mercredi 15 février 2017

Dormir avec toi...

Je vais aller me coucher. Et,  comme toutes mes nuits, je vais dormir avec toi. Je vais enfouir mon nez dans l'oreiller qui porte ton odeur, me caler contre toi,  poser ta main sur mon sein... Et ton corps que je sens,  qui enferme en lui notre histoire. Je vais t'écouter t'endormir, ton souffle, ta poitrine qui se soulève.  Je vais t'écouter longtemps. Ton sommeil que j'aime tant et qui me raconte l'homme que j'aime. En m'endormant avec toi je fais de ma nuit un voyage,  une tendresse, une bulle légère.
Dormir en ton souffle,  en ton odeur, en ta main, en ton bras qui m'entoure et me rend précieuse...
Intimité profonde après l'intimité du plaisir partagé...
Je vais m'endormir, bercée par ta présence...
Un jour tu me réveilleras peut-être,  à la fin d'une nuit...
Un jour, peut-être,  je te regarderai t'éveiller..
Tout moi n'est que regard sur toi...
Ma merveille d'homme.
Je t'aime. Je vais t'imaginer pour faire fuir l'absence...
Dormir avec toi...

MMD

Ma lettre infinie... Un Nous et des possibles.

D'une écriture d'une vie à une vie. Tous ces mots, toutes ces années, ces mots qui m'ont permis de tenir... ceux qui m'étaient refuge, qui sont venus quand j'ai perdu la parole enfant, petite fille terrifiée, massacrée. Ecriture de ce qui tournait en moi et qui me fut, et m'est, garde fou, soleil, tendresse. Vie.
De mes mots j'ai habillé tout ce qui venait et tout ce qui ne venait pas. J'ai rêvé le monde et l'ai dessiné en mots. Le langage est pauvre; il restreint les rêves. Seuls les mots m'ont été silences mis en musiques.
Il y eut un mot premier. Il y aura un mot ultime. Entre les deux toi. Mot devenu familier, que j'ai apprivoisé, étrange et attirant. Tu ne sauras jamais combien je t'ai roulé en mes mains, combien je t'ai senti, reniflé, humé toi mon animal sensitif. Combien il m'a fallu me désapprendre pour t'apprendre, pour m'apprendre moi aussi. Combien il m'a fallu m'ouvrir, entendre tes mots, te faire confiance, briser le moule de solitude, le mur de méfiances... Ce sont tes fragilités qui m'ont permis ceci. Tes fragilités et les miennes. Tes fragilités et tes forces. Un homme me regardait enfin, voyait qui j'étais par delà les apparences. Un homme s'était déposé en moi, avait mis en mes mains ses fractures.
Je redevenais humaine, femme. Il donnait soudain sens à mes mots, à ces années où une petite fille en larmes refusait de quitter la femme qu'elle était devenue.
Tu m'as appris à me demander pardon. A demander pardon à la petite fille. A demander pardon à la femme. Non pas pardon parce que j'aurais fait quelque chose de mal, mais pardon parce que j'ai toujours cru que j'étais fautive, que mon existence brisait ce qui aurait du être.
Je me suis haïe pendant tant d'années...
Et toi, toi à qui j'écrivais, toi que je ne connaissais pas encore mais à qui je racontais tout, toi que j'imaginais me lire, toi qui es parvenu à moi. J'ai écrit tellement fort, je t'ai écrit tellement fort, persuadée que tu étais sur ma route que tu as fini par m'entendre. Mon écriture d'une vie et toi devenu ma vie et mon écriture, pas juste un pis aller qui permet de tenir. Ma vie et mon écriture.
Me voilà dans une autre vie. Tu y es. Cela me bouleverse. Tu y es.
Je sais maintenant que nous aurons un "chez nous", une vie de nous, même en pointillés.
Un travail, un appartement...
J'attends avec impatience le moment où je te donnerai le double des clés, ces clés de ce qui sera à nous, où tu viendras te poser parfois, où tu seras chez toi aussi.
Ça sera chez nous. Peu importe pour combien de temps...Ça sera chez nous. Un vrai chez nous où ne compte que ce que l'on construit, pas le temps que l'on passe.
Un lieu de vie, un homme à aimer, toi et j'empoigne le monde.
Je quitte une vie pour une autre. Elle est belle cette vie. Tu y mets des couleurs, une tendresse profonde, l'amour que tu as en toi. Elle est belle.
Elle est belle parce que j'ai trouvé mon homme à aimer. Pas n'importe quel homme mais mon homme de ma vie, mon homme à respecter, à aimer, à accompagner. Celui qui me chavire. Celui qui m'éblouit. Cet homme qui me rend presque jolie.
Tu es l'homme de ma vie. Je t'ai reconnu comme tel. Tu es ma lumière et mon amour, ma permanence, tout ce qui tourne en moi.
Je te regardais parler tout à l'heure et, comme à chaque fois, tu me touches. Je ne me lasse pas de toi.
Je t'aime et tout est devenu possibles, tout coule autour de moi, comme une eau apaisante.
Tu me rends  légère. Tu me rends puissante. Tu me rends douce. Tu me rends femelle. Tu me rends femme, femme de toi, femme à toi, femme pour toi.
Tout savoir, tout apprendre, tout désapprendre...
Chambouler l'ordre des choses et remettre, enfin, ces petites choses d'une vie à la place où elles doivent être.
Je t'aime. Tu finiras par t'aimer à force de tant de mon amour. Tu finiras par te voir. Tu finiras par aimer cet homme merveilleux que tu es.
Tu m'es ma familiarité.
Tu m'as tatouée à toi quand tu as posé tes doigts à mon épaule. C'est drôle les souvenirs, ce que l'on garde de précieux à nos yeux, en nous. Tu es né à moi dans ces doigts sur ma peau. Ce moment et celui où tu m'as dit " tu me regardes enfin" et où mon poing fermé a vacillé. Quand quelque chose est monté de moi, que mon ventre s'emplissait de papillons. Et tous ces instants où tu murmurais et que je pleurais, enfin nue face à moi. Je t'aime pour cet envol que tu as permis. Je t'aime mon bout du monde à moi, ma douceur...
Tu es né à moi et je suis née à nous.  Liée et heureuse de l'être.
Alors oui amour mien, homme mien, une lettre infinie te raconte que je t'aime, que "nous" est.
Je te danse, je te danse. Tu es si beau tu sais. Si beau. Si beau... Je t'aime. Tu m'es tout : mon homme, mon prince, mon chevalier, mon homme qui murmure, mon homme amour, mon coeur, mes mots.
Tu es si beau, si beau aussi en toi.
Ma vie pour ta vie. Ta vie pour mes mains. Toi, simplement toi, en entier.
Je t'aime.

MMD




mardi 14 février 2017

Ma lettre infinie... Ce soir...

Il faut ces instants pour une histoire, ces instants comme ce soir où tu es venu poser ta peine contre moi. C'est dans ces moments là qu'un homme et une femme se dessinent.
Ce soir nous avons tourné une page de notre livre, une nouvelle page. Un chapitre de nous qui s'est brodé dans tes mots,  en ton visage triste, en cette tension en toi, en cet amour que tu m'as offert aussi.
Je t'aime d'amour fou, fou. Parce que tu me bouleverses. Parce que tu es mon amplitude. Parce que tu me parles, même quand tu as mal. Parce que tu es venu vers moi quand tu n'allais pas bien. Parce que ce soir tu m'as inscrite profondément en nous,  tienne, femme tienne...
Merci d'être venu. Merci d'avoir dit. Merci d'être.
Tu es ma vie, ma seule vie.
Je t'ai regardé t'en aller. À chaque fois le même arrachement. À chaque fois le même émerveillement. À chaque fois cette envie de te protéger, de te prendre dans mes bras, de juste faire de nous un silence et un moment d'oubli, quand on dépose ce qui est laid et que l'autre vous rend à l'instant présent et à l'amour et à la paix.  Pour se souvenir de ce qui est beau et gratifiant. Pour n'être plus que nous, simplement.
Je n'ai pas de solutions toutes prêtes. Je n'ai que mon amour pour tenter de te reconstruire. Pour t'aimer et te faire revenir à l'homme que tu es et que tu as perdu quelque part dans une de tes vies.
Je t'aime et le monde m'appartient.
Je suis là,  tienne.  Inconditionnellement tienne.
Je vais aller me coucher. Tu es dans mes sommeils. Je t'aime.

MMD

Solitude

Combien d'écriture pour combien de solitudes? Combien de mots pour rendre perceptible et supportable ce qui est insupportable?
Combien de vies à tramer, à défaire, à refaire?
Ma vie tient dans une valise. Cette dernière est un monde en soi. Ma vie d'escales, de hoquets...
J'ai posé ma valise par terre et je la regarde. Elle est presque mot ma valise de bric et de broc.
J'y ai enfoui mes rêves. J'ai refermé sur elle tout ce que je n'aurais jamais, tous ces riens qui font les heures, qui permettent de se lever le matin, de regarder le soleil en face sans ciller, sans baisser les yeux.
J'ai porté ma valise tout au long de mes routes. Elle est ma dernière valise. Celle des désespoirs et des solitudes.
Elle a un goût amer ma valise. Elle est juste là, témoin de mes fuites.
Elle et moi sommes prisonnières. Je vole mais personne ne le voit. J'écris mais personne ne l'entend. Je voyage mais personne pour être.
Combien d'écritures, de déserts? A chaque minute qui passe il faut combien de mots pour que le temps s'adoucisse?
Je ne sais plus écrire. Ma valise a mangé mes mots. 
Je ne sais plus où aller. Je n'ai plus que cette valise qui ricane doucement...
Pleurer, pleurer... A force de tant d'eau peut-être finirais je par disparaître complètement, lavée effacée, trace disparue.
Retrouver le bord de la falaise, longer le vide, regarder par delà et s'envoler... Paix.
Et cette terre du bout du monde qu'est l'écriture comme seule manière de me poser.
Être rien c'est comme être tout, une trace, simple trace.
Ce soir mon écriture rêve à toutes ces normalités, tant ait que l'on puisse définir une normalité. Mais la fuyarde terriblement seule que je suis s'accroche à ce faux air de "tout va bien", quand les choses semblent être chacune à leur place, quand une banalité, un quotidien adoucissent les murs, quand on ne voit plus à force de s'oublier.
Je rêve, je m'imagine des familles heureuses, des enfants qui courent, une main qui effleure une épaule, des odeurs de cuisine, les gestes que l'on offre aux autres, des silences, des rires, des musiques, un lit qui attend, du linge qui traîne, des jouets éparpillés, un homme à regarder...
J'ai tout ceci dans ma valise posée là. J'ai soigneusement refermé cette valise. Que mes rêves ne partent pas. Je m'efface moi. Que eux restent. Ils sont la seule trace que j'ai vécu, que j'ai eu une mémoire et des "et si".
Ils sont mon "là bas".
Disparaître à soi dans une solitude tellement épaisse que j'en perds la respiration. Elle est comme une nuit. Je lui oppose mon écriture. Je ne sais rien faire d'autre qu'écrire. Je ne sais même pas aimer.
Je ne sais même pas...
Fille de rien, femme à personne... Étrangère. Inapte à la vie, inapte à l'amour, inapte...
A force de crier au plus profond de moi peut-être que j'arriverais à briser les murs et cette pièce et ma valise...
Peut-être....
Et m'endormir...
Solitude. Corps inutile. Voix inutile. Moi inutile.
Mourir c'est ça : être inutile...

MMD

Ma lettre infinie... bonne Saint Valentin

Bonne Saint Valentin mon homme des merveilles. Aux mots durs, aux mots qui frappent, qui tapent et laissent des bleus à l'âme je t'offre mes mots de toi, ceux de ma lettre infinie qui te raconte que tu existes dans le regard d'une femme, que pour elle tu es tout.
Bonne fête mon bel amour, homme mien, homme qui m'habite.
Bonne fête à toi mon amant, mon doux, mon gentil, mon roc, ma tendresse. Ma première  Saint Valentin et les mots que tu m'as envoyée ce matin.
Dans cet espace de nous où tes "Je t'aime" mettent des couleurs à ma vie, t'écrire, encore et encore, obstination vitale pour que tu te rappelles que je suis là, que tu es ma vie.
Tu es. Entends ce "Tu es". Non pas comme une rengaine un peu usée mais comme mes yeux sur toi qui voient l'homme que tu es. Tu es.
Tu es mon homme bien, si bien. Non pas parfait. Je ne t'aurais pas aimé parfait. On a besoin des imperfections de l'autre pour le broder entier. Pour l'aimer entier. Un tout. Sinon on n'aime qu'en morceaux. Et les morceaux ne sont pas amour. Ils sont rapiéçages...
Tu sembles étonné que je puisse te le dire à chacun de mes souffles, que je puisse te dire que je t'aime sans jamais me lasser de toi, de te le dire toujours. Se lasse t'on de sa respiration?
Je t'ai pris avec tes vies et les souvenirs de tes vies. Blessé, fracturé, éparpillé, perdu, fragile, souffrance intérieure et souffrance physique. Avec tes histoires, celles qui t'ont marquées.
Avec celles qui viendront peut-être ou pas. Je ne te projette pas dans un avenir qui a le bruit d'un coup de poing, l'amertume d'une méchanceté, le pointu d'un laminage.
Je t'aime. Point barre. Pas de marchandages, pas de vies à négocier, pas de vies au rabais, pas de vies imposées. On fait ce que l'on veut de la vie. Faut juste savoir entendre. Savoir oser. Ne pas avoir à demander pardon pour ce que l'on a fait, pour la manière avec laquelle on a vécu. Ne jamais demander pardon d'avoir été vivant et d'avoir tutoyé le ciel et l'eau. Ne jamais avoir à se justifier de ce que l'on a aimé. Ne jamais se laisser imposer. J'ai vécu ainsi pendant des années, dans cette tête baissée, dans un laminage permanent. Je n'y ai rien gagné hormis le dégoût de moi et la haine de moi.
Bonne Saint Valentin mon amour, mon aimé. Je te souhaite, non pas une description d'un futur au goût amer, mais des futurs qui seront ce que toi tu as décidé d'en faire.
J'aime ton corps même quand il a mal. Et ce corps, si tu veux encore de moi, nous irons encore et encore l'emmener interpeller ce que tu aimes.
Tu es homme d'aventures. Ces dernières t'attendent. Une vie est une aventure. Ne laisse jamais personne te dire ou t'écrire que tu es fini, que tu n'es qu'une chose banale.
Tu es immense. Immense. Et tu as toutes ces années devant toi. Et toutes ces années derrière toi. Tu ne referas peut-être pas ce que tu as fait avant, mais tu feras d'autres choses. Et je serai fière d'être à tes  côtés, quelque part,  fière de ce que tu fus, fière de ce que tu es, fière de ce que tu seras.
Je n'aurai jamais honte de toi. Jamais. La honte n'est pas de l'amour. C'est de la peur.
Je serais fière de te présenter à mes fils. Ils ont eu un père "cabossé".... Ils n'ont jamais vu ceci. Ils n'ont vu que leur père. Et ils te verront toi parce que c'est ainsi que je les ai élevés, dans l'écoute et le respect de l'autre. Je connais mes perles d'hommes. Ils seront fiers de toi. Même si, même si...
Je refuse de parler des années qui viennent. Cela est stérile et stupide. Mais je crois profondément en l'amour à l'autre quand tout va bien et quand tout va mal. L'amour des jours de pluie et l'amour des jours de soleil. Qu'être compagne est un tout.
Qu'un amour n'est pas un kleenex.
Je t'aime maintenant. Je t'aime pour l'homme que tu fus et que tu me racontes. Je t'aime pour maintenant. Demain viendra. Et demain je t'aimerai. Comme je t'aime maintenant.
Comment pourrais je ne pas t'aimer? Comment le pourrais-je?
Et je continuerai, dans ma tête, à te dessiner, à dessiner mon homme. Et tu liras mes mots. Ils sont mes bras quand tu es loin, ils sont ton odeur, ils sont ta présence.
Bonne Saint Valentin amour mien. Tu es mon immensité. Tu m'es précieux, tu m'es élan et envols, tu m'es paix.
C'est instant après instant que nous vivons. Je te vis là. Je te vis. Je te vis et je t'aime.
Tu es mes couleurs.
Je t'aime.
Ne te laisse jamais piéger par un futur imaginé, hypothétique. Qui peut connaître le futur? Ne te laisse jamais être malmené. Tu vaux beaucoup plus que ça. Tu es immense. Tu es bon. Tu es un homme bien, une belle personne avec un coeur gros comme un horizon. Une très très belle personne. Et cette belle personne je l'ai tenue contre moi, en moi. J'ai porté ses fragilités. Je l'aime.

MMD



lundi 13 février 2017

Un homme mien dort dans mon ventre...

Allonger un silence sur le bout de mes doigts
Souffler doucement dessus
En faire une voile
Je ferme mes yeux

Derrière mes paupières dessiner des secondes
Aller là bas, au pays des merveilles
Une main m'y attend
Je ferme mes yeux

À une peau offrir un chemin de rivière
Des papillons et des notes bleues
Prendre mon silence endormi
Le caresser au cou d'un homme
Je ferme les yeux

Et dans la nuit où tu t'endors, si près, si loin,
Ré inventer une musique amante
Je ferme mes yeux

Je sais un homme qui me pense
Il m'invente le monde
Il me tient
Il m'habille de couleurs
Il m'envole
Il m'offre sa bouche

J'ouvre les yeux en lui
Je lui raconte les histoires miennes
Je lui dis que tout est
Je mets en mots les désirs et l'aimé
Je lui murmure les envies
Mon ventre
Mes seins
Le lit où son corps fait d'un instant une note parfaite
Ses lèvres me sont aurores
Il soulève mes hanches
Je suis eau

J'ouvre mes yeux
Il me voit

Touche moi,  brûle moi, ouvre moi
Prends moi,  encore,  encore,
Donne,
Viens...

Je renais dans un cri
Je ferme les yeux

Un homme mien dort dans mon ventre

Mariem mint DERWICH


Infini regard,  infini geste,  infini toucher, infini mots,  infini lumière,  infini odeurs,  infini mains,  infini douceur...
Et au bout de cet infini, toi ma terre...
Une nuit,  à l'heure bleue,  je dessinerai tes sommeils...

Ma lettre infinie... voeux

Tu comptes pour moi. Dans tout ce que tu es. Pas comme un puzzle dont je choisirais les morceaux qui me plaisent.
Tu comptes pour moi, dans ce tout qui te constitue, dans tes forces et dans tes fragilités, avec tes certitudes et avec tes doutes, dans ce qui va et ce qui ne va pas ou ne pourrait ne pas aller.
Tu comptes pour moi, dans tes gestes, ta tendresse, ta pudeur, tes rires, tes insolences, ton amour.
J'aime. Je t'aime toi. Le reste m'importe peu. Toi. Tu es ma vie. Découpe t'on sa vie? La dépose t'on au bord de la route quand elle ne nous plaît pas? Tu es ma vie, mon absolu, mon amour. Mon amour.
Tu m'es fondamental, essentiel. Vital. Mon intangible.  Ma lumière.
Je te regarde, avec ton corps qui te trahit, cette douleur en toi. Ça me prend aux tripes. Et cette envie permanente de te tenir contre moi, de t'allonger dans la paix et la douceur, de te dire " chut, ferme les yeux, dépose tes combats". Juste un instant de paix profonde.
Tu te souviens du poème "nous vieillirons ensemble"? T'en souviens tu?
Si tu veux  encore de moi nous vieillirons ensemble. Être là quelque part, t'aimer encore, partager, t'offrir, te recevoir comme ce merveilleux cadeau renouvelé que tu représentes pour moi, à chaque fois en découverte de toi, à chaque fois en habitudes de toi. Vivre avec toi le doux et l'amer, le rond et le pointu... Les peurs et les petits bonheurs.
Dormir avec toi, pouvoir ouvrir les yeux sur toi et me dire, comme je me le dis depuis que je t'ai percuté, ma gratitude pour ce que tu es, mon bonheur à chaque fois neuf de te voir, être ta compagne de coeur, celle qui ne lâche pas ta main, qui est heureuse quand tes yeux s'éclaircissent, celle que tu rends femme, celle pour qui tu es tout, tellement tout.
Tu es ma merveille d'homme.  Mon homme bien et bon.
Je vieillirai avec toi. Je ne te négocierai pas.
Alors je t'offre mes  voeux d'amante, mes voeux d'amoureuse, mes voeux de femme tienne. Entends les. Garde les. Pendant les jours de tempête ils te rappelleront qu'une femme a déposé sa vie entre tes mains, qu'elle t'a choisi, qu'elle t'a pris tel que tu es, qu'elle t'accepte tel que tu es, qu'elle est fière de toi, qu'elle t'admire, qu'elle te fait confiance, qu'elle entend ta voix et tout ce que tu ne sais pas dire, qu'elle est  devenue une éternité, elle qui n'était que misères, qu'elle t'aimera dans ce qui est bien et dans ce qui est mal et difficile, qu'elle essaiera de te rendre heureux, qu'elle ira décrocher les étoiles pour toi, qu'elle s'en fout que tu sois riche ou pauvre, en bonne santé ou malade, qu'elle t'aime, elle t'aime, elle t'aime...
Elle a ton visage entre ses mains. Elle y pose ses mots. Elle boit tes regards, tes rires, tes petits aveux, tes abandons. Elle a ton visage entre ses mains. Elle y dessine les plaisirs, l'homme qu'elle a eu en son ventre et sur sa peau, sous sa bouche.
Elle a ton visage entre ses mains et elle a fait de tes murmures le livre de sa vie.
Elle ressent une vraie profondeur quand elle est à tes côtés. Elle irait au bout du monde avec toi, elle te laisserait la mener. Elle n'a jamais peur quand tu es là. Jamais.
Elle t'aime. Elle t'aime pour ce "livre de moi" sur lequel tu travailles, tous ces gestes si beaux que tu sais faire pour moi. Mes surprises, ma surprise. Elle t'aime pour tout cela et plus encore.
Elle t'aime.
Elle t'aime toi. Tu es homme à aimer. Homme à aimer. Tu t'es tellement perdu à toi-même que tu ne l'entends pas. Mais tu es homme à aimer dont n'importe quelle femme serait fière. En tous cas je suis fière. Tu es ma fierté. Ma passion, ma raison, ma déraison, ma maison.
Tu comptes pour moi.
Tu comptes pour moi. Absolument tienne. Je t'aime, tu me manques déjà. Je t'aime mon ange, mon tendre, mon bel amour, ma vie. Je t'aime. Ne change surtout pas.  C'est toi que j'aime, ainsi.

MMD




samedi 11 février 2017

Mains












D'une main faire une aile, broder l'espace
Une main oiseau est un poème qui vient

Elles dansent mes mains
elles volent
elles attrapent les vents
les jettent en couleurs

elles sont mes ailes de feu

Il voit mes mains qui dessinent
il rit et son rire devient mes paumes
Sait-il que son rire tisse mes mains?
 J'ai les mains ouvertes et fermées

Il les voit
mes mains sèment
elles effeuillent
elles caressent
elles racontent

Il les tient
mes mains envolées nuages
à chaque doigt il pose un mot
pour qu'il s'endorme sur mes paupières

J'ai les mains qui dansent

Il a pris mes mains
Il en fait des histoires
Je plie mes doigts
Mes mains deviennent langues lointaines

Il rit de mes mains
Mes mains qui ploient
Devenues chatte et ronronnement
Elles dessinent ses sourires

J'ai les mains alphabets
Langue des signes
Note noire,  note blanche
Doigts papillons bavards

Il sent mes mains, les goûte à sa bouche
Il rit,  il rit
Je l'aime de toutes mes mains
Au bout de chaque doigt j'essaime son nom

et, alors, mes mains, mes mains s'endorment au centre de son corps

Mariem mint DERWICH

( Artiste RODIN)




Ma lettre infinie...sables....

Aimer passionnément. Aimer comme si une tempête balayait tout, une tempête qui habiterait la paix, qui vivrait avec elle : paix et tempête. N'être que ce corps qui tourne sous ton regard. Tu poses tes yeux sur moi et tu me rends neuve.
Tu es là, face à moi et soudain mon espace, cette texture de l'environnement, devient présence, chose que je peux toucher. Tu mets des profondeurs à cet espace. 
Tu es là, tu as ce geste qui me renverse quand tu tends à ma bouche quelque chose pour que je goûte. 
Et mon espace devient charnel, il devient peau.
Il se résume à toi. Rien d'autre n'est. Rien. J'entends juste ce temps espace.
Peut on aimer à ce point, à cette rupture de l'ordre des choses, à cet étirement sans fin, cette dilatation qui te dit, qui fait de moi une planète et une frontière?
Tu es là. Tu as ce regard un peu triste dans lequel tu poses tous ces mots que tu ne dis pas. Tes yeux sont discours amoureux. Ils me percutent. Ils me bouleversent. Ils ouvrent des chemins en moi. Ils accélèrent mon coeur. Ils ouvrent mon ventre. Je suis liée à tes yeux. Que serais-je sans eux? Une moitié de rien, un rien sans relief...
Tu es là, tu mets la musique de nous. J'ai envie de poser ma tête sur ton épaule, de fermer les yeux, de juste laisser le dehors s'effacer, de m'endormir dans ton odeur, contre toi. 
Tu noues tes doigts aux miens et, soudain, ma main devient oiseau et aile. Elle devient une paume en laquelle tu enfouis un sentiment. Plus tard je mettrai ma main à mon visage et je te respirerai. Je suis liée à tes  yeux et à tes mains..
Tu es là, à mes côtés. Je suis femme, complètement, entièrement, profondément femme. Aucune question dans ma tête. Juste ce " je suis femme", je suis bien, je suis en accord avec l'univers. Je suis étoile. Tu es ma voie lactée. Nous sommes atomes. 
Tu es là, dans cet effleurement de mes hanches, tes doigts qui me cherchent. A chaque fois ils laissent une brûlure. Je suis marquée par tes doigts. Ma peau les raconte. Ils m'émerveillent.
Je suis liée à tes yeux, à tes mains , à tes doigts....
Tu es là. Tu me parles. J'écoute ta voix, toujours en découverte. Ta voix traverse mon corps. Elle est cette poésie, cette broderie, ces liens d'amour, mon altérité faite unité, mon conte de Noël; elle me rend douce et chaude, attentive à ses intonations. Elle fait de ma peau une page vierge, frissons, frissons...
Je suis liée à tes yeux, à tes mains, à tes doigts, à ta voix....
Tu es là. Je respire ton odeur. Je l'aime ton odeur. Elle est faite pour moi. Elle est là pour mon nez, pour laisser des traces odorantes sur ma peau. En te respirant je t'invente encore et encore. Et, en même temps, je te pose réalité, intangible, permanence... Mes mots ont ton odeur, la couleur de ton odeur. 
Je suis liée à tes yeux, à tes mains, à tes doigts, à ta voix, à ton odeur....
Tu es là, en ma mémoire, en mes réels, en souvenirs, en images... Bel bel infini... Je regarde ta bouche. Mes yeux deviennent tes lèvres. Je repense à elles qui se sont faites feuilles sur ma peau. J'aime ta bouche. Je la connais par coeur. Elle m'émeut. Elle me rend envies. Elle me rend plaisirs.
Je regarde ta bouche et, dans ma tête, je noue ma langue à la tienne... Et j'entends ton souffle s'accélérer. 
Je suis liée à tes yeux, à tes mains, à tes doigts, à ta voix, à ton odeur, à ta bouche...
Tu es là. Je marche sur le sable. Je suis mer, je suis vagues, je suis sel.
Tu es sable à mes chevilles. Je te porte, je m'offre. Tu es ma houle. Je suis eau. Tu m'es voiles, vents, larges.
Mon amour...

MMD

jeudi 9 février 2017

Ma lettre infinie....présents....

Tu étais où il y a trente ans, quand j'étais cette jeune femme insolente, rieuse, gaie, si gaie, cette jeune femme à qui le monde appartenait, qui n'avait peur de rien, qui rêvait d'horizons lointains, d'une maison immense, d'enfants courant partout, cette jeune femme jamais fatiguée, qui arpentait sa vie comme une aventure perpétuelle? Celle qui t'aurait offert plein de bébés, une vie? Celle qui aurait été tienne et eux et nous?
Mais comme tu le dis, pas de regrets. Les regrets sont des cimetières, juste des charniers.
Seul le présent est. Il nous rend à l'urgence du moment. Il est juste présent. Et dans ce présent tu es, nous sommes. Malgré tout, malgré tout.
Cadeau du temps que ce présent qui entend aussi les passés. Mais qui n'en fait pas une frustration. Juste une belle image chaude où tu aurais été, posé dans ma vie d'alors. Pas de " et si...". Juste "et...".
Je t'ai attendu pendant toutes ces années. J'ai parcouru le monde, j'ai mis au monde des enfants merveilles, j'ai brisé les heures. Je me suis préparée pour toi. Je ne le savais pas mais tu étais sur ma route, toi aussi arpentant tes vies, offrant des enfants au monde.
Je t'ai écrit pendant toutes ces années. Je me suis écrit pour me rappeler qu'une jeune femme vivait toujours, grand éclat de rire, corps impatient, mains qui fourmillent.
Tu es ma mémoire mon amour. Ma mémoire. Si je ne t'avais pas écrit tu n'existerais pas. Je n'existerais pas. Je t'ai donné un corps, une texture. Tu aimais d'autres femmes, tu vivais. Je te créais.
Je t'imaginais.
Je t'ai écrit tellement fort pendant ces années de mes guerres que tu as fini par entendre mes mots.
Et je m'émerveille quand tu les lis ces mots du présent. Je me fais lecture.
J'ai croisé d'autres hommes, d'autres mais ils n'avaient pas ce regard qui m'aurait dit " Je suis là".
Toi tu l'as. Tes yeux ont percuté mes mots. Et de mes mots tu m'as fait naître. Et en mes mots je te respire.
Tu me fais un bien fou. Parce que tu m'aimes ( quand m'a t'on aimé vraiment?). Parce que je t'aime. Parce que tu m'es stabilité, gentillesse, affection, humour, sexe, permanence.
Parce que tu as ces petits gestes qui disent l'homme que tu es, mon immensité à moi.
Tout à l'heure j'écoutais ta voix quand tu racontais tes batailles. Elle m'est cadeau. Et dans cette voix qui me chavire je mettais en dessin l'homme malheureux. Toutes ces voix de toi qui te racontent.
Je tombe amoureuse de toi tout le temps. Tout le temps. C'est extraordinaire. C'est vivifiant. C'est puissant. Tu es mon essentiel. Ma plénitude. Ma vague.
Je n'arrêterai pas de te le dire. Je ne peux pas arrêter de te le dire. Ma lettre infinie entamée il y a si longtemps est devenue lettre de la paix, lettre du plaisir de toi...
N'être que cette femme devenue tienne, Qui est heureuse d'être tienne. Qui te remercie d'être dans sa vie. Qui est heureuse d'être ta frontière. Celle qui te parle et te fait l'amour. Celle qui te porte. Celle qui a abandonné les armes et qui te regarde, qui apprend la confiance, qui apprend, qui apprend.
Je t'aime ma merveille d'homme, mon mien, mon moi, ma douceur, mon homme, mon tout.
Je t'aime.Tu me manques et j'aime ce manque. Il signifie que tu es là.
Je t'aime. Mes doigts à tes doigts, ma bouche à ta bouche, mon corps à ton corps.... Et toi mon infini....
Je t'aime. Tu me manques. Je t'aime.

Mariem mint DERWICH

Monde...


















Il faut chanter un homme
l'inscrire à ses chevilles
dire la rondeur de l'amour et du désir
le caresser au pli de ses coudes
enfouir sa bouche en son ventre

Il faut chanter cet homme
lui chantonner que j'ai tressé sa voix dans mes cheveux
que de son odeur j'ai puisé une île
lui raconter que sa langue m'est étoile
que son corps est mon éternité

Il faut chanter mon homme
n'être que cette balade sans fin
lui chuchoter qu'il me ramène à la vie
qu'il fait de moi un piano, des notes,
lui offrir mes yeux

j'ai ployé  ma nuque pour l'y poser
j'ai fait de mes reins un soupir
entre mes seins j'ai allongé ses paupières
sur sa poitrine j'ai dessiné,
chemins humides,
les méandres de mes envies de lui
nez voyageur
mains
odeurs
douceur

et ses yeux en monde
en arrondis
ses yeux comme un lit

croiser mes doigts  sur son dos
ouvrir sa bouche
à sa langue tresser ma langue

Il s'endort, je le regarde
Il est mon livre d'images
Il s'endort
Le monde m'appartient

Mariem mint DERWICH

( Artiste Rodin)



mercredi 8 février 2017

Tu me rends possible et possibles...

La nuit est tombée. Il y a ces bruits du dehors, un peu de musique. Et ce temps qui n'en est pas un, cet entre deux, cet entre heures, celui où l'on est encore et celui où l'on va vers l'autre nuit, celle du sommeil.
Dans cet entre deux étrange et apaisant il y à toi. Tu es là sans être là, quelque part dans cette ville tentaculaire et trop bavarde. Cette proximité me permet presque d'entendre ton souffle.
Et moi qui reprends, dans la ouate un peu lente de  ce début de nuit, ma lettre infinie, mes mots. Non pas que je n'ai qu'eux mais parce que si je ne t'imagine pas, si je ne te parle pas, si je ne continue pas cette conversation sans fin, si je ne tisse pas entre nous, comment entendras tu ma voix? Comment m'entendras tu moi?
Tu me rends possible. Possible. Non pas impossibilité d'être, prisonnière, galérienne. Possible. Possible, de ce temps soudain accéléré, et possibles de tout ce qui se peut.
Possible et sens. Tu me rends ma liberté. Tu me rends à la lumière. Tu me rends au respect. Tu me rends à l'amour. Tu me rends à mon corps. Tu me rends à mes mots. Non pas mes mots des quotidiens mais tous ces mots qui naissent là, ces mots que tu es en train de  lire, ces mots que je pose sur ta bouche.
Tu me dis que je fais du bien à ta vie. Tu me fais aussi du bien, du bien à ma vie. Tu m'es ma seule certitude en dehors de celle que j'avance, que je vais m'en sortir, que je n'ai jamais rien lâché, même massacrée par terre, même en fuite, même en larmes. Jamais. Jamais.
Tu me rends possible. Tu me racontes la vie, l'autre, celle que je n'ai fait que côtoyer. Tu me rends possible parce que tu as posé tes mains sur moi et avant tes mains ton regard, ce qui est le plus important.
Tu me rends possible.
Et je t'aime avec tout de toi, tes côtés sombres, tes côtés lumineux, tes côtés doutes, tes côtés tendresse, tes fractures, tes sourires, tes efforts pour moi, tes présences en toi, ces multiples qui te rendent miroir brisé parfois.
Pour ces certitudes, ces larmes jamais très loin dans tes yeux, pour ta bouche qui attend et cherche la mienne, pour tous ces mots en toi, pour tes silences, pour tes petits sms qui illuminent mes instants, pour tes reins, pour ta culture, pour ton amour de moi, pour ton désir de moi, pour tes questions...
Pour tout ça et plus encore.
Et je te dessine possible de toi. Tu me dis "je veux être en symétrie de toi, être ton miroir, prendre le temps qu'il faut pour que tu t'aimes. Ça me fait grandir que de t'aimer".
Je te réponds : " tu me grandis en m'aimant; tu me rends à tout et à moi; je veux être ton miroir, ton harmonie, la musique qui danse en toi. Je veux être celle qui t'offre à toi par ses yeux; je veux être ton coeur et ta peau et tes mains et tes sommeils et tout ce qui est..."
Tu me rends possible mon amour. Te souviens tu quand je t'écrivais " que font deux  solitudes quand elles se rencontrent? Elles se percutent, elles se font l'amour".
Tu es ma solitude abandonnée.
Oui mon ange, mon homme, ma force, ma beauté, mon étoile, ma symbiose, mes mots, tu me rends possible.
Comment respire t'on dans le manque? Comment ne pas trouver étrange ma peau, mon corps, mon espace de vie?  Comment marcher, accomplir ces gestes simples quand tu me manques?
Et pourquoi me manques tu plus certains soirs, certains jours, que d'autres?
Je t'aime mon attraction terrestre. En me rendant possible j'ai pu t'aimer et non pas te fuir, j'ai pu te faire confiance et non pas douter, j'ai pu commencer l'apprentissage de moi.
Tu me manques. Dieu que tu me manques. Dieu que tu me manques.
Je t'aime.

MMD

Ma lettre infinie... ma maison

Je n'ai pas tous les mots de toi, tous ces mots qui vont, qui viennent, qui disent. Je t'écris et ma lettre infinie n'est que mot unique, à l'infini pétri, inversé, respiré, posé à nouveau. J'ai ces mots devenus seul mot pour continuer mon voyage de toi. Et qui redeviennent mots multiples au gré de ce qui est.
J'ai tous ces mots uniques pour que mes doigts ne te quittent pas, pour que tu me sentes, là, présence vivante. De mes mots doigts je me promène en toi, sur toi. Ces mots qui s'envolent je les fait tiens.
Je suis devenue immense parce que je t'appartiens. Et dans ce sentiment d'appartenance refaire un monde...
Je t'appartiens devenue femelle, charnelle, femme, femme, de façon si aiguë que parfois cela frise l'insupportable, que mon corps n'est plus que ce tout devenu texture. J'ai explosé en milliers d'étoiles, chacune posée en tes gestes. Étoile pour tes mains, étoile pour ta bouche, étoile pour ton sexe, étoile pour ta salive, étoile pour ta voix, étoile quand tu te racontes, étoile quand tu fermes les yeux,  étoile quand ton souffle s'accélère, étoile quand tu viens en moi.... Milliers d'étoiles qui te ressemblent, qui tournent et tournent encore cet homme que tu es.
Ce matin, dans la douceur d'une chambre, dans ce moment où tu as entouré mon corps de tes bras, j'écoutais ton souffle. Je le connais par coeur ce souffle et il m'émeut encore. 
Et quand nous avons entamé la balade des désirs, quand ton corps s'est fait houle et le mien feu, cet instant où je bascule, où je suis électrique, où ta main sur moi est arc en ciel, cette harmonie des envies, j'ai laissé venir la femme en désirs, la femme en amour, la femme charnelle.
Belle folie que de te désirer, que cette brûlure, que ces jouissances. Tu es mon horizon, celui où j'ai posé mes yeux. 
Je t'écoutais te raconter, bribes de ta vie, fractures ressenties, toutes ces choses qui t'expulsent de toi, qui rendent ton corps trop étroit. Ces tensions que je lis, que je ressens. 
Mon homme si fort et pourtant si fragile. 
Dans ce conte de toi, retrouver l'homme que tu es et te dire encore et encore, à en perdre le souffle, que tu es une belle belle personne. Que tu es un homme bien. Je ne le dis pas parce que je t'aime. Je le dis parce que c'est vrai. 
Cet homme lumière qui est toi je l'ai reçu dans toutes ses dimensions. Petit à petit il m'offre l'histoire de ses vies. D'un bout d'homme à un autre bout d'homme je tisse l'homme qui repose en mes mains et en mes histoires, mes livres de nous.
Bouleversée par ces larmes qui ne sont jamais loin dans tes yeux parfois, ce regard qui se brouille, cet abandon à toi et à moi, cette offrande de tes fractures, de tes regrets, de tes culpabilités, de tes rêves.
T'aimer fort dans cette eau qui monte à tes yeux. Émue, émue, chamboulée.
Personne ne voit donc ton regard devenir mer souvent? Cette petite chose qui te raconte tellement?
Et, dans ces instants où ton regard se fait eau, ressentir tant d'amour pour toi, au point que je me dis à chaque fois que mon  coeur va lâcher...
Et t'aimer, toi mon homme douceur et tendresse, quand j'allonge mes yeux aux tiens dans l'amour, tes yeux qui se font brume, ton souffle.
T'aimer quand tu racontes ton fils, ce petit bonhomme qui te ressemble tant, avec cette ténacité, cette volonté...
T'aimer quand tu parles de ton père, toi redevenu petit garçon et qui rêve d'être lui.
T'aimer quand tu déposes en moi tout ceci et plus  encore. 
T'aimer quand tu mets en moi ces morceaux de toi.
Je ne connais pas tout de toi. Mais ce que tu me laisses toucher de toi je l'aime. Et c'est toi. Et c'est ainsi que je t'aime.
Tu es mon miroir. En tes yeux je deviens belle et grande. Tu accroches ton regard à mon regard et je deviens papillon.
Tu me rends audible. Tu me rends normale. Tu me rends femme à aimer. 
Je suis à toi. N'en doute jamais, jamais. A toi. Parce que l'on  ne décide pas, parce que je suis vertiges de toi. Et parce que rien ne se commande, surtout pas l'amour, le sentiment amoureux, la puissance d'un lien magique, cette perception de l'autre en ce qu'il est prolongement de nous, morceau de nous, différent et semblable.
Je ne t'ai pas choisi. Je t'ai aimé. je n'ai rien calculé. Tu ne m'as pas choisie, moi si différente de ton monde, si différente de tes goûts. Tu m'as aimée parce que tu as laissé ton regard entrer en moi et que tu as regardé plus loin que l'apparence.
Je t'aime. Pas pourquoi ni comment mais ainsi.
Pour t'écrire en cette après midi qui s'en va doucement, je me suis allongée à toi et je m'endors dans ton odeur, dans ta respiration, dans cette paix que tu me procures. Juste toi et moi, une pénombre, un parfum de nous , une pause amoureuse, une pause tendresse. J'aime m'endormir prés de toi.
Ainsi j'habite où tu es. Ainsi tu es ma maison. Dans cette maison les fenêtres sont ouvertes, il y a de la musique, il y une familiarité des objets, une plénitude, un apaisement, une belle âme...
Toi, maison mienne, port mien, phare mien, vague mienne....Homme mien qui me construit une histoire belle comme une aurore....
Je t'aime ma fulgurance amoureuse, mon homme magnifique.... Je t'aime, passion. 
Une femme te tresse en elle. Elle te vit. Elle te 'coeur battant'. Elle te respire. Elle t'a posée en elle et elle est repliée sur toi. Elle  t'aime. 

MMD



mardi 7 février 2017

Ma lettre infinie... Réel, irréel et aimer....

Aimer c'est aussi ré inventer l'autre, l'imaginer, puzzle que l'on remonte à l'envers, à l'endroit, le broder jusqu'à que la réalité s'efface. Jusqu'à ce que la réalité soit. S'imaginer... S'inventer.
On ne reçoit jamais l'autre dans ce qu'il est entièrement. On le reçoit dans ce que l'on voit de lui, dans nos attentes, dans nos vides, dans nos intimes.
Il faut le regarder cet autre, l'effleurer réel, l'effleurer irréel. Faire de lui une magie, y apposer toute la puissance du sentiment.
D'un silence, d'un froncement de sourcil, d'une expression fugitive sur le visage, créer un monde que l'on comprend, qui nous parle.
L'autre c'est l'Atlantide, continent perdu que l'on remonte à la surface, que l'on renaît au monde.
L'Autre c'est soi, soi plus elle ou lui, métis amoureux...
Je te regarde et tu deviens mes yeux. Je t'imagine m'imaginer et je deviens partie de ta mémoire.
En te liant et en te déliant, poésie de l'amour fou, je redonne à ta présence, à toi, la texture qui est aussi mienne.
J'adore te regarder. Je t'aime en te regardant. Cela est magie toujours renouvelée. Je te sculpte en mots et en regards, en mes mains, en tout ce qui tournoie en moi.
Je fais de toi ma lettre infinie, de ta peau une histoire merveilleuse, un abécédaire gourmand qui a ton odeur. Je te fais fruit et sucre et amer et douceur et vies imaginées et vies réelles.
Dans cet homme que j'aime assis face à moi, dans tes petits gestes, ta façon de boire un café, tes jambes croisées, tes mains au repos, ton regard soudain tourné vers mes yeux, je dépose un autre toi, celui qui a posé son corps sur le mien, poids doux qui me disait ton désir, celui qui est allongé après l'amour et qui ferme le regard, ces instants où rien d'autre n'est que nous, loin des réels.
C'est ça imaginer l'autre, cette obligation amoureuse qui permet d'empoigner le monde, qui permet la respiration.
Dans un de tes "Je t'aime" je tisse une histoire, simple, si simple. Car il faut de la simplicité à l'amour aussi. "Je t'aime" et un homme et une femme se touchent.
"Je t'aime" et je deviens caresse.
En t'imaginant j'entame mon chemin de  toi, de nous.
Sais tu que j'ai tes doigts enchâssés à mon épaule? Quand tu caresses doucement ma peau après cette houle qu'est l'amour physique entre nous?
Je les porte tes doigts, seconde après seconde. Ils sont ta présence dans l'absence. Comme je les porte quand tu mets ta main à ma main, quand les doigts deviennent chanson sensuelle et tendre, quand ta main est argile et que je la  traverse, que j'aime tes doigts, que je fais l'amour à ta paume...
Imaginer l'autre, tableau des couleurs, tableau des vents, tableau des souffles, tableau des silences, tableau bleu, tableau ciel... L'imaginer et l'entendre...
T'écouter parler, aimer tes intonations, frémir à ces petits moments où ta voix devient si charnelle....
Est-ce cela aimer mon homme? Dis moi, dis moi, est-ce cela aimer?
Est-ce cela, cette attraction vers toi et le plaisir à me perdre en toi?
Dis moi...
Ce matin je regardais ta bouche, je regardais  tes bras, je regardais ce regard un peu sombre que tu avais, cette petite crispation autour des yeux, la ligne de l'attache de ton cou à ton épaule, ton menton... Et, comme une gosse heureuse, je me disais " il est à moi, toute cette immensité est à mes doigts, à ma bouche, à ma peau, à mes mots"...
Dis moi, est-ce cela aimer?
Je t'imagine mon homme des lointains, mon urgence, mon essentiel. Depuis que je t'ai tenu entre mes cuisses, en mon ventre, en ma bouche, en mon regard, depuis que tu es ma lettre infinie, je t'imagine et te donne corps, réalités et irréalités. Je te donne toi. Je me donne moi. Je nous donne l'infini.
Et je me donne à toi, ma mémoire et mes réalités.
Il me suffit que tu sois, parfait et imparfait, beau, absent, présent... Tu ouvres mes yeux au ciel.
Je t'aime ma belle chanson amoureuse, je t'aime mon oiseau de paradis, je t'aime homme mien, mon île, ma préférence, mon amour.
Tu me manques. Je t'aime.

MMD




lundi 6 février 2017

L'enfant soleil






Il y a le pointu, ce qui pique,  ce qui griffe
Il y a le doux, le beau, la paix

Et l'entre deux misères

Il y a ma bouche devenue nuit
Elle cloue les mots
Taper à la porte encore encore
Une petite fille s'en va
Elle a les cheveux bouclés des enfants soleil
Elle danse, elle danse
Elle invente un chemin
Et un arbre et des vents et des oiseaux
Elle pose des étoiles sur les murs

Elle se berce

De ses doigts elle dessine un nuage
Elle a tant de doigts qu'ils sont roseaux devant ses yeux
Clair obscur, lumière,  ombre
Elle joue
Elle murmure son nom
Il est nom secret,  nom neuf

Elle tourne

Elle se lance au bout de la terre
Elle est une boréale
Elle se teint d'arc en ciel
La voyez-vous ?

Elle vole,  elle vole,  elle vole
Une femme l'attend pour dormir

Une petite fille au nom interdit
Se fait femme au nom oiseau

Elle aime,  elle est atome
Elle pleure

Mariem mint DERWICH
Il y a les jours de pluie... Et il y a toi, permanence, épaule, roc, présence, respiration.
Toi qui m'offres tant quand rien ne va en moi, quand je ne suis que larmes.
Jour de pluie...
Et toi mon lumineux, mon sourire magnifique, mon regard, mes lèvres, mon odeur... Toi qui rends les choses plus supportables, qui fait de ma vie un amour.
Mon homme infini devenu mon essentiel...
Mon homme, mon urgence, mon amour.
Et moi là dans cette agitation puérile...
Tu me donnes sens. Tu me donnes vie. Tu me ramènes doucement vers la lumière, ta lumière.
Je t'aime parce que tu es mon homme. Mais encore plus, tellement plus.
Je n'arrête pas de te regarder, toi mon poème sans fin, celui qui te dit et qui m'est chant amoureux et sensuel.
Mes mots pour briser les jours tempête.
Mes mots pour t'aimer, te le dire...
Mots de mon ventre, mon de mon âme, mots de ma peau, mots de mon parfum.
Merci d'être, mon amour infini, mon bel bel amour, ma tendresse, mes premiers pas, mon homme de ma vie, ma passion...
Dans cet entrelacement amour désir, cette terre proche et lointaine en même temps, je t'aime.  Je t'aime, profondément. Et c'est chaud et beau comme ta bouche qui prend la mienne, quand tu murmures...
Je t'aime.


dimanche 5 février 2017

Au bout de combien de manques la respiration s'arrête t'elle ?
Un battement de coeur s'est perdu...

jeudi 2 février 2017

T'inspirer,  t'expirer, en perdre le souffle... En perdre le souffle... C'est belle belle folie que t'aimer, belle folie que t'espérer... Tu manques à mon espace vital..

Ma lettre infinie... Tes doigts...

À tes doigts sur mon visage j'ai entendu les frissons et les silences. J'ai posé un temps et tous les temps et toutes les heures et toutes les secondes, tout ce qui est trame des sentiments, des présences.
À tes doigts j'ai raconté qu'au bout de toi il y a moi, enroulée en ton odeur.
À ta bouche qui cherchait ma bouche j'ai dis le désir.
Sous tes doigts à mon visage caressé j'ai allongé ma main pour que ta peau me devienne chanson amoureuse, la douceur de l'envie , la force de ta paume, la tendresse de la caresse, un Je t'aime pour enfouir mon nez, broder les mots de l'amoureuse...
Arrêter le lent défilement, lettre après lettre, ton corps comme un parfum et ton regard qui m'inscrit, qui me rend douce...
J'ai tes yeux en ma bouche, posés sur ma langue. Ils me sont miroir...
Tu as fait de mes temps, de mes alphabets, de mon corps un tapis aux fils de couleur.
Je dors sous ton corps.
Et ma lettre infinie qui porte ton nom...
Mon homme des merveilles, mon homme des larges, mon magnifique animal, ma tendresse, ma lumière, mon amour...
Heureuse...
Merci mon homme qui s'apaise en moi.
Je t'aime.

MMD

mercredi 1 février 2017

Il y a le plaisir brut, animal,sensuel, cette houle qui fait de mon corps un abandon.
Et il y a la douceur d'un sommeil partagé, ton souffle qui te raconte,  qui dit l'homme qui s'abandonne, qui m'offre.
Ma bouche à ta peau posée, ton odeur que j'aime tant, ta respiration et ce léger alphabet et ta poitrine qui devient un poème.
Je t'aime dans ces moments partagés, cette paix, cette légèreté sans questions, cette intimité amour... J'aime m'endormir près de toi, dans le silence de cette chambre où nous sommes heureux... Je t'aime pour ma main posée sur toi, pour ton corps à mon corps déposé. Je t'aime pour cet homme fragile qui me raconte...
Je t'aime pour ton regard, celui que tu ouvres sur nous, celui que tu refermes sur moi et que tu ouvres à nouveau dans le plaisir, dans ce murmure esquissé...
Je t'aime pour tes mains, pour ta bouche, pour un bateau imaginé, pour mon ventre fait pour toi.
Je t'aime pour ton Je t'aime, celui que tu inscris à ma bouche, pour les jeux, pour la musique, pour ta douceur, pour tes audaces...
Une femme te regarde, te rêve, t'aime de toute la force de ses mains. Elle te porte en collier charnel, en collier douceur...
Elle fait de toi sa liberté et ses mots.
Tu es sa merveille. Elle t'appartient.
Je t'aime mon amour mien.
Je t'aime.

MMD



mardi 31 janvier 2017

Ton corps comme une évidence... Et le plaisir,  l'envie,  le désir...
Dans la douceur amoureuse d'un sommeil partagé entendre la magie...
Un homme mien s'est allongé contre ma peau et j'ai écouté son souffle.
Cet homme qui est mien habite mon ventre..
Encore et encore...
Je t aime

dimanche 29 janvier 2017

Que met on dans une valise? Des sourires, des mots, des poésies, un regard, des jeux, une absence, une présence, de l'amour, du désir, de l'impatience, des soleils, des vents, des musiques et nous au bout de nos doigts...A nous...A toi.
Je te reviens.

jeudi 26 janvier 2017

Ma lettre infinie... le poème des Atomes...

Ce soir, dans cette nuit qui s'avance, celle qui va m'ouvrir à toi, je pose à nouveau les couleurs du Poème des Atomes, cette musique qui est la notre, celle qui donnait à tes yeux un éclat humide et précieux.
Rumi pour dire le manque cruel de toi, ces heures qui ralentissent, toi dans la pénombre, ému, bouleversé par la beauté de ces notes.
C'est mon cadeau le plus intime que je t'ai offert avec cette musique là. Et c'est le cadeau le plus doux que tu m'as fait en en faisant notre musique.
Jusqu'à mon dernier souffle il restera toi et ce poème. Une rencontre qui s'est faite musiques. Un moment magique quand nos regards se dévoraient, quand tu allongeais tes yeux en mes yeux et que tu me disais....
Quand nous étions sur ce canapé j'avais cette musique dans la tête.
Il faut une force aux liens. Cette musique est cette force.
Tu me manques mon homme des larges, mon homme musique, mon homme désirs.
Ma lettre infinie pour te dire, cette nuit, que j'écoute ce morceau là, qu'il est toi, qu'il est nous.
L'écoutes tu parfois, ce poème de nous? Te raconte t'il qu'une femme t'aime? Te murmure t'il ton corps à son corps abandonné? Fermes tu les yeux comme je le fais? As-tu ce goût de la tristesse parfois, le goût du manque?
Ce soir ta douce, femme tienne, s'est enfuie dans Le poème des Atomes et elle tourne, elle tourne. Elle tourne sa lettre infinie. Elle tourne son homme. Elle tourne les heures. Elle s'envole.
Elle a posé sa tête contre toi et elle t'écoute respirer. Du bout du regard elle dessine ton visage. Elle n'est que sensations, corps, frissons. Elle s'émerveille de toi, de nous, de la magie.
Elle se fait tes murmures. Elle se fait tes mains. Elle se fait ta voix. Elle se fait plaisirs de toi. Elle a tatoué sa mémoire à la couleur de tes yeux.
Elle t'appartient dans cette musique. Corps et âme. Peau et âme. Désirs et âme. Mots et âme.
Et elle te joue, sensuellement, amoureusement....
Elle aime.
Et Rumi pour te dire....

MMD

Une île...













Je n'ai pas de terre,
je n'appartiens qu'à des îles
Espaces et mers

Je n'ai pas de corps,
une enfant s'est faite libellule
elle tourne, elle tourne

Elle entend, elle n'entend pas,
elle chante les yeux ouverts au ciel
la peau devenue notes

Je n'ai pas de terre
je suis une île
un phare
une étoile
une vague
une houle sans fin
je suis marées
je suis sel et embruns
je suis sable

J'habite une maison aux murs fragiles,
transparences,
dans un parfum je murmure un ici
je porte un coquillage à mon oreille
une étoile de mer à ma taille
deux mains à mes chevilles
un homme dans mes cheveux

Je suis cette île
je fais le tour des mondes,
amours,
Il est allongé près de moi
je danse, je le danse

Une enfant s'est faite libellule
Une femme arrive des lointains
Elle marche, femme conteuse,
elle marche depuis des millénaires

Du bout de sa langue elle dépose l'eau des mots
au pli du coude de son île des lointains

Elle est île, nuque ployée,
mains ouvertes,
cou basculé,
yeux plaisirs

Elle écoute la musique
elle a fait de son corps une corde
pour que l'homme qui respire en ses cheveux
devienne musicien

J'habite une île
Vents
Grands larges
Algues

Et en mon île je l'ai endormi

Mariem mint DERWICH

(Artiste Thomas Dodd)


Surprends moi, empoigne moi. Bouscule moi, chavire moi, renverse moi, émiette moi, étonne moi, ouvre moi, brûle moi...
Surprends moi, ose moi...
Et t'inscrire à mes cuisses...

MMD

mercredi 25 janvier 2017

De la mélancolie d'un mot...

Un mot voyage, un mot après l'autre, un voyage après un voyage... Il n'a de sens qu'écrit en mes reins, en mes poignets, sur ma bouche. Il voyage ce mot qui devient alphabet des lointains. Il dit sans dire. Parler c'est effacer les mots. Il faut aimer avec les mots, en faire des gestes, des silences. Déposer au pli du cou la phrase qui s'en vient. La lancer, la rattraper, la déposer sur la paupière, y mettre des accents aigus, des accents graves, des accents circonflexes, des petits points...
Les mots se lisent avec les doigts, le bout des doigts, là où la rondeur rend les lettres majuscules.
Laisser au temps les minuscules, les virgules, les points qui délimitent.
Seul le silence, celui qui est lumineux, celui qui est murmures, convient au mot. Un silence qui se fait parole, langue, dialecte.
Un mot est un corps. Il se lit en braille. Il se caresse en eaux, en langues, en soupirs.
Poser un mot et encore un autre mot, mot en mot, mot à mot, mot et mot...
Ouvrir un mot et entendre tous les mots qu'il contient.
J'écris au bord de ton oreille pour que tu m'entendes.
Je ne sais rien faire d'autre que ce voyage de mes mots à ton oreille, ces mots que j'endors sur ta peau et en toi.
Et à la nuit qui met de la mélancolie à mes ailleurs, écrire, écrire encore... Évidences.

Mariem mint DERWICH

Ma lettre infinie... toi

Il y a ce ressenti de toi, comme un membre absent, amputé mais toujours si présent. Par delà cette distance, ces kilomètres qui se font parfois épines et scarifications, je te "sens", te ressens, te reçois. Ce lien si fort que j'ai avec toi.
Jours de tempête pour toi, jours de pluie. Et moi dans mon lointain...
Naïvement je mets toute ma force dans ma lettre infinie mon homme, pour que mes mots te soient ma peau et mes bras et ma bouche. Et l'apaisement. En chaque mot je dépose toute ma volonté et mon amour.
Ne laisse jamais personne te persuader que tu n'es pas un homme bien. Tu es un homme bien, imparfait et parfait, si humain, si fragile et si fort à la fois. Tu es ceci et plus encore.
Mon homme que j'ai perçu de façon tellement profonde là bas, un soir où, après l'amour, tu as laissé ce qui est en toi sortir et que j'écoutais ta voix résonner à mes oreilles, ma tête posée contre ta poitrine.
Tu es un homme bien. Cet homme je l'ai reçu en moi, pas seulement en mon ventre, mais en mes intimes. Tu murmurais, de ces murmures qui sont toi et moi et dans ma tête, avec ta voix coquillage à mes oreilles, je te dessinais du bout des doigts et j'entamais ma lettre infinie.
Un homme qui s'abandonne dans l'amour, qui se fait corps de l'autre, qui se dépose en des mains amoureuses est le seul qui compte.
Tu me dis " Merci d'être dans ma vie". Tu es ma vie. Tu es tout ce que j'ai. Je me vis et je te vis.
Tu comptes pour moi, souviens toi de ceci, tu comptes pour moi. Tu m'es précieux. Tu m'es respiration. Toi tel que tu es. Je ne t'idéalise pas. Je te vis dans ton humanité, dans tes détresses, dans tes joies, dans tes envies. Si tu étais parfait je ne t'aimerais pas. Qu'a t'on besoin de la perfection? Moi j'ai besoin de toi comme tu es. Ne me crois pas aveugle.
N'oublie jamais l'homme que tu es, celui que tu as perdu en route, quelque part entre tes rêves et tes réalités. N'oublie jamais qui tu es.
Je l'ai reçu comme un cadeau cet homme que tu es, comme un cadeau de valeur, un beau cadeau.
Je t'ai reçu homme mien. Et j'en suis émerveillée, encore et encore.
Tu es ma merveille d'homme, celui qui a tant de choses à dire, celui qui a tant de vies à vivre. Celui qui est  devenu ma langue des quotidiens, mes mots. Ma musique.
Et quand rien ne va souviens toi qu'une femme t'aime toi, toi, mon homme si vulnérable, si fragile, si bon, qu'elle l'écrit à la face du monde, qu'elle est fière d'être tienne, de t'appartenir, heure après heure. Qu'elle ne partage pas ta vie physique mais qu'elle a de toi le plus beau, toi.
Souviens toi de cette femme qui est peu de chose mais que tu as ramenée à la vie par la magie de ce tout que tu es, mon bel amant, mon bel amour, mon homme de ma vie. Souviens toi qu'elle te parle sans fin, dans ce dialogue des silences qu'est notre lettre infinie. Qu'elle te porte en elle, qu'elle te porte, te porte, qu'elle ne lâche pas ta main. Qu'elle met toute sa volonté à être avec toi. Qu'elle s'envole vers toi bientôt. Que rien d'autre ne compte.
Souviens toi d'elle et de ses imperfections dont elle tente de faire des couleurs.
Je t'aime. Profondément. Intimement. Charnellement.
Alors ne laisse jamais, jamais, jamais, quelqu'un te faire croire que tu es homme de peu, homme rien.
Tu es homme immense.
Regarde mes yeux et vois toi tel que tu es. Ma merveille, défauts et qualités. Tu m'es amour. Tu m'es désir. Tu m'es .
Je t'aime. Tu es un homme bien. Et j'aime cet homme là.
Je t'aime homme mien. Dieu que je t'aime. Mon amour, ma passion, mon bel bel oiseau, ma peau.

MMD




lundi 23 janvier 2017

Ma lettre infinie... tes mots lumière.

Parce qu'il y a toujours une lettre infinie derrière ma lettre infinie, celle qui dévide, qui déroule, qui apaise, qui rend aux choses une texture liquide. Il y  a tes mots de lumière, ceux que tu laisses naître de toi, ta danse amoureuse que tu poses sur ma peau, ta lettre infinie pour ma lettre infinie... Tes lointains pour mes ailleurs, les mots comme corps, les mots comme bouches, tes mots pour le désir et l'attente et pour tout ce qui vient.
Tu me murmures " C'est bon d'être ton homme...ton homme objet...ton homme épaule pour recevoir tes chagrins...ton homme lèvres pour recevoir ton amour....ton homme sexe pour te donner du plaisir et te voir te métamorphoser..."
Je t'écris, murmures miens, " C'est bon d'être ta femme...ta femme objet... ta femme épaule pour recevoir tes doigts et ta bouche, pour endormir ce qui fait mal.... ta femme lèvres pour recevoir ton amour...ta femme sexe pour te donner du plaisir et boire ton souffle qui se fait notes légères..."
Ta lettre infinie pour ma lettre infinie, poème sans fin, poème des heures, poème des jours, poème des manques, poème de nous.
Le livre des secondes, quand un instant fait le monde, cet entre seconde qui contient tout, qui dit que j'ai ton corps pour livre de mes heures.
Toi.
Et dans cet entre seconde fait instant infini j'ouvre le ciel.
J'écris sur ta peau : ta nuque pour ma bouche, ton cou pour mes lèvres, tes doigts pour ma langue, ton ventre pour mes mots, tes cuisses pour l'encre, tes épaules pour mon alphabet, ta bouche pour les accents du désir, ton sexe pour l'écriture infinie, ton odeur pour buvard, tes yeux pour gomme...
Mon homme salé sucré, mon homme coeur, mon homme mien, mon homme...
Je t'aime dans tes imperfections. Je t'aime dans tes immensités. Je t'aime dans ce qui tourne en toi et que tu as déposé en moi.
Je t'aime.
C'est si bon d'être tienne. Femme tienne. Appartenir. Evidences. Désirs.
A nous.

MMD

samedi 21 janvier 2017

Ma lettre infinie...ma gourmandise amoureuse

Toujours ce lien fragile et fort en même temps... Ta voix comme temps, comme musique. Ta voix pour dire, pour donner aux heures une douceur, pour broder le manque de toi.
Ta voix qui m'émeut, qui me rend électrique, qui me touche profondément. Sensation neuve pour moi que cette voix qui met des frissons en moi. Est-ce ça aimer un homme, désirer un homme? Être sensible, hypersensible à tout en lui, sa voix, sa respiration, ses gestes? Le percevoir de façon aiguë, intense? Pas de puzzle. Juste un tout qui parle à mon tout à moi.
N'être que ce petit sourire fugitif que je vois se dessiner sur tes lèvres, cet étonnement que je lis parfois dans tes yeux.
N'entendre que ce léger souffle que tu as dans le plaisir, cette respiration qui se fait pointillés.
C'est ça désirer, aimer un homme? Comme une attraction terrestre qui ne concernerait que les corps? Un long glissement vers toi, sans fin? une présence permanente qui m'accompagne, non pas dans la peine, mais dans un bonheur lisse?
Je t'aime. Je ne sais rien dire d'autre. Je ne veux rien dire d'autre. Pas le temps d'autre chose. Juste te vivre, nous vivre, comme l'on peut, comme l'on peut. Prendre ce qui est. Et découvrir que j'en suis heureuse, en plénitude.
Ré écouter ta voix, celle qui tend mon corps jusqu'à l'insupportable, m'émerveiller de ceci, de cette alchimie. Les scientifiques disent que l'attraction entre un homme et une femme n'est que question de phéromones, de chimie dans le cerveau. J'ai cru à ceci tout en me moquant un peu. Et me voilà maintenant dans l'alchimie. Mon corps n'est donc plus que ce cerveau qui fait l'amour au tien.
Je t'aime. Je te désire. J'écris mon livre, ma vie, celle que je n'ai fait qu'imaginer pendant toutes ces années où j'étais morte, dissociée de moi.
Je redécouvre les joies naïves, les douceurs adolescentes : je porte le foulard que tu m'as offert. Il accompagne même mes nuits, posé contre mon visage sur l'oreiller. Il permet l'endormissement. Il te remplace pendant ces jours d'absences.
Qu'as tu de moi? Je ne t'ai rien offert de moi.
A part mes mots, cette lettre infinie pour te raconter toi.
Bientôt je serai là, sous ta peau, sous tes mains, sous ton regard, dans tes murmures, sous ton corps.
Je t'aime. Tu es l'homme de ma vie. Je ne sais pas combien durera cette vie dans laquelle tu es mon homme. Mais tu es l'homme de ma vie. De ma peau, de mes désirs, de mes envies, de mes amours.
Je viens. Une pénombre nous attend. Nos corps nous attendent. Ils se sont endormis là bas, dans cette chambre.
Tant d'amour à faire...
Tu me racontes le manque de moi. C'est la plus belle chose qu'un homme m'ait dite. Le manque de moi. Et je t'écris le manque de toi mais aussi que je suis bien avec toi. Que je suis bien entre tes bras. Que je suis bien dans ta tête. Que cela me suffit. Que je vis enfin homme mien, homme de ma vie, mon bel amour aux yeux tristes.
Carpe Diem mon charnel, mon désirable, mon envie, ma gourmandise amoureuse.
Je t'aime.

MMD



jeudi 19 janvier 2017

Alphabet des petits riens...













je te vent, je te ciel, je te nuage,
je t'étoile, je te feuilles,
je te thé, je te sucré
je te amer, je te musique

Alphabet des petits riens

Je te mer, je te houle,
je te sable, je te salé,
je te bouche, je te mains,
je te chuchoté, je te peau

Je te elle, je te lui,
je te atome, je te tourne,
je te odeur, je te soleil,
je te bonbon, je te sourire

Je te lointains, je te mouillé,
je te vague, je te caressé
je te arbres, je te amour

Et à la fin de mon alphabet des petits riens,
mon alphabet naïf,
recommencer.....


Mariem mint DERWICH

(Artiste Liao Zhenwu)


Ma lettre infinie...fragilités.

Tu es mon homme fragilités. Si fragile derrière ton masque. Si perdu à toi-même que tu te regardes de loin, de tellement loin. Ton chemin de croix c'est toi.
Je t'ai aimé ainsi quand tu avais les larmes aux yeux, quand je ressentais ces complexités en toi, quand tu jouais à l'homme fort, roc, stable, lisse. Et moi qui entendais ce qui tournait en toi, qui ressentais de manière intense ces ondes de tristesse que tu dégageais, qui te regardais dans ce que tu tentais d'offrir aux autres ( ces autres qui ne voyaient rien....comment ont-ils pu ne pas voir???), qui recevais de plein fouet toute cette tristesse,tout ce malaise, cet homme paumé, mille feuille de perceptions et de désespoirs, mal-être.
Je t'ai aimé là, en ce lien qui se faisait entre nos deux solitudes en nous. En tes épaules un peu courbées, en cette tristesse dans le regard, en cette colère que je sentais parfois dans ta voix, en ces silences quand tu es venu me voir, seul, désespérément seul, explosé, plein de cicatrices. en manque et, aussi, ému par le fait que moi, femme rien, femme rien, j'avais entendu ce qui était noué en toi.
Cette après midi là j'aurais aimé te prendre dans les bras ( je l'ai fait, mais plus tard, te souviens-tu?), juste te prendre dans les bras, te dire "chut", te poser contre moi et te laisser t'apaiser. J'ai été étonnée, bouleversée, par cette envie là. Tu m'étais homme enfant à cet instant là, homme si fragile, si fragile.
Je crois que mon corps a pris le chemin de toi à ce moment. Que je me suis mise en route vers toi.
Tout le reste n'a été que logique de ce chemin entamé dans la brume triste de tes yeux.
Je revois précisément, dans tous ses détails, ce corps que tu as posé en mes mains, cette après midi là, là bas, ta façon de marcher un peu lente, cette manière d'habiter l'espace. Ce dernier, mon espace, qui se rétrécissait, qui se résumait d'un coup à toi cet homme qui venait vers moi sans trop savoir pourquoi mais parce que j'avais entendu. Je t'avais entendu quand les autres ne te voyaient pas.
Et cette soirée là où nous étions assis l'un prés de l'autre, dans la pénombre, à nous offrir doucement, à nous reconnaître, mélange de désir sexuel et de cette petite chose qui fait que le monde s'efface pour juste n'être que cette femme et cet homme qui vont ouvrir une porte. Ma main qui cherchait ta main et qui n'osait pas. Toute cette conversation devenue ma lettre infinie a débuté là. Depuis elle ne veut pas finir. Elle se déroule. Elle est née en ce nous dans cette pénombre, dans la douceur d'une nuit, dans cette danse de l'autre, dans nos bouches qui se sont trouvées et la prison qui s'efface.
Plus tard il y aura l'amour, les corps, les plaisirs, les mots du sexe, tes doigts sur mon épaule, ton corps comme une offrande, moi en apaisements. Plus tard.
Mais la magie a été dans ce jour là.
Tu ne te vois pas, alors regarde moi, mets tes yeux en mes yeux et regarde toi. Je suis ton miroir.
Regarde moi/toi.
Et ré attrape par la main l'homme que tu es, l'homme que je vois, l'homme qui t'habite encore, au plus profond de toi.
Mes yeux devenus tes yeux te disent que tu es ma merveille, que tu es beau, que tu es quelqu'un de bien, que tu n'es pas parfait, loin de là, mais que tu as ce truc qui fait un être humain, que tu as encore cette capacité à l'abandon, au rêve, au désir, à l'amour, à l'autre. Peu l'ont. Mes yeux devenus tes yeux te racontent que tu es désirable, que tu as le coeur bon, que tu es un homme à aimer, pas à massacrer, à aimer.
Dans ton regard devenu mon regard émerveille toi de toi, aime toi, ramène toi à la surface.
Tu me dis que je ne suis pas objective parce que je t'aime. Au contraire, c'est parce que je t'aime que je suis objective. Ainsi je perçois en toi ce que je n'aurais fait qu'effleurer, tes doutes, ta capacité aux silences, tes petites fuites, tes questions qui tournent dans ta tête, ce petit égoïsme parfois ( que j'ai aussi, sois en persuadé), ta remise en question permanente...
Alors mes yeux devenus tes yeux continueront à te dire que tu es mon homme et que mon homme est un homme lumineux.
Je t'aime ma lettre infinie.
Ne lâche pas mes yeux et regarde toi revenir. Aime toi, aime moi, aime nous. Aime Nous. Et nos corps pour poésies....
Carpe Diem.

Mariem mint DERWICH



mercredi 18 janvier 2017

Ma lettre infinie...Je t'aime ainsi.

Je te ré invente à l'infini. Je sais l'homme qui m'offre son regard, cet homme qui m'attend, qui vit l'absence comme je la vis, une insupportable lenteur, un manque cruel. Cet homme qui mène ses vies, chacune glissant contre l'autre, allers retours permanents entre raison et amour, entre pragmatisme et abandons, entre questions et peu de réponses.
Je t'entends. Comment ne pourrais je ne pas t'entendre toi que je perçois, que je ressens, que je vis?
Je ne cherche pas à expliquer. Je ne veux que le vivre. Et je veux que tu vives. Que tu vives encore et encore en moi parce que nous avons tant de choses à partager encore, à découvrir. Que dans le monde de nous tu es. Simplement.Tu es. Tu m'es.
J'arrive maintenant à te nommer, à dire ton prénom. A rendre ce prénom là charnel, vivant, chaud. Il m'a fallu du temps pour te nommer,  homme que je porte. Comme si murmurer ton nom me rendrait vulnérable. Je n'ai plus le temps des vulnérabilités. J'ai été trop longtemps vulnérable, obstinément accrochée à ma survie. ne rien laisser, ne rien offrir, ne rien déposer. Faire le dos rond, me replier en moi, serrer les dents. Ne rien permettre. Rien. J'étais presque fière de cette carapace.
Mon corps en absences. Mes désirs muselés. Statue de pierre.
Juste l'écriture comme parole de moi. La seule liberté que je me permettais.
Et toi qui a posé ta bouche sur la mienne, là bas. Après ce pas de deux lent, doux, plein de frissons qui nous a amené doucement l'un vers l'autre, l'un dans l'autre. Comme une marée paresseuse.
Ce moment premier qui a inscrit ce qui a suivi, un homme et une femme en désirs, en abandon, en découvertes de l'autre, en corps qui se rendaient à eux-mêmes.
Ta main sur ma peau et une évidence soudaine dans les sensations qu'elle faisait naître en moi, sur moi.
Tu as fait revenir la femme. En m'offrant tes murmures, tes mots de toi, ton corps, tu as rendu la magie.
Je t'aime ainsi. Je ne sais pas t'aimer autrement. Je ne veux pas t'aimer autrement. Je veux continuer à être chavirée par tes yeux, par ta bouche, par ta peau. Je veux le désir. Je veux le manque. Je te veux en moi. Je veux les retours vers nous.
Je te veux ainsi. Je t'aime ainsi, homme merveilles, homme fragilités, homme doutes, homme qui s'offre.
Je t'aime en amour, je t'aime en désirs, je t'aime en jouissances, je t'aime en regards.
Je t'aime ainsi.

MMD

Chanson de gestes....













De ta peau à mes mains
de tes flancs à ma bouche
de tes yeux à mon ventre
de ta langue à mes bras
de ton souffle à mes reins

D'un désir inventer un lit

De mes jambes à tes doigts
de mes hanches à ta langue
de mes cheveux à ton regard
de mes seins à tes murmures
de mes frissons à tes silences

D'un désir dessiner un corps

De toi à moi
balade érotique
mots
t'inspirer
te déposer à mes poignets
à ma taille te porter en collier perles
De toi à moi
à ta paume
mes envies, femelle

A ton regard qui se fait présence

Ma chanson de gestes
brûlures
la mer en mon ventre

Fermer mes paupières sur un désir
ouvrir mes yeux en toi

D'un désir, s'ouvrir...

Mariem mint DERWICH

(Artiste Liao Zhenwu)

lundi 16 janvier 2017

Ma lettre infinie...Carpe Diem

Carpe Diem. Parce qu'il faut rire de tout. Parce que rien n'est jamais vraiment hormis ce souffle qui est en nous, celui qui rend l'impossible possible, celui qui met des couleurs à nos vies, qui nous dit " avance, prends, goûte, avance, avance, avance".
Carpe Diem. Être en présence, dans cet instant que nous regardons, qui est nous, en jouir. Seule la jouissance du monde permet de respirer. Le reste n'est que mental, projections, ce fatras des pensées qui nous cloue au sol, oiseau à qui on a coupé les ailes et qui regarde le ciel, impuissant.
Carpe Diem. Et dans cette mise en présence, accepter le lien, ténu, fragile qui nous relie. Lien à l'autre, lien au monde, lien à la nature, lien à l'écriture, à la lumière, à la musique.
S'accepter hors de soi pour redevenir soi.
En te percutant je n'ai pas construit une nouvelle prison. J'ai vécu enfermée pendant tant d'années, prisonnière volontaire, recluse, emmurée vivante n'ayant pour seul horizon que mes intimes les plus profonds que je n'échange pas une prison pour une autre. Avancer un pied après l'autre. Fermer le poing, tenir bon. De ce poing faire une volonté, une ténacité, une aptitude à la survie, à encaisser, à ne pas se perdre, à effacer les bleus, à construire pierre après pierre.
Puis j'ai ouvert le poing quand ta main s'est posée dessus. Douloureux cheminement que ce poing si serré qui s'offrait enfin, qui se redécouvrait main offerte, main caressée, main désirée.
Il faut aimer et il faut désirer. Carpe Diem.
Tu dis "fragilités", je te réponds " Forces". Tu dis " fragilités", je dis " volonté".
Tu dis " Je t'aime", je  dis " Je t'aime", femme libre, femme qui s'envole.
Me ré inventer dans le désir de toi. Dire encore et encore que le sexe n'est pas que mécanique, que l'amour n'est pas que concept. Que l'on peut aimer en étant libre. C'est la liberté qui permet l'amour, pas les chaînes. Pas la douleur, pas la souffrance. Se recréer dans l'absence.
Juste aimer et désirer.
Carpe Diem.
Accepter l'insupportable, cette séparation physique. En faire des couleurs, des odeurs, des images qui permettent l'endormissement.
Carpe Diem.
Au long de ce temps de nous sans nous, garder ma tête contre ta poitrine et écouter ces murmures de toi qui te dessinent, ceux que tu m'as offert, ceux qui ont fait que je suis là, entre tes mains, sur ta peau, que j'y suis bien. C'est bien ta parole murmurée, cet abandon de toi en moi, qui m'ont rendue tienne. Je suis à toi, je suis au monde, je suis à moi.
Et ma lettre si infinie qu'elle devient toutes les lettres des temps, des mondes... Ces mots que je t'écris en écoutant une musique qui me raconte les tempêtes, la mer qui bat la terre, les rochers, cette puissante respiration d'un bout de terre, dans une langue qui m'est étrangère et familière, si belle, si belle.
Carpe Diem. Apprendre à gérer cette distance, continuer ma vie quotidienne même si celle ci n'est que silences, solitudes, prison. Mais cette prison me permet de te porter en moi. Si j'étais heureuse dans cette vie d'ici, cette vie si vilaine, si grise, te porterais je en moi?
J'ai deux vies : celle-ci, l'insupportable. L'autre, celle où tu es. Duelle. Duelle et, pourtant, comme réunifiée. Sentiment d'ambivalences qui se croisent.
Vivre ici en sachant que je suis dans ta mémoire. Que je suis dans ce que tu voudrais, dans ce que nous vivrons à mon retour vers toi.
Mes mots pour te dire que tu as su regarder par delà les apparences, par delà moi. Que tu m'as vue. tu es le premier à le faire. Seule ma mère avait eu ce regard sur moi.
Tu es parti chercher la femme qui s'était cachée tout au fond d'elle, terrifiée par elle-même.
Tu lis ma lettre infinie. Tu donnes sens à mes mots. Tu m'es devenu ce mot premier, ce mot ultime. Tu fais partie maintenant de mes mots, de ce que j'écris.  Tu as libéré mon écriture, non pas en tant que mécanique de l'écriture mais entant que gestuelle de ce que nous portons, de ce monde d'au-delà le monde, de ce qui ne respire qu'en mots, ce qui rend à la vie sa puissance et les rêves. Tu as permis le sens. Je t'écris et je sens ta main sur ma main. Je sens, sensation physique frissons, ta présence.
oui tu as libéré mon écriture comme tu as libéré mon corps de ses peurs. Oh, elles existent encore. Mais tu les gommes. Tu lis ma lettre et je me sens presque belle. Belle et aimée. Aimée et désirée. Musicale. Par tes mains, ton corps, ton regard, ton respect, ton odeur, tu m'ouvres un pays : moi, toi.
Homme mien, mon homme lumineux, Carpe Diem.
Savoure cet instant de toi que je t'offre. Sois l'homme que tu es vraiment, cet homme mien qui s'est posé sur ma bouche et en moi, cet homme auprès duquel j'ai allongé mon corps après l'amour et qui m'était tout dans ses silences de paix. Sois l'homme à qui je manque, qui me le dis. Sois l'homme qui me murmure "mon ange", qui me l'écrit. Sois homme mien, ici et là bas qui me dit " tu es à moi".
Carpe Diem mon amour...
Et de l'instant présent faire un lit.
je t'aime

MMD

(Artiste Liao Zhenwu)



Tu manques à ma peau, dit-elle de son lointain.. Tu manques à ma peau. Et à mon ventre, et à ma bouche et à mon corps tout entier....

samedi 14 janvier 2017

Comment parler d'un homme? De cet homme là? De lui, lui pour qui cette lettre infinie est... Empoigner les mots, en faire des sentiments, des fulgurances...
J'envie la simplicité de celles qui n'aiment qu'en distances, en indifférences, en dualités. Je ne l'ai pas cette simplicité. Je n'ai même pas le langage. Je n'ai que cette écriture. Je ne sais pas parler. Je ne sais que lui écrire.
Pauvreté de ces mots...  A force de tant de pauvretés, à force de tant de cette lettre infinie peut-être vais je le lasser, cet homme qui est mien, cet homme à qui j'appartiens...
Pourtant j'ai tous ces mots de lui en moi, ces mots qui sont lui, qui comblent les manques, qui lui disent qu'il est une femme, banale à l'extrême, ni belle, ni même jolie, qui lui écrit de là bas; qu'il habite cette femme; qu'elle s'est mise en ses mains...Qu'elle ne sait pas aimer dans la tiédeur. Que cette femme ne sait donner, lui offrir, que ce qu'elle possède, ses mots, son amour naïf, ses envies...
Qu'elle a posé le regard sur cet homme fragile, cet homme oublié, cet homme qui manquait d'amour, à qui manquait le désir d'une femme pour lui, ce regard particulier qu'une femme amoureuse pose sur un homme. Qu'elle a posé le regard sur cet homme complexe et qu'elle a basculé.
Alors comment parler de cet homme là? Comment lui écrire qu'il est magnifique, qu'il est une très belle personne, qu'il est désirable, qu'il est intelligent, qu'il est cultivé, qu'il est sensuel, qu'il est sexy, qu'il est bon, qu'il est sexuel...Comment lui dire que cette femme qui lui écrit cette lettre infinie a beaucoup beaucoup de chance de l'avoir, d'être à lui?
Qu'elle est heureuse. Qu'elle est bien. Qu'elle entend ce qui tourne en lui, en bien et en moins bien. Qu'elle le sent, le ressent...
Qu'elle le désire, qu'il a ce pouvoir de la rendre en plénitude... Qu'elle s'émerveille, même loin de lui, comme elle s'émerveillait de le regarder, de l'écouter, de le toucher, là bas, quand tout était simple et compliqué, quand un regard affamé et une musique de nous faisaient taire le monde alentour.... et nous rendaient à l'essentiel : je t'aime, tu me manques, je te veux, je suis bien... Rien d'autre. Rien d'autre. Ce "je te veux", pas que sexuel, qui ralentit le temps, qui offre l'autre comme un cadeau précieux, un moment parfait, parfait...
Qu'il restera en elle jusqu'à son dernier souffle cette magie quand un homme et une femme ont dansé l'autre, leur désir de l'autre, dans les gestes qui n'osent pas, dans des mains qui se frôlent, dans des murmures échangés, les frissons qui montent, ce quelque chose de chaud qui se tisse...
Alors je vais , malgré la pauvreté de cette langue que j'ai, continuer à lui dire que je suis sienne, qu'il est mien, mon homme, qu'il est beau, qu'il est mon étoile, mon sensible, mon magnifique, mes silences, qu'il me rend heureuse, qu'il me donne des plaisirs infinis, qu'il m'est évidence.
Et lui dire merci d'être, merci d'être mon homme lumière...
je t'aime.

MMD


Entre îles....













Jouer le monde, cloche pied, marelle
d'île en île aller
toujours plus loin, toujours plus loin

Fermer une porte, ouvrir une porte,
les horizons appellent,
des voyages en bandoulière,
reprendre la route

D'ici en ici, un ailleurs ouvre les yeux
l'appel des grands larges
des vents
des espaces à arpenter

Jouer le monde, cloche  pied, marelle

L'immobile et le mouvement
coeur et frontière
le réel et l'irréel
être, ne pas être
fumée, silhouette fantôme

J'enjambe mes îles mes continents mes lunes et mes soleils
je vole
J'inscris aux murs mes mots charbon de bois
Cours, cours, cours
Un pays des merveilles n'est qu'une terre après une île
là où les oiseaux rasent les vagues
arpenteurs de ciel
déposer mes yeux en leurs ailes

Jouer le monde, cloche pied, marelle

Et dans une aube première
l'entre île, eaux, vagues, houles,

C'est là que tu es
terre
embruns
ressacs
silences
brumes
un parfum au bout de mes doigts
la mémoire qui tremble
souffle léger au bord d'une lèvre
espaces, espaces
poser ma bouche à une source
ouvrir les yeux

Toi

Mariem mint DERWICH

(Artiste Ademaro Bardelli)