mercredi 11 janvier 2017

Solitude absolue.

Île....











A l'arrondi des choses j'ai mis l'ocre, l'indigo,
la douceur et une seconde,
j'ai accroché la musique
J'ai regardé ces petites choses, petites, petites,
instants de vie mis au mur

Et j'ai ouvert la porte

Dehors il est une plage, des sables, des vagues
la mer qui dit que tout est, que tout vient, que tout part,
qu'il n'est d'infini que celui que nous écoutons
qu'une houle n'est que cette larme qui nous porte
les lointains que nous sommes

A toutes ces eaux j'ai murmuré

Ployer la nuque sous son regard,
pour qu'il y pose ses yeux
qu'il sème sur la peau les arabesques des silences
s'offrir au monde par cette peau effleurée
il est...

A la courbe d'une lèvre laisser mes mots
il les entend en cette langue devenue page des couleurs
il est ces abîmes, ces profondeurs liquides,
là bas, là où les algues et les secrets sont poésies
clair obscur des grands fonds

Et refermer la porte

Une minute vient de passer
elle est univers
Ma chanson de lui étoile devenue
je la pose sur mon épaule
je porte cet homme en tatouage

Je m'éveille île pour ses mains

Mariem mint DERWICH

(Artiste Gerhard Richter)





mardi 10 janvier 2017

Ma lettre infinie...Habibi ( mon aimé, mon amour)

Cette lettre infinie c'est toi. Toi et ce sentiment de toi qui m'habite. Un espace où je te pose. Un espace où je vais quand la vie du dehors, celle des quotidiens, est si pesante, si dure qu'il me faut entrer en apnée, stopper ma respiration, serrer les dents, baisser la tête et m'enfuir dans cette lettre infinie.
Cette lettre infinie déroule ce qui s'échange, ce qui se devine, ce qui se pressent, ce qui s'offre quand la distance ne permet pas le contact physique mais qu'elle est place pour les intimes.
En arabe l'amour se dit El houb... La douceur de ce H, l'arrondi du ou, la tendresse de ce b. Comme ta bouche sur ma bouche. Comme ce souffle que tu expires dans le plaisir.
El houb. Aimer. Désirer. Renaître. Vivre.
Et moi, la femme à personne, la femme de rien, devenue femme de, femme à, femme pour....
Femme pour tes mains. Femme pour ton corps. Femme pour ta peau. Femme pour ton esprit. Juste femme. Femme pour toi. Femme en toi. Femme en nous.
Tu me manques. Tu manques à mes espaces, à mes murs, à mes bras, à mon ventre. Tu me manques comme on oublierait de respirer. Tu me manques. Tu me manques.
Alors revenir, vite vite, à ma lettre infinie, à toi à qui je parle, que je mets en mots pour recréer cette présence si forte de ton corps pas loin de moi, pour sentir ce que tu dégages, pour te redessiner dans tes gestes, ceux que je connais par coeur, ta façon de croiser ta jambe droite sur ta jambe gauche, ta façon de fumer, ta façon de tenir tes mains.... Tes mains. La beauté de tes doigts, la force qu'ils dégagent, l'arrondi des doigts, la douceur de la paume, ce petit mouvement de la main, le délié des jointures, cette main qui m'est devenue si familière, le goût de tes doigts sur ma bouche, dans ma bouche...Ta façon de tenir ta cigarette, avec le pouce qui vient recouvrir le filtre, ton autre main qui repose sur ton genou droit, doigts un peu pliés.
Cette lettre infinie pour te dire que je t'ai tellement regardé, même quand tu ne le voyais pas, que mes mots deviennent pinceaux, ma mémoire se fait couleurs.
Et ce besoin enfantin de te regarder encore et encore dans ma tête. La ligne du cou, émouvante. La douceur du muscle des bras... Tout ce corps de toi, ta gestuelle, ta façon calme d'occuper mon espace.
Même ton corps est murmures, immobile, juste en ondes que je reçois, que je perçois. Un alphabet particulier que ton corps et qui me parle, que j'entends, que je regarde, sans fin...
Ton regard qui se fait fenêtre ouverte, qui se pose sur moi...
J'userai les mots pour te dire. Et quand ils seront usés j'en inventerai d'autres. Et il y aura cette lettre infinie, toujours, neuve à chaque fois, à chaque voyage de mes yeux à toi.
Tous ces mots de toi pour te raconter. Pour t'entendre.
Pour me dire. Pour écouter tes mots dans une pénombre, ceux que tu chuchotes, ceux que j'entends résonner à ta poitrine.
Cette lettre infinie pour dire l'amour. Pour dire que je suis tombée en toi tellement vite que je suis sure que la terre s'est arrêtée de tourner pendant un instant... Avant, après. Maintenant.
Et toi, ma lettre infinie, mon autre, mon homme mots, mon homme, mon poétique...
Toi qui sais entendre mes mots.
je t'aime.

MMD

le livre des heures













A quels horizons déposer ce qui m'habite?
Mes pensées comme des bulles,
un flamboyant, le vent dans les feuilles,
un ciel qui se fait lit,
un battement de peau.

Une femme s'est faite eau pour s'endormir en un regard

Elle a posé ses doigts sur la brume,
en a fait un voyage,
sa peau comme un désir infini,
elle s'endort
elle aime, elle aime

Elle redevient cette petite fille qui tournoie,
musiques
Un poète mystique lui chuchote la lumière,
des mots elle fait un chant amoureux,
des silences  à aimer

Un homme s'est posé en son corps, permanences

Il est fragile, il est immense, il est,
il lui raconte et lui murmure les mots des manques,
il est atome, boréale, ressacs,
collier qu'elle porte entre ses seins,
et dans son ventre il est allongé

A quels bouts des mondes sculpter un amour?
Je danse cet homme, tourner, tourner,
femme,
je le tatoue à mes hanches,
je l'enferme entre mes chevilles

Un homme et une femme sont posés au bout de mes doigts
je souffle doucement pour qu'ils s'envolent,

Et je cours les rattraper derrière le livre des heures....

Mariem mint DERWICH

(Artiste Loui Jover)





dimanche 8 janvier 2017

Ma lettre infinie....Rouhi ( mon âme)...

M'agripper à ta voix. Tenir, tenir. N'être que cette volonté vitale de tenir, de m'enrouler dans ta voix. Fermer les yeux et entendre, t'entendre mon homme des grands lointains, de ce bout de l'univers. 
Re dérouler le temps pour effacer la distance. Me dire que ces immensités ne sont que perceptions mensongères d'un moment précis. Juste une obscurité qui s'insère dans un moment où une fragilité refait surface.
Et ta voix comme une bouée, comme une main, comme tes bras. 
Quand les grandes tempêtes s'en viennent m'enfuir en nous, replier mon corps sur le tien, me déployer tienne, te cajoler mien, laisser la vie des quotidiens n'être qu'apparences. Et vivre ma vie, notre vie, celle là seule qui compte, celle que nous échangeons en mots du désir et du manque.
Revenir à mon corps à ton corps allongé, dans une chambre lointaine, quand tu as entamé ton murmure de paix, ta danse amoureuse, ta vie.
Ma lettre infinie, qui n'en finit pas, cette lettre de mes lointains pour te poser ici, pour te parler, pour habiller le manque, pour empoigner mes seins et les rendre à ton présent.
Même mots, pareils et neufs à chaque fois, renouvelés dans mon amour de toi. Dans ce dialogue ininterrompu et qui est bénédiction. 
Certains meurent sans avoir jamais connu cette faim, cette soif de l'autre, cette démultiplication sans fin, cette plénitude.
Mon souffle ne s'envole qu'à l'orée de ta peau. Mes lèvres toujours posées sur toi. Tes mains comme ma maison. Et ta voix, ta voix... Cette façon que tu as de poser certaines voyelles, ce petit silence parfois, cette petite brisure, ta manière de prononcer certains mots, ce petit truc qui rend une voix ouverte à une autre... et qui fait lever la houle en moi.
Je pourrais dessiner ta voix. D'ailleurs c'est elle que j'écris, sans fin. Elle est dans mes mots, dans ce blog devenu "blog de 2", comme tu l'as dis. Entends ta voix en mes mots. 
Ce soir je niche mon nez dans ton cou, dans cet espace doux, tendre et fort en même temps. Il y a ton odeur que je bois du bout de ma langue, que j'imprime en moi. Et j'écoute ton silence et tes doigts sur ma peau. Je deviens cette épaule que tu caresses doucement. Et je te vole au temps en mes doigts qui te dessinent...
Une musique, toi, mon homme, mon amant, mon tout, mon fragile, mon sentimental, mon désirable, mon ami, mon murmure, mon abandonné, mon offert, mon montreur de merveilles...
Attends moi, attends moi.
Rouhi...

MMD



samedi 7 janvier 2017

Ma lettre infinie... pour dire....

Tu es l'homme de ma vie. Dit ainsi cela semble d'une banalité affligeante, une expression utilisée jusqu'à nauseam.
Pourtant tu es cet homme de cette vie qui est la mienne. L'homme du reste de ma vie. Quand commence t'on à vivre? Quand commence la vie? Quand peut-on parler de vie?
Je ne sais pas. Une vie n'est qu'une succession de choses que l'on permet. Nous croyons toujours subir. Nous permettons cette soumission. Et l'on vit ces vies comme l'on peut.
On les cadre, les entoure de règles, de garde fou. Une vie de chemins balisés, emprunts de tous les renoncements, de tous les pragmatismes.
Tu es l'homme de ma vie. Évidence. Évidence. Une compréhension profonde de ce chamboulement en moi. Comme tu le dis si joliment " une histoire à écrire ensemble". l'histoire du reste de ma vie, celle de l'automne, quand les arbres deviennent feu et couleurs. Non pas la fadeur d'une seule couleur, mais ces explosions, ces embrasements qui rendent aux paysages la fulgurance de l'originel.
Tu es l'homme de ma vie parce que je t'ai ancré dans mes présents. Parce que je ne conçois plus ma vie sans toi à mes lisières mais aussi en mes centres. Parce que tu as ce goût des chemins de traverse, que tu n'as pas laissé ta raison détruire tes envies et tes désirs de moi.
Parce que tu sais qu'il ne nous est plus donné un futur lointain. Parce que tu es seul en toi, terre désolée, peuplée de tes manques, de tes absents, de tes rêves. Parce que tu as entendu ce que je pouvais t'offrir : toi. Te ré inventer... Mon corps et mon amour pour que tu saches que je suis là, qu'une femme est là, quelque part. Qu'en elle tu peux t'endormir, déposer les armes, l'aimer de tout cet amour que tu as en toi. Qu'elle avait le poing serré, dressé, fermé jusqu'à la douleur. Et que tu as ouvert ce poing.
Un homme qui fait de la main d'une femme une main offerte est à la hauteur de son humanité.
Tu es l'homme de ma vie.
J'aimerais vieillir avec toi, dans cet espace de nous qui nous est permis. Que mes doigts suivent ton visage, années après années. Que tu sois cet homme immense que tu es, changements et permanences. Que la fluidité de nos silences deviennent le lieu de nous, cette maison imaginaire où tu aurais posé ta vie en mes mains. Notre vie, nos vies. Ce nous qui est la vie. La seule.
Tu es l'homme de ma vie, de mon corps. Celui en qui je me dépose, en qui j'inscris mon corps et te laisse me guider, m'éclore, m'aimer.
Je t'aime en esprit. je t'aime en corps, en sexe, en salive, en plaisirs, en " Touche moi, prends moi, ouvre moi, viens, viens, viens, donne toi, offre moi, profond, chaleur..." et la musique des plaisirs, les notes du souffle soudain affolé, cette sensation de feu et d'ouverture, la jouissance déposée sur la bouche de l'autre... Tu es l'homme de ma vie parce que tu permets tout ça, cette perception aiguë de ces désirs qui habillent la peau de fourmillements, qui rendent électrique, sensible à l'extrême, juste repliée sur ce toi qui déclenche en moi cette alchimie de l'amour physique.
Tu es l'homme de ma vie. Me prends-tu comme femme de ta vie?
Continuer ma lettre des manques de toi... Te broder comme mien. Te respirer comme homme mien. M'expirer comme tienne. Entièrement. T'offrir ma seule langue, mes mots, ma dernière frontière, mon corps.
Et ton désir de moi pour que les heures ne soient plus que livre de toi, de moi, de nous.
T'aimer, te vouloir...
T'aimer mon passionnel ( peut-on aimer sans passion?), mon homme aux yeux de brumes, mon homme qui me fait résonner, mon ange, mon coeur, aimé, aimant, désiré, désirant...
Et mon corps en désirs de toi....

MMD



vendredi 6 janvier 2017

Ma lettre infinie...là bas....

Toujours mes mots de mon bout de mon monde à ton bout du monde. Comme un pont, un chemin étroit qui me ferait parvenir à toi. Ma lettre des infinis, ma lettre infinie, commencée sous tes mains et qui déroule notre histoire. Que tu entendes ma voix t'écrire.
Une chanson de la mer, ta voix, ma lettre... Combien d'espaces peut-on supporter? Au long de combien d'espaces te tisser? Inscrire cette absence présence?
La terre tourne. Nous tournons avec elle. A force de tourner, à force de ce mouvement des marées, peut-être nous rejoindrons nous sur une plage, quelque part, dans l'entre-île, celle née dans la magie d'une rencontre improbable... Flux et reflux... Se faire l'amour dans cette houle. Partir, revenir. Ta peau, ma peau. Le cercle parfait.
Revenir à cet instant où nous nous sommes embrassés pour la première fois, après nos mains qui se cherchaient sans oser se toucher, ce désir qui tissait ce qui allait venir, ma bouche en ta bouche.
Il y a eu deux premières fois. Le premier baiser. Puis l'autre premier baiser, celui de la pénombre, sur la terrasse là-haut, complet, en chuchotis, en acceptation de l'autre, en abandon, quand le corps se fait évidences... Et ta voix qui continuait à murmurer, cette douceur que tu posais sur moi, ce corps, le tien, qui ne savait pas s'il devait rester là, en nos bouches, ou partir... Et ce moment fragile où tu as cédé... je l'ai entendu ce moment. Je n'entendais que lui. Et ton murmure.
Ce murmure n'a jamais cessé. Il est toi. Ta parole déposée en un murmure.
Combien de nos barreaux de prison avons-nous déposés ce soir là? Digue qui s'ouvre, laisse l'eau reprendre sa place... Cette première fois où tu as mis de la musique et des désirs et des jouissances en mon corps... Cette première fois où tes bras ont dessiné l'endroit où je dois être...
Cette première fois où mon horizon prenait les contours de ton grand corps allongé là, celui que tu ne regardes plus, toute cette peau offerte à mes mains et à mes lèvres, à mon odeur, à la femelle en moi...
Cette première fois où j'ai suivi du regard la ligne de ton torse, ton ventre, tes bras, la courbe de tes épaules, ton dos, ton cou, tes cuisses, tes jambes, tes pieds, tes flancs, ta bouche et ce petit mouvement de ta lèvre inférieure qui me chamboule, un peu plus avancée, charnelle, sexy... Ton regard abandonné... La forme de ton nez, ton front, tes sourcils, tes oreilles...Litanie sensuelle... Litanie des désirs. Litanie de toi... Je ne te nommais pas encore, soufflée par tout ce qui arrivait. M'habituer à ton nom sur ma langue... Et la peur, ma peur, ma honte de moi, ma détresse de me montrer... Et toi qui brisais la carapace, tendrement...
Il faudra du temps pour que je me ré apprenne, que je dépose mon corps si longtemps détesté, si longtemps massacré, si longtemps violé, si longtemps oublié... le laisser partir en tes mains.
Ton désir de moi, pour moi, cette bouche que je me découvre belle sous tes yeux, tous ces morceaux de moi éparpillés, tu en fais un tableau, tu recolles patiemment les brisures, tu lisses... Tu me rends à moi-même, mon homme des lointains.
Oh oui, combien d'espaces pour supporter le manque? Jusqu'à quel bout de terre aller pour renaître?
Une histoire pas comme les autres, la magie de tout ceci.
Je t'aime mon bel oiseau, mon sensitif, mon sexuel, mon tendre, mon homme de là-bas, mon corps, ma salive, mes jambes qui s'ouvrent, ma bouche...
Entends-tu mon bout de mon monde? Me rêves-tu comme moi je te rêve? Me prends-tu comme moi je te prends? Est-ce que je t'accompagne comme tu m'accompagnes à chaque souffle, à chaque petite banalité quotidienne?
Ma main qui s'est ouverte et que tu tiens entre tes doigts... Voilà ma réalité...
Je t'aime.

MMD




Parce que tout est musique, tout. Les mots sont musiques, les sentiments sont musique, le monde est musique...Juste entendre... N'être que cet atome qui tourne et tourne, univers, infini...
Il faut de la douceur et de la musique à ce qui respire.
De mon bout de monde à son bout de monde dessiner les musiques de l'âme, les musiques du coeur, les musiques de la peau.... Comme des doigts qui se tiennent, des regards qui se disent, des bouches qui posent sur l'autre les intimes....
Plénitude....


jeudi 5 janvier 2017

C'est la nuit que se racontent les histoires...Et c'est à la nuit que je rends mes mots du manque. Et une musique pour murmurer là bas, mon bout du monde.
Il faut à l'amour des désespoirs...
Rûmi qui tourne, tourne sa danse des atomes.

Ma lettre infinie, encore et toujours....

Continuer cette discussion infinie, cette discussion qui n'est que silences, car mes mots sont silences. Et dans ces silences ils disent l'essentiel. Il faut des silences à la parole. Mon écriture à toi, de toi, de nous, est ce silence. Celui qui permet tout, celui qui raconte tout à celui qui sait écouter.
Mon journal d'un bord de moi, pour raconter cet espace, ce manque. Dire aussi qu'aujourd'hui n'a pas été bon pour moi. Que tu n'y es pour rien. Toi, au contraire, quand tout va mal, je te rappelle. Tu me donnes la possibilité de fuir en moi, loin, loin là bas, et de me poser dans un souvenir, un parmi tant d'autres. C'est ce souvenir qui permet aux mauvaises choses de glisser un peu sur moi.
Ce soir je suis là bas, en face de toi, dans un moment parfait. Et je te regarde. Je te mange des yeux. J'arrête le temps, quand tu as posé tes lèvres sur mes doigts, quand tu as allongé ton corps sur un fauteuil, quand tu as allumé ma cigarette. De ce temps qui est en moi je fais ma respiration.
Tu te souviens de cette soirée parfaite, hors de tout? Quand tu as voulu nous offrir ce moment de paix, ce moment où nous serions nous, sans sexe, sans désir autre que cette plénitude à être avec l'autre, dans les petits gestes, les histoires racontées.
Ce pas de deux dans une pénombre douce.... Et ton regard, et ta voix, et tous ces toi redevenus un.
Comme un vieux couple. Comme un jeune couple. Comme une voix douce. Fluidité...
Des paroles, des silences doux comme une musique, des gestes, des respirations, des petits rires. Le corps et l'esprit qui se déconnectent de dehors et qui font de tout notre monde d'un instant.
Ce pouvoir que tu as de refaire monter à la surface la femme que je suis, réellement.
Et cette puissance de ce sentiment qui m'habite quand tu n'es que toi, simplement toi, tendre, mélancolique, rêveur, lissé, comme retrouvé.
Pour aimer il faut aussi l'éloignement. Il rend l'autre encore plus présent.
Alors, des jours comme celui ci, je repars en ta voix, en toi, en ta bouche sur la mienne, en tes bras qui me tiennent et qui disent au monde extérieur de nous laisser en paix, en cette dernière soirée.
Tu me manques. Et tu ne me manques pas. Tout se construit. Tout est... Même la tristesse fait partie de l'amour. Même la peine.
J'ai pris de toi ce que tu es. Tu me l'as offert. Je me suis offerte aussi. Que peut le temps ou l'éloignement face à ce cadeau?
Je suis heureuse quand je suis dans nous, car je suis peut-être la seule personne à t'avoir toi, toi, depuis des années.
J'ai cette chance magnifique d'avoir reçu un homme magnifique, un homme dont je suis fière, un homme que j'admire, un homme que j'aime.
Je t'entends rire en lisant ceci et tu vas me répondre que mes mots ne sont pas objectifs.
Pourtant ils le sont. Non pas parce que je t'aime. Mais parce que l'homme que tu es m'as touchée quand nous nous sommes vus pour la première fois seuls, dans le jardin, quand tu étais venu avec ta peine, avec ce nœud que tu avais en toi, quand tu avais les larmes aux yeux.
C'est à ce moment là que quelque chose a commencé à céder en moi.
Parce que tu es un homme bien, quelqu'un de profondément bien et bon, de profondément doux, de profondément ancré en l'amour. Tu n'as pas tout tué en toi.
Tu ne te vois plus. Alors laisse moi te regarder pour toi. Laisse moi te dire combien tu es précieux. Combien ce mélange de toi, douceur et violences, est beau. Combien il te raconte.
Laisse moi te regarder pour que tu te souviennes de l'homme que tu es... et beau, si beau...
Je te parle, parle, parle, et je te raconte que mon désir pour toi est permanent, intact.
Que cela m'est étrange. Que cela m'est merveilles.
Merci d'être. Aujourd'hui tu m'as aidée à tenir. Tu m'as aidée.
Tu vois?
Et si tu sais m'attendre, je reviendrai vers toi. Et tu auras ce regard immense, affamé, de l'homme que j'aime...
Moi je t'attends. Et Rûmi pour adoucir le temps....
Je t'aime.

MMD



Inquiétudes....

mardi 3 janvier 2017

Ma lettre infinie, toujours.....

Et ma lettre infinie qui continue, qui se déroule, te déroule, nous déroule... Ta douce qui s'est faite fleur de nuit, qui n'est plus que ce langage de ta peau, cette langue jolie, cette langue frissons, cette langue neuve, toujours neuve...
L'impatience au bout des doigts; le temps qui s'allonge instant, un seul, unique, celui que nous étirons, béatitudes.
Ta sensitive s'est faite statue. Elle s'est arrêtée de respirer en tes doigts posés sur son épaule. Et elle a fermé les yeux, fort, fort, comme une enfant heureuse, pour les rouvrir sur la mer, une crique, un phare lointain. Elle a ouvert la bouche. En ses mains elle a enfermé ton visage et elle t'a dit " viens...".
Il m'aura fallu cet homme endormi en moi, pour entendre que mes mots n'étaient qu'écriture de lui.
Étrange écriture que celle d'une amoureuse. Elle se fait sensuelle. Elle pose les mots des corps, les mots du sexe, les mots d'amour.
Et la peau comme un parchemin. Et les doigts pour lire, aveugles, ce qui ploie dans une chambre...
Je l'allonge à ma vie, le chatouille mien, le rend au mouvement et à l'immobilité... Le ramène à la simplicité des mots, mes mots, ceux de mon bout de mon monde, ceux de ma bouteille à la mer.
Derrière mes yeux il est un homme qui me murmure son désir, son amour. Je le garde, là, en ce regard par delà mes paupières, dans ce lieu qui est nous.
Je lui écrit  que sa douce n'est plus que ce frisson, ces notes, ce piano sur lequel il a posé ses mains, qu'elle vibre, qu'elle est libre, libre...
Ma lettre infinie pour le raconter, lui, mon homme. Rouler sur ma langue ce "Mon homme", en sentir chaque sonorité, chaque souffle.
Au bout de mes mots attraper son regard et sa voix.
En cet instant qui s'étire, s'étire, un homme magique pose son corps sur le mien....
J'écris, j'écris, parce qu'il faut tous ces mots pour effacer les lointains, parce qu'aux murmures de cet homme mien je dépose mes mots, ma langue.
A mon bel amour, mon bel amour, mon désiré, mon aimé, mien, mon charnel, mon sensuel, mon frisson,  j'écris que je suis née en ses mains.
J'invente des mots, je t'aime en nuages, je t'aime en vents, je t'aime en toi en moi, je t'aime en bouche, je t'aime en couleurs, je t'aime en coeur, je t'aime en envies, je t'aime en fleurs.
Je t'amour.....

MMD


Ne lâche pas mes doigts....













Ne lâche pas mes doigts, garde les, enrobe les, caresse les
Ils te diront les mots de mes nuits
Mes yeux fermés au silence
Ouverts à toi
Ils te raconteront les effleurements,
Ta voix sur ma peau, les bras qui frémissent
Ne lâche pas mes doigts, plie les, colore les
Ils auront les rires du désir
Ils te liront les fleurs de l'envie,
Au bout de ton corps, ils te redessineront

Ne lâche pas mes doigts, effleure les, empoigne les,
A ton oreille ils mettront la musique
Ma bouche dans ta paume
Ma bouche sur ton épaule
Ma bouche et sa marque

Ne lâche pas mes doigts, paume à paume,
Lèche les, fais en des papillons,
Rends les à l'eau, à ta salive,
Rends les à mon corps
Ne lâche pas mes doigts

De tes doigts à mes doigts, des amours à faire

Et toi en moi

J'ai tes doigts à mes doigts renversés
Je les danse à mon cou
Je les tournoie à mes  hanches
les endors à mon ventre

Et sur le bout de tes doigts devenus mes doigts
j'inspire.....


Mariem mint DERWICH

(Artiste, Ismail Rifai)

dimanche 1 janvier 2017

Ma lettre infinie....

Un jour je te dirai que je t'écris depuis tant d'années, tant de siècles, tant de présents, tant de futurs. Que tu as  été dans mon écriture quand tout allait de travers. Que tu as  été cet homme inconnu mais qui m'accompagnait, qui m'aidait à tenir.
Je te  dirai que je n'ai pas plié, jamais. Que je fus parfois brisée physiquement, implosée moralement . Que j'ai pleuré, pleuré, que j'ai soigné les bleus et les os cassés, que j'ai ravalé ma colère, que j'ai serré les dents et que j'ai fermé mon poing - tenir, tenir- par delà la peur, par delà la nausée permanente... Que je parlais à cette silhouette que tu étais, cette présence fantôme qu'une petite fille en mal d'être femme tissait patiemment, s'inventait pour respirer. Que j'ai eu peur, tellement peur. Que j'ai appelé au secours parfois. Que j'ai eu mal, mal à en crever. Je te dirai la lassitude et les cachets que l'on avale, le grand trou noir, la fin si douce. Je te dirai les médecins qui vous obligent à vivre, qui vous obligent à regarder, à vous souvenir que vous avez des enfants, des enfants petits, je te dirai cet homme dont je ne me rappelle que le regard bleu, une sirène en bruit de fond, accroché à mon regard et qui disait " Regardez moi, ouvrez les yeux, ne quittez pas mon regard, je suis là, regardez moi, regardez moi", cette sensation d'être secouée, tout ce bruit, la douleur sur ma peau et moi qui parlais dans ma tête " laissez moi tranquille, je suis bien" , moi dont le regard, paradoxalement, ne quittait pas ces yeux bleus d'un pompier anonyme...
Je te dirai que je suis allée au delà de la falaise, loin, si loin. Et que je suis revenue, fille de rien, femme à personne, étrangère à moi-même.
Je te dirai pourquoi je suis restée, spirale de peurs... Parce qu'il faut expliquer.
Et je continue à te parler. Tu es arrivé. Tu as mis le temps pour arriver. Tout ce temps de solitudes.
Fille de rien, femme à personne...Femme ne possédant que ce poing serré, fermé, douloureux.
Puis tu es venu et tu m'as dis " Tu m'as moi".
Dans la pénombre d'un instant parfait, fragile, tu as ouvert tes bras et j'ai laissé s'ouvrir ma peau et la carapace.
Je te dirai, dans une autre pénombre, dans un autre instant parfait et fragile, que tu m'as fait renaître neuve.
Et dans cette autre pénombre, dans cette autre fragilité, à ton corps allongée, je t'écouterai. Je prendrai cet homme immense que tu es, tes doutes, tes batailles, tes guerres de tranchées, tous ces toi qui te font, que tu lies désespérément, pour que ta vie, ton édifice ne s'écroulent pas, hanté par une vie antérieure et une autre bataille.
Je te dirai que j'ai pris tes cicatrices, tous tes silences qui te sont respirations et paix. Que je t'aime pour tes marques, tes peurs, tes intensités, tes murmures, tes silences, les musiques que tu accroches à mes oreilles, tes histoires d'ailleurs, tes yeux, ta bouche, ton goût, tes pensées. Mon homme posé entre mes mains et qui frémit sous mes lèvres.
Je t'écrirai par-delà tout.
Je te dirai encore et encore cet espace terrible entre nous, les manques de mon corps, mes yeux qui deviennent aveugles, ce sentiment amoureux profond, venu si vite et, pourtant, si complet.
Je te dirai les mots de l'amour, les mots du désir, les mots venus des profondeurs, ceux qui sont couleurs. Je te dirai mes ici, ta voix qui fait de moi une corde tendue, un corps frissons.
Je te dirai ce coup dans mon ventre quand je te vois, cette onde qui m'envahit.
Je te dirai que tu m'es tableau.
Je continuerai à t'écrire pour te parler, pour que tu m'entendes, pour que je t'entende, souffle après souffle, présence permanente.
Je t'écrirai pour te dire, te dire, te dire que mon corps est resté sous le tien, sous tes mains, dans ton odeur, sous ta bouche, ouvert à toi. Qu'il n'est plus que cet animal fait eaux et vagues, houle... Qu'à la mer je suis retournée. Je te dirai les mots de l'envie, les mots du sexe, les mots de l'amour...
Ce sera ma lettre infinie, mon émerveillement, ma fulgurance...
Je t'écrirai pour te murmurer, à mon tour, " Tu m'as moi".
Tu m'as dessinée papillon...

MMD

(Artiste Carol Carter)

samedi 31 décembre 2016

Terre de couleurs....













Il a fait de mon corps une note,
un parfum, un chemin,
une terre des couleurs

Il a fait de ma parole une musique
a posé des silences dans mon sang
une main ouverte, une main ouverte

Il a dessiné sur ma peau les vents
ceux d'ici, ceux de là bas
ils ont tressé mes cheveux

Il a posé une île sur ma bouche
j'y dors et je le rêve
et la mer pour m'enfuir

Il me tient entre ses doigts,
je danse sa peau
mes lèvres dans sa paume

J'ai arpenté les horizons
il dormait au bord du monde
les yeux fermés
je lui ai dis, viens, il est des amours à faire,
des mondes à partager,
des mers à découvrir
je lui ai dis, homme mien, homme que je porte,
je mets tes silences en colliers,
en bracelets,
Je lui dis, jusqu'à la fin de la parole

Il habite mon ventre et mes sommeils
J'allonge ma bouche à sa bouche
je tatoue sa langue
j'ouvre mes bras, infini, éternité,
pour qu'il fasse de moi une note, une seule note,
un parfum, un chemin,
une terre des couleurs

une terre des couleurs....

Et je lui dis, homme mien, homme mien, homme mien
perle, bras serrés, eaux, vague
homme mien ,homme mien, homme du bout du monde

Une terre de couleurs....

Mariem mint DERWICH

(Artiste,Marie-Paule Deville - Chabrolle)











Pour lui qui m'habite et que j'habite...

vendredi 30 décembre 2016

Lettre à la mer, lettre d'un bout du monde à un bord de soi.....

Lettre d'un bout du monde, ma bouteille à la mer, mes mots devenus vents et toujours plus haut, toujours plus loin les lancer.
Il faut aux vies des bouts de monde, des bouts de soi, des bords de nous, là où tout est espace. Et marcher de bords de soi en bords de soi, de bords de moi en bords de lui.
S'asseoir, respirer, poser le regard au plus profond, ouvrir, ouvrir...
Tournoyer, tournoyer, n'être que cet atome aux bras ouverts, au visage lancé au ciel... D'un atome à un atome, écrire le monde, tourner les désirs, les manques.
Et l'atome tourne. Il est fulgurance. Il est lumière. Il a pris le chemin d'un autre bord de soi, frontière effacée, celle qui sent le vent, la mer, la terre, l'infini inscrit en mon regard, cet infini face à ce qui danse.
Dans ma bouteille que je jette le plus loin possible, tournée vers l'horizon, par delà les terres, les rivières, les mers, les criques, les villes, les phares, loin si loin, j'ai enfermé un oiseau, pour dire à l'autre bout du monde qu'au bord de moi il est, que je m'endors dans son sourire.
C'est ma lettre de naufragée, ma lettre des dunes, des soleils, des mains sur mon ventre.
Ma lettre du bout du monde. Je souffle doucement sur ma lettre pour que les mots renaissent odeurs, touchers, sa peau..
Il entendra peut être mon bord de lui, mon bord de moi, mon bout du monde...
Et l'oiseau pour murmurer qu'au fond de ma bouteille j'ai enfermé mes seins, ma bouche, les musiques, celle qui tournoie et celle qui tape contre mes sables, ce bord de moi qui m'est lointains et présents, mes entre secondes...
Dans ma lettre d'ici je lui dis que je redeviens libre, en cavale de moi, qu'un bout du monde s'est fait bord de moi, qu'une petite fille s'endort enfin. Elle a accompagné une femme pendant toute une vie. Elle s'efface et se rend à la mémoire. Elle dit à cette femme "Aime, sois aimée. Tu n'as plus besoin de moi, plus de peurs, plus de douleurs. Mets toi dans la bouteille et va..."
Dans mon bout du monde que je lance vers mon bord de moi je parle ma langue familière, celle d'une voix qui murmure et qui m'a offert des silences comme des aubes, des crépuscules, des nuits qui nous regardent partir. A ce bout de moi, bout de terre, bords des mondes, je n'ai à offrir que cette langue des intimes. La seule que je connaisse. Je l'ai mise dans ma bouteille, avec l'oiseau, avec le chant, avec une musique, avec le désir...
Je lance mon bord de moi au bout d'un monde... Un bord de moi est devenu regard.
Ma lettre d'un bout de monde à un bord de soi ....

MMD




A quoi tient la vie d'un blog parfois? A des souvenirs remontés à la mémoire, à ces ailleurs qui ne sont jamais très loin...
Rockall, Fastnet, Iroise, Hébrides, Dogger, Antifer, Shannon, Forth, Fisher, Viking...Les noms d'ailleurs, noms de la mer, qui m'ont fait rêver pendant des années, moi la saharienne, fille des sables et de l'Atlantique,  fille de Nouakchott et qui écoutais, éblouie par la poésie des mots, la poésie de ces lointains, la météo marine, tous les soirs, chavirée par ces noms des larges, ces noms d'eau, engloutie que j'étais dans mon Paris d'étudiante....
et je m'inventais des histoires de Terre Neuvas, de marins, de tempêtes, de vents, de vagues...
Étranges que ces amours lointaines, amours de la mer, pour la mer, étranges....
Le monde est poésies....

MMD

Mots chuchotés...










Un lieu fixe, une porte, une table, des chaises, un rire
                    - j'aimerais -
Un endroit de miel et de sable, ma mère, la paix
                    - j'aimerais -

Dans tous les lieux mobiles, ceux qui jalonnent la route,
un lit, un amour, une chanson
                    - toi -

Ouvrir la porte, odeurs, cuisine, les pas qui dansent,


S'éveiller dans les mots chuchotés
                    - ma bouche contre ta peau -

Etre ancre, amarres, un lieu
                    - racines -

Regarder loin, la ligne du ciel, la brume,
effleurer du bout du souffle
les histoires qui viennent
                    - n'être -

Etrangère devenue  fille de...

Un lieu musique, qui dit les gestes du plaisir,
où déposer ses mémoires
la poussière des chemins
                    - moi -

Derrière la porte s'inventent les mondes

Mots de demain, fumée des yeux, eaux
                    - j'aimerais -

Et dans l'absolu de la seconde qui vient
inventer  les chemins des dunes
là bas, là bas, ici et par là,

Dans ta paume murmurer "Naître"....

Mariem mint DERWICH

( Artiste : Mona Mac Dee)




jeudi 29 décembre 2016

ELUARD :
"...je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent..."

(Extrait de "Capitale de la douleur")

mercredi 28 décembre 2016

Journal d'un bord de soi (à lui...)..... suite

On dit de l'amour qu'il se construit, qu'il se tisse. Non. Moi je crois à l'amour percussion, celui qui te rentre dedans, celui qui t'est souffle manqué. Il faut s'empoigner pour s'aimer. Un instant avant nous sommes seuls. L'instant d'après nous sommes deux.
Quand est-ce que j'ai aimé cet homme, que je suis tombée en lui, qu'il m'a bousculée, renversée?
Ce moment où tout bascule, où tout devient évidence, clarté absolue?
Une hypersensibilité à l'autre...
Il m'a percutée, a ravagé mon souffle, a arrêté mon coeur. Depuis je n'entends plus que ces battements irréguliers.
Je suis tombée dans ses yeux et sous sa bouche. Tout simplement. Quand nous nous sommes embrassés pour la première fois une digue a lâché. Pendant que nous nous apprenions,  le goût de l'autre, sa salive, la douceur de sa langue, ce souffle qui se fait hésitant et un peu plus rauque, la gestuelle érotique de deux corps qui se cherchent, dans un coin de cette terre vierge qu'avait fait naître le big bang je réalisais cette chose, ce sentiment puissant du " Tu es mon autre; je te reconnais comme tel, je te prends comme tel".
Voilà ce que fut ma rencontre avec lui : une tempête et, en même temps, un calme profond.
Et la première fois après l'amour, après la faim, après le plaisir, la première fois où il m'a offert son grand corps, étendu là, à ma lisière, à mes mains émerveillées par cette immensité faite homme, ses fragilités avouées, ses douceurs, la ligne du torse, la respiration qui murmure, j'ai commencé à tisser ces liens de lui.
L'impatience du corps, le frisson, ce vide qui aspire en moi, les papillons dans mon ventre...
Son regard qui me fixe, par delà la musique, ce regard particulier qu'il a, cette couleur des yeux qui m'est étrange et qui me raconte ce qu'il ne dit pas avec les mots mais dont son corps se fait portée de notes.
Il m'est homme regard, homme qui murmure, homme qui s'abandonne, qui ose petit à petit, comme un enfant qui ébaucherait le grand saut et qui, doucement, s'ouvre à la vague.
Depuis quand une femme ne s'est elle pas abandonnée dans ses bras, pleinement? Depuis quand n'a t'il pas été aimé mon homme audaces et retraits, mon homme détresses?
Je le regarde, je le regarde, cet homme mien, devenu mien, cet homme qui s'est perdu à lui-même et qui a la mer comme rêves, l'Océan pour respirer.
Il m'a fait don de lui. Je l'ai pris, j'ai ouvert ma bouche et mon âme et je suis partie prendre la main de cet homme perdu.
L'amour brûle dans les doigts qui s'accrochent, dans le goût ocre d'un corps qui s'ouvre, dans la parole chuchotée dans une pénombre, dans des regards qui se mangent de loin, dans un moment simple où un homme et une femme sont juste face à face, banalités d'une cigarette échangée, sensualité d'un geste esquissé, le désir et la parole...dans ce doigt posé sur les lèvres qui dit qu'il faut laisser les silences mettre des couleurs et des profondeurs à ce qui ne se dit pas mais qui s'entend, comme une musique perpétuelle, un pas de deux où l'autre est cette plage où l'on s'endort.
Il m'est cet esprit qui répond à mon esprit. Cette facilité, cette fluidité de la rencontre.
Je le regarde cet homme mien qui se redécouvre lui en mon ventre, en ma peau, en mes mots de lui, en ma bouche.
Je le ramène à ce qu'il est, cet oiseau, cet homme beau, cet homme centre, cet homme mal aimé, cet homme paumé. Je le lui dis.
Je lui raconte que ses doigts sur mon épaule font mon monde, que je tangue sous ses yeux, que sa voix me chavire, que sa bouche m'est voyages, qu'il m'est poésies et ciel et nuages et désir.
Qu'il m'est air et respiration, coeur et corps. Qu'il m'éblouit et me rend à moi-même...
Que quand il referme ses bras sur moi, je retrouve le pays perdu. Que ce pays c'est lui.
Il m'est langue étrangère et familière. Ma langue...


MMD









Jeux...










Il y a ,comme ça, comme rien, les doigts qui courent en frissons
les doigts en soupirs, encre de Chine et petits rires

Il y a, comme emmêlés, les doigts qui dessinent en fusains
les doigts en eaux profondes, méli mélo et chatouillis

Il y a, comme endormis, coquins, les doigts qui chantonnent en sourdine
les doigts en ambres modelés, friselis de la peau

il y a, comme taquinés, les doigts en murmures odorants
les doigts en ailes envolés, frôlés le long des hanches

Il y a mes doigts en écriture sur ta bouche, comme ça , comme rien,
en baisers saupoudrés, en ton cou déposés

Il y a mes doigts, en houles sensuelles, comme ça, comme tout,

et sur ta langue j'écris....

Mariem mint DERWICH

(Artiste : Lucie Geoffroy)


Puisqu'il faut une musique à la rondeur, à la plénitude, à la paix, à l'amour....


mardi 27 décembre 2016

Corps à coeurs...











Il est un homme qui m'attend
un homme que j'attends
un homme qui dort dans mon cou

Il a fait de mon corps une musique
a bu à ma bouche
s'est fait manteau

Il a dessiné un chemin mouillé,
de mes cuisses il a ouvert un horizon
s'est allongé entre mes seins
Je le connais cet homme en mon cou amoureux

Il a l'odeur des ailleurs
je le chante en alphabets des corps
en soupirs, en larmes
j'ai fait de sa peau une poterie
que je recrée à chaque fois qu'il me touche

Il m'a sur ses doigts, odeur mouillée, odeur de pluie
il me regarde 
je lui raconte mon ventre envolé monde
il cueille au bout de sa langue
les frissons et les soupirs de l'amante

A mon corps offert
il rend son corps douceur
Il suit le chemin du visage
Abandon
Plaisir

Il est un homme qui m'espère
un homme qui fait de mes nuits
un chant amoureux

Je lui dis, doigt après doigt,
senteurs après senteurs,
voici mon corps à ton corps donné
touche moi
bois moi
inspire moi
donne moi 
prends moi

Je lui dis à cet homme devenu ma mémoire,
allonge toi sous mes paupières
laisse mes mains raconter
écoute le murmure de mes lèvres
ferme les yeux dans mon odeur
ouvre toi
donne moi ta langue pour que ma langue t'aime
fais de ton ventre une barque
deviens celui que je fais danser
et mon désir comme un feu

Il a brûlé ma peau
J'ai scellé ses yeux 

Il est un homme qui m'attend
un homme que j'attends
Il me tournoie
me chavire
il fait de moi un arc, une fleur

Ouvrir les yeux dans le plaisir de lui
Ployer
ployer

Naître femme...

Mariem mint DERWICH

(Artiste Gustav Vigeland)











lundi 26 décembre 2016

Journal d'un bord de soi

Écrire, ne pas écrire. Dire, ne pas dire. Parler, ne pas parler. Respirer, ne pas respirer. Étrangetés que ces vies plurielles, ces bords de moi, impermanents, allers retours...
Juste le tangible, le palpable, cette écriture non écriture, qui m'est langue intime, alphabet des profondeurs.
Je m'écris, je me parle. Du plus loin que je me souvienne je me parle, face à face pétrifié entre cette femme multiple des autres et cette femme une, celle que personne ne voit jamais.
Un mur que je remonte après chaque tempête, pierre après pierre. La ténacité absurde de la fourmi quand, en moi, je vole, je suis immense.
Absurdes.
C'est ma zone de confort vital quand tout va mal, quand je suis roulée en boule, pleine de larmes, quand les bleus se voient.
Respirer quand on se noie.
J'ai posé dans mes vies mon écriture langue et la musique. La musique pour raconter, raconter à en perdre tous mes mots que mon chemin de croix est ma solitude, la seule lumière qui soit, arc boutée sur le fait d'avancer un pied après l'autre...
Se lever, s'obliger à se lever...une de mes vies m'attend. Elle est emploi du temps et ennui mortel. Elle est mauvais silences, emmurement, violences, dents serrées - " ne pleure pas, ne pleure pas"-, la rigidité du dos, la nuque tendue comme un cristal, la boule au ventre. Fermer les yeux et m'enfuir dans mon journal d'un bord de moi, celui où, enfin, je m'étale, gosse heureuse.
L'apprentissage de la douleur permanente, de la colère retenue au bord des lèvres, de ce poing dressé et fermé, celui que j'habille de rires et de théâtres, en représentation pour un public qui ne comprend pas. Que pourrait il comprendre à cela? Il n'y a rien à comprendre. Juste à regarder.
Et il y a cet homme aux yeux tristes, à qui je parle dans ma vie où je suis oiseau. Cet homme aux silences qui répondent à mes silences. Mon autre encagé, mon autre multiple, mon intersection. Il s'entend si peu que je n'entends que lui. Et à l'entendre lui je laisse mon poing se desserrer... Il me fait du bien cet homme qui m'est journal d'un bord de moi. En l'apprenant je me désapprends de tant de prisons. Il est venu en moi, il a entendu les rires et les larmes. Il a attrapé l'oiseau.
Il m'est étrange et, pourtant, si familier, comme une âme qui m'aurait accompagnée au long de mes siècles de survie. Je le reconnais en moi comme je me reconnais en lui. Semblables et si différents.
Banalités de nos vies menées chichement. La lâcheté de ceux qui ont peur. La peur de ceux qui tremblent en permanence. La peur de ceux qui sont seuls et fragiles. Se nier, s'effacer, encore et toujours, plier, porter le masque, se faire emplois du temps de l'absurde.
Que font deux solitudes et deux détresses quand elles se percutent? Elles s'aiment. Elles s'offrent. Elles s'abandonnent enfin. Elles ouvrent les bras et apprivoisent la respiration soudain faite paix et plénitude. Elles se font l'amour. Elles ouvrent leurs mains, les posent paume contre paume et le poing qui ne se referme pas.
Je l'ai reconnu mon homme des merveilles, lui à qui je parle depuis si longtemps, silhouette fragile en lisière de mes ailleurs.
M'a t'il reconnue moi? Je ne sais pas.
Et je m'en fiche. Il a fait de moi une femme, infinie, lisse. Une femme aimée. Je ne cherche pas à penser plus loin. Demain est une autre vie. Seul ce présent de plénitude importe.
Nous raccrocher aux petits gestes enfantins que s'échangent deux personnes qui s'aiment dans le moment : lui offrir RUMI, mon poème respiration, et lui m'offrir sa chanson de sa "fin de terre", là où la mer commence et ne finit pas...La rencontre entre un poète persan, mystique, qui tournoie pour l'éternité et les mots de la mer, les mots des tempêtes, les mots marins...
C'est nous et plus que nous. Ce sont nos bouches qui se cherchent. C'est cet homme devenu mien que j'inspire et qui m'expire.
Et faire de notre histoire amoureuse une musique qui brouille le regard, le remplit de larmes...
J'ai laissé ma paume à sa paume, émerveillée par cet homme mien qui ne moque pas mes fragilités. J'ai sa paume pour l'éternité contre ma paume. Je le brode dans le manque. je le brode dans sa présence permanente. Je le brode à mon oreille et au bout de mes doigts. Je lui rends la musique, celle qu'il a fait naître en moi, quand il m'a faite femme, quand il m'a invitée dans ses intimes, quand il m'a rendue à moi même, son corps comme une évidence...
Il est mon premier homme. Mon premier.
Ne rien regretter, jamais, surtout pas. Ne pas regretter la faiblesse qui nous a posé sous le regard de l'autre. Se souvenir de ces yeux qui regardent l'autre, enfin. Se souvenir et aimer ces instants magiques où nous nous sommes cherchés dans la pénombre, après tant de murmures qui nous racontaient. Quand nos mains se tournaient autour, quand nous nous sommes reconnus en l'autre.
Se souvenir de cet homme qui souffrait, qui portait tant de détresse en lui, de cet homme qui m'a murmurée, là bas, " enfin, tu me regardes en face"... Sans savoir que je le regardais, affamée, de ce regard que l'on nous apprend à nous femmes, regard de la pudeur qui voit sans regarder...
Que j'ai regardé chaque marque sur son visage, chaque expression, chaque glissement au long de ses murmures de lui.
Il m'a re dessinée lisse, non pas morceaux de moi. Il me rend belle. C'est immense. Il a la patience des gens bons et malheureux.
Je l'ai rendu heureux, moi la mal aimée, moi la mal aimante. Moi la disgracieuse...
Je l'aime mon homme d'ailleurs. Cela me suffit. Cela m'est.

MMD






dimanche 25 décembre 2016

la lettre...










Je te parle,  je parle à en oublier les mots

Une petite fille tournoie
Une main au ciel, une main vers la terre
Elle dit les choses que l'on ne dit jamais
Elle tournoie et regarde la femme devenue voile,
ce vent qui passe doucement sur ta mémoire,
cette pause dans le souffle,
une éternité qui se rêve amante

Je te parle et la petite fille danse

Elle tournoie
Elle ploie sa chevelure et boit le ciel

Je te parle
la petite fille devenue femme entre tes mains
a fait de sa peau une nuit et un jour
un soleil, une étoile
un alphabet
elle te parle

Je te parle et la petite fille danse

Je te parle, t'invente des rivières
toutes les eaux, les pluies, les vents,
Je te raconte l'homme en moi porté
allongé
ses doigts sur mon épaule
ses yeux qui chuchotent les peines
Il est là cet homme
Je lui parle, parle, au long de mes temps
au long de mes hanches
au long de ma bouche
Il a les cils immenses
Il a dessiné sa voix sur mes paupières

Je te parle et la femme danse

Je te parle, te fais naître homme en moi
mon homme en mémoire de nous
mon homme en couleurs émotions
mon homme en perles
mon homme doré

je te parle, mon homme des merveilles
Tu m'es écritures

Mariem mint DERWICH

(Artiste Claire Villeret)



samedi 24 décembre 2016

Petits mots pour murmurer....










Il me sera toujours une île lointaine,
un désert, un fleuve, une mer, un ciel,
une maison face aux nuages
tant de mondes à arpenter
Un homme à aimer
Une musique qui dit que nous sommes
tant de terres à gravir
d'étoiles à danser
Un homme à aimer

J'emprisonne les mots dans mes cheveux
les rends au sel, à la vague, à l'eau
Un homme à aimer

J'écoute mes bras respirer
Chemins après chemins
Ouvrir le regard aux vents
Ecrire un livre aux pages blanches
A jamais neuve, à jamais renouvelée
Des silences comme une boréale
Un homme à aimer

Je le pose sur mon épaule
Collier balbutiant
Couleurs, perles, toucher
Un homme à aimer

J'ai laissé sur la table les mots
pour qu'il lise et ferme les yeux
ce qui vient de là bas, de la brume de ses yeux
Je lui dis que la terre naît de l'eau
qu'il faut une main accrochée à une main
qu'il est des gestes pour l'amour
et des gestes pour le sentir
Un homme à aimer

A son dos apposer mes mains
Il entend les profondeurs
je l'écoute respirer
Un homme à aimer

A mes fenêtres j'ai inscrit des lumières
Il viendra souffler sur mes poésies
longtemps, longtemps

J'ai dessiné aux murs les premières fois
tableaux d'une enfant
Deux atomes
A son oreille j'allonge les désirs
Deux atomes
Un homme à aimer

Dans ses bras devenus vallée et port et plaine et lit
une petite fille murmure cet homme à aimer
et s'éveille femme
Plénitude
Un homme à aimer

A ma bouche entrouverte je l'ai étendu
il dort sur ma langue
Un homme à aimer

Mariem mint DERWICH

(Artiste, Ivan Aivazovsky)







jeudi 22 décembre 2016

Je le danse...












Au bout de tes doigts je me suis allongée
là où tout vient, où tout  danse

Et Rumi pour dire cet instant devenu éternité

Homme murmures, homme mien,
tourner jusqu'au battement de coeur perdu
Le rattraper, l'expirer, atome

Et Rumi pour inscrire que seul l'amour est respiration

Endormie enfin dans la nuit
à ton cou repliée
mes yeux pour offrande
ta voix pour tisser les vies de nous

Et Rumi pour ceux qui dansent

Il est un homme des lointains
un homme des grands larges
en lui je me suis posée
je lui raconte les histoires
les histoires de la peau et les histoires parfums
Au bord de sa bouche j'ai déposé mes secrets
et la petite fille devenue femme en ses mains

Et Rumi pour le frisson et ce qui monte

En cet homme fragile, cet homme offert
me murmurer
Le murmurer
Naître à l'aurore
Il m'est cet homme venu de la mer
Absolu d'une île faite corps et âme

Rumi pour les silences, plénitude

Et je danse, je danse, je le danse
cet homme qui me brode vagues
Je le danse en mes mains
Je lui danse la femme en amour
l'homme endormi entre mes seins
le battement de coeur devenu musique
La douceur d'un jardin dans la pénombre
Sa bouche sur mes doigts
mon ventre devenu terre lointaine
Je le danse, je le danse, ciel, terre, mer, étoiles
Sable, chuchotis d'un monde qui s'éveille lumières,

Et Rumi pour fermer les yeux

Je me referme sur lui pour mieux m'envoler.

Mes doigts à tes doigts enchâssés
Immortelle
Dune
Vents
Houle

Il m'est un homme venu de derrière les nuages
En cet homme je déroule une histoire
ma mémoire qui renaît dans un Je t'aime
Il est un homme mien
Je lui dis, dans mes secondes faites voyages, danse, danse homme mien
Danse pour la femme qui aime
Danse pour elle qui te danse

Et Rumi pour ceux qui aiment

Mariem mint DERWICH

(Artiste Andrew Salgado)












lundi 19 décembre 2016

Nous vieillirons ensemble














Et quand j 'aurai épuisé toutes les larmes
Et tous les voyages
Tous les au revoir et tous mes souffles
Chaque chant de toi
Je te retrouverai

Là bas
Entre nous
Entre toi
Entre moi
Cet espace à notre mesure
Celui qui raconte que nous avons aimé
Que je me suis déposée en tes mains
Quand la musique naissait de tes doigts

Je te retrouverai
Nous vieillirons ensemble
Rien n'est jamais
Tout est
Y croire

Il nous reste tous les voyages du monde
Et tant d 'amour à faire
Tant de petites choses à inscrire en l 'autre
Et le désir comme horizons

Nous vieillirons ensemble
Moi sous tes yeux
Toi sous ma peau
Y croire

T 'aimer, aimer t 'aimer

Homme mien,
T 'aimer et t 'aimer

Nous vieillirons ensemble

Une femme pleure et s 'envole

Elle aime

Mariem mint DERWICH

( Artiste,  Joan Miro)



samedi 17 décembre 2016


Mains




















Il faudra des terres lointaines
Des chemins et des sables
Des maisons inhabitées
Tant de routes à entendre
Des crépuscules et des aubes
Des hommes à enfanter

Il faudra les prières des dormants
Les yeux de l ' âme
Tous les chagrins
Toutes les tristesses
Les amours heureux
Les amours éphémères
Ma main ouverte
Ma main fermée

Tant d 'horizons
Toujours plus loin
Là bas, dans les brumes de la mémoire

Ta main ouverte
Ta main fermée

Parcourir les intimes
Silences des grands fonds
Un mot comme seule épopée

Nos mains ouvertes
Nos mains fermées

Tourner au ciel
Étoile
Atome
Respiration de l ' Univers
Tourner, tourner, aveugle,
Émiettée
Dispersée

Mains ouvertes
Mains fermées

À chaque arbre inscrire
Me dire
Femme
Femme
Grands lointains

Porter le monde en mon ventre

Et il y aura cette porte entrouverte
La pénombre
Un rire, un oiseau
Le miel et un souffle sur la nuque
Ma main ouverte
Ta main offerte
Un silence en médaillon

Et à mes chevilles te porter
Homme du bout des routes
Homme devenu mien

Ouvrir mes mains aux mondes
N' être que cette larme accrochée à tes cils

Mariem mint DERWICH

( Artiste,  Oumar BALL)





vendredi 16 décembre 2016

Conte du désir...














Les mots de la nuit
De toutes les nuits du monde
Les mots chuchotés

Et tes flancs pour horizons

Les mots couleurs
Ceux qui brodent la respiration
Les mots éparpillés

Et tes mains comme une couche

Les mots liquides
La trace sur la peau
Les mots paupières

Et ta bouche comme le ciel

Les mots qui s 'endorment en ton cou
Frissons
Les mots amants

Et ton ventre pour regard

Fleurs de nuit
Que ces mots
Je les enferme en mes cheveux
Me faire collier
Pour que tu naisses papillon
Sur ma langue posé

Et tes doigts sur mes désirs

Ployer, ployer,
Danser en ton odeur
Dérives

Et la chanson brumes de tes yeux

Au bout du chemin ton corps sur le mien
Tournoyer l 'amour
J' ouvre mes jambes pour que tu naisses

Souffles...
T 'inspirer, m 'expirer
Nous rendre à la déraison
Ne rien posséder
Tout avoir
Il est un voyage à l'infini de nous
Une vague

En ta paume qui se danse mémoire
J'enferme la femme amour

Mots des temps musiques

Et à ta bouche conter
Mon je t'aime...

Mariem mint Derwich

( Maria Fortuny)










Il y aura toujours une île par delà une île
Un ciel derrière le ciel
La mer et le sel
Un infini qui dira que tout est
Que rien n 'est
Qu 'il est des bouts du monde
Et des ports
Et des rives pour dormir
Et des vagues pour les voyageurs
Des vents dans mes cheveux
Une musique
Expiration

Derrière la dune entendre la dune
Les nuits d ' étoiles
Le murmurer du sable

Étendre les bras
S ' inspirer
Au bout des doigts naître colliers

Rendre à la mer
Fugacités
Les mots
Les couleurs
Abysses

Et il y a l 'entre île
L 'entre respiration
L 'entre minutes
L 'entre nuages
Clair obscur de la lumière
Silences
L 'entre vies
Fermer les yeux
Eaux
Plénitude
L 'entre plaisir
Entre deux

C'est là que je t 'attendrai

Mariem mint DERWICH

( Artiste,  Claude Delmas)

mercredi 14 décembre 2016

J'habite un homme



À tes mains inscrire mes seins
Et à ta bouche me faire voyages
Ceux des lointains
Ceux d 'ici
Ceux des musiques en mon ventre tournoyées

À tes flancs poser mon souffle

Un atome tourne et tourne

À mes cuisses redire le désir
Tatouages de ton regard
Et la chambre qui s ' éveille amante
À tes doigts, souffler les mots
Femme rondeurs,
Femme amour

À la houle, à nos corps,
À la mer dans ma tête
Et l 'eau
Et la vague
Et l 'horizon au bout de tes paupières

Il est un homme qui m 'habite
Et que j'habite
Un homme allongé en mon corps
Posé en mon cou
Un homme offrande
Un homme sucre
Un homme envies

Je danse pour lui
Mots après mots
Chevilles
Poignets
Cheveux
Langue

Je raconte qu 'il n 'est de plaisir
Que celui des profondeurs
Ce qui monte et chavire
Et les histoires que les femmes chuchotent à l 'homme qui écoute
Que les corps se sont fait pirogues
Qu 'il est des voyages couleurs d 'une langueur

En cet homme qui m 'habite
Cet homme coquillage
Cet homme salé, embruns, brumes
Je dessine du bout de ma langue
Mon conte

Et la musique pour aimer.

Mariem mint Derwich

( Artiste, Michel Hendrich)



vendredi 9 décembre 2016

Et toi...













Il est des amours,
silences des profondeurs,
Et toi

Perdre le souffle
Dormir sur ta langue

Musique...

Centre et lisières
Et toi

Il n 'est de battement de coeur
Que celui qui envole

Et toi, ma houle
Mon homme
Inspirer expirer
Désir

Mariem mint Derwich

(Artiste,  Camille Claudel)











jeudi 8 décembre 2016

Désir




















Viendront les temps marées, les temps tempêtes,
Temps de la mémoire et temps scarifiés,
Temps des lames de fonds,
Coquillages et sables, temps du corps orphelin

Les temps silences, ceux qui content
Et ceux qui déchirent
Temps sans secondes, sans minutes, sans horloge

Et cet instant étiré à l ' infini,
Battement
Désir
Touche moi, prends, viens
La bouche comme une aile
Et tes silences qui se noient dans mes paupières

Le goût au bout des doigts
Broderie
Ce battement de coeur à jamais perdu
Un mot déposé au creux du cou

Cet infini redevenu fragilités
Les histoires que les enfants se murmurent
Et ta main devenue ma paume
Lignes d 'horizon

Déposer mes mots sur tes lèvres

L 'instant parfait du frisson sur la nuque
Dans la brume des corps
Être cette nuit qui s 'enfuit des yeux

N ' être que cette voix, ce rire, cette expiration

Ouvrir les bras à l ' homme qui s ' éveille enfant

Plénitude, plénitude...

Je me suis endormie sur ton épaule.

Mariem mint Derwich

(artiste, RODIN)


Et il y aura ton nom









À ma bouche poser un nom
Un nom petit rien, un nom beignet,
Un nom soupir

À mes doigts porter ce nom

Le dessiner vagues, embruns
Lui chuchoter ce nom
Frisson

À sa paume inscrire le désir
Et ce nom murmuré
Petit nom, petit nom

Prendre son corps tout entier en mes mains inspirer la houle
Silences
Au bord de sa peau devenir eau, profondeurs, clair obscur de ce qui se brode

Petit nom musique, en mon ventre bercé

En tes yeux à mes yeux noués
Je récite ton nom

Entends le...

Mariem mint Derwich






lundi 14 novembre 2016

El houb....













Que dit l'amante en son chant douloureux?
Que dit-elle la femme qui porte ses mondes en perles ?
Que chante la femme qui danse?

Que dit-elle de l'amour, elle qui s'est faite poésies
mots, vagues, ciel, vents, sable ?

Elle a posé sa main à la bouche de l'homme
pour cueillir les mots qui racontent les notes bleues

Que dit-elle l'amante en son amour repliée?
Que dit-elle la femme qui aime, en souffles ocres?
Que chante la femme qui marche?

Que dit-elle des voyages, elle qui s'est transformée en lumières
éclats, jaspes, satin, écume, tempêtes?

Elle a cambré les reins, ployé son cou à la main de l'homme
et essaime les envies, fait naître les fleurs de nuit

Que dit-elle l'amante en son homme abandonnée?
Que dit-elle la femme en prières jolies?
Que chante la femme qui brode l'absence?

Que dit-elle de son corps qui imprime les aurores
houle, caresses, regards, feux, horizons?

Elle aime à la déraison de ses bras, lavée dans le souffle de l'amant,
l'amant qui tisse demain et aujourd'hui et l'après de la vie
Elle est cette femme qui a refermé ses doigts sur sa chevelure

Elle dit, la femme qui aime :
" Tu es, absolu de l'instant qui s'arrête de respirer
Tu es, toi homme mien, ma maison aux fenêtres ouvertes
Tu es, toi mon amour, la lumière dans le miroir des yeux
Tu es, celui-ci et encore plus, dans le livre aux pages blanches je t'écris
Tu es sur mes paupières
Oiseau et eau"

Elle dit la femme qui parle à l'homme :
"et dans ce temps qui s'écoule j'invente les contes des amants
les jours de pluie et les jours de sable
je te donne mes vies pour que ta vie devienne mes vies
Je parle aux heures pour leur raconter qu'il est une maison
où tu es et où je suis
et dans cette maison aux murs j'accroche les rêves fous de ceux qui aiment"

Elle aime, la femme qui aime, elle aime à la démesure de son amour...

Et, en cette femme qui aime dans la couleur qui naît, tu es papillon
à ma bouche gravé.....

Mariem mint DERWICH

( Aartiste calligraphe : Abdel Malick Nounouhi)

mercredi 2 novembre 2016

L'éphémère et la silhouette













Je te danserai l'éphémère sur la dune endormi
l'imperceptible de la trace
le vent qui efface, caresse chuchotée,
les notes envolées, fugitives des histoires d'antan

Je te danserai la lumière de la lune
la silhouette tremblotante
au feu assoupie,
ce que murmure l'homme quand il rêve

Je te danserai les palmiers au ciel découpés
le nuage dans le regard des bergers,
les gestes esquissés et qui s'en sont allés,
la paume au sol posée, disparue

Je te danserai l'entre souffle,
les crépuscules, l'instant parfait,
la plénitude d'ici
quand d'autres parlent de demain

Je te danserai l'ailleurs, l'horizon en renaissances,
le lieu secret de l'homme qui s'expire,
il y aura cet à peine visible,
silences

Je te danserai les pistes et les déserts,
un mot balbutié sur la paupière de la nuit,
que tout s'enfuit, que tout reste,
qu'il n'est de battement que celui que l'on porte

Je te danserai la flamboyance de la mer,
la goutte d'eau puisée,
la vague qui fait les mondes,
l'empreinte de ton pied sur le sable mouillé

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,
le silence des choses, les chants des mondes,
les animaux de l'aube et les premiers frissons,
la beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

Je te danserai les couleurs mises aux à peine rencontrés,
les livres que l'on n'écrira jamais,
la poésie enfermée dans la main,
les mots et les oiseaux, la trace et le rien

Et, au milieu de la nuit du monde,
l'heure bleue, celle des hommes enroulés en prières,
l'immensité de ce qui s'écoute,

Je te danserai l'éphémère et la silhouette....

Mariem mint DERWICH

(Artiste Hengki Koentjoro)