste inconnu. Photo prise au Miam de Sète par Old Nut)
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